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Crise au Venezuela

Venezuela : Vers le défaut de paiement ?

La situation économique du Venezuela, en proie à une crise politique et sociale depuis plusieurs mois, est de plus en plus catastrophique au point que le pays chaviste a été déclaré en « défaut partiel » sur sa dette par l'agence Standard and Poor’s. Une situation que le gouvernement Maduro n'acceptera « Jamais ! », selon les mots du président.

150 milliards de dollars de dette pour un pays ne disposant plus que de 9,7 milliards en fond propre, voilà la situation dans laquelle trouve le Venezuela actuellement avec le lot d’instabilité politique et sociale que cela provoque comme on a pu le constater l’été dernier dans l’état de quasi-guerre civile où le pays était plongé -. Avec 1,47 milliards à rembourser d’ici la fin de l’année et 8 milliards en 2018, le Venezuela présentait le défaut de paiement depuis des mois sans parvenir à se sortir de la situation. La réunion tenue ce lundi avec les créanciers du pays n’a pas été concluante et la renégociation de la dette semble bien mal engagée.

Le gouvernement assure pourtant que la réunion qui n’a duré que 25 minutes et qui n’a abouti qu’à annoncer une prochaine rencontre sans fixer de date est un « succès retentissant ». Du côté des créanciers, la situation semble désespérée d’autant plus que lundi au soir, le gouvernement était dans l’incapacité de confirmer le règlement de près de 281 millions de dollars arrivés à échéance.

Du côté de ses investissement pétroliers, qui constituaient l’essentiel des ressources économiques du pays lorsque le baril n’était pas au plus bas, la crise s’étend également. La compagnie pétrolière publique PDVSA n’a pas réussi à rembourser les 1,16 milliards de dollars qu’elle devait à ses créanciers américains. Une situation qui la met en passe de voir saisir ses actifs à l’étranger, notamment la filiale Citgo qui fait du raffinage et gère des stations-service aux États-Unis.

C’est dans ce contexte de crise économique très grave et prolongée que le pays chaviste s’est vu dégrader sa note auprès des agences internationales la semaine dernière avant d’être déclaré en « défaut partiel » sur sa dette par l’agence Standard and Poor’s, c’est-à-dire presque en défaut de paiement. L’agence estime que le gouvernement actuel est dans l’incapacité de sortir le pays de la crise et suit l’avis des investisseurs qui pensent que la résolution de la crise passe par un changement à la tête du pouvoir.

Dans la continuité de sa stratégie populiste, Maduro a dénoncé la « persécution financière » dont le Venezuela fait l’objet de la part des États-Unis tout en réaffirmant la nécessité de « renégocier et de refinancer toute la dette » auprès des créanciers. Dans un appel presque désespéré, il a déclaré : « Ils ont spéculé sur le fait que le Venezuela se déclarerait en défaut. Jamais ! ». Cependant, cette décision ne revient pas qu’au gouvernement. Elle peut aussi être le fait des agences de notations ou encore de l’Association internationale des produits dérivés (ISDA), qui s’inquiète d’ailleurs de l’incapacité du pays à honorer ses dettes.

Malgré les négociations que Maduro a engagé avec la Chine et la Russie autour de 28 milliards de dollars de dette qu le pays a auprès de ces États alliés, la mise en défaut de paiement du Venezuela ne semble être plus qu’une question de temps tant la crise au niveau international semble être sans issue à l’image de l’instabilité sociale qui agite le pays.Crédits photo : REUTERS/Carlos Garcia Rawlins




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