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Politique

Des trahisons à la capitulation totale !

Véronique Descacq, numéro 2 de la CFDT, rejoint la Caisse des dépôts pour privatiser à tout va !

Véronique Descacq, numéro deux de la CFDT, va intégrer dans les prochaines semaines la caisse des dépôts et consignations (CDC), véritable bras financier de l'Etat. Un comble pourrait-on dire pour une « syndicaliste ». Cependant au vu de la politique menée par cette dernière et la direction de la CFDT, marquée par de nombreuses trahisons à l'égard du mouvement social, cette nouvelle n'a rien d'étonnant.

Des trahisons...

Veronique Descacq, secrétaire générale adjointe de la CFDT depuis novembre 2012 dans l’équipe de Laurent Berger, va rendre son mandat lors du prochain congrès de la CFDT pour rejoindre... la caisse des dépôts et consignation, bras financier de l’Etat ! Un comble pour une « syndicaliste » alors que l’Etat, au service des intérêts du patronat, ne cesse de mener, quinquennat en quinquennat, des politiques antisociales visant à détruire les acquis sociaux du monde du travail et intensifier l’exploitation.

Heureusement, à la Caisse des dépôts et consignation, du boulot il y en aura ! Et pas n’importe lequel. Comme l’explique L’Humanité, début janvier 2018, les missions de la CDC, pas des plus humanitaires, ont été « revues » sous l’ère Macron. Dans une lettre, Bruno Le Maire s’était engagé à mettre en œuvre un vaste processus de privatisation des actifs publics. Un programme de cession des actifs publics est déjà sur les rails…

Cette trajectoire professionnelle questionne en effet. Cependant, la numéro 2 du syndicat réformiste n’en est pas à sa première trahison ! En effet, ces dernières années, cette dernière a été la négociatrice de la CFDT sur le dossier de l’assurance chômage, lors duquel la CFDT avait joué le jeu du dialogue social, renforçant dès lors le gouvernement, et a participé aux concertations de la Loi Travail 1 et 2. Autant de dossiers sur lesquels la CFDT a trahi.

Souvenons-nous que, lors de la Loi Travail XXL, alors que Macron avait ressorti la stratégie, payante, de la « concertation », la CFDT qui, quelques mois auparavant, avait déclaré au travers du secrétaire général Laurent Berger, que les mobilisations étaient devenues « ringardes », renonçant dès lors à l’outil de la grève qui permet d’instaurer un réel rapport de force avec le gouvernement et le patronat, et assumant sa ligne réformiste, pro négociation et in fine de collaboration de classe, avait joué pleinement le jeu du gouvernement. Celle-ci n’avait même pas appelé à descendre dans la rue, ce qui avait par ailleurs provoqué une gronde interne au sein de leur base.

Au sein de la bataille du rail, après avoir vanté les mérites des pseudos négociations avec un gouvernement plus que déterminé à en découdre avec les cheminots et qui, jusqu’à ce jour, n’a toujours pas reculé sur la revendication du retrait de la réforme, Véronique Descacq a clairement annoncé les conditions pour le retrait de la CFDT du conflit. Les deux conditions ? La reprise de la dette ainsi que la négociation au sein de la convention collective. Les attaques qui ont poussé les cheminots à se mettre en grève, à savoir la casse du statut, l’ouverture à la concurrence et le passage en société anonyme ont complètement été acceptées par cette dernière et la direction de la CFDT !

Au-delà de l’abandon du statut des cheminots, c’est une réelle légitimation de l’ouverture à la concurrence, et donc par conséquent de la privatisation du service public du rail, que cette dernière a dès lors opéré : « Il faut que l’État s’engage très clairement sur la reprise de la dette de la SNCF, un montant, un calendrier, sinon la SNCF continuera d’être dans la difficulté d’investir. Autre sujet, la convention collective. Dans la mesure où la SNCF va s’ouvrir à la concurrence, il va y avoir de la mobilité des salariés dans le rail. Donc il faut une convention collective qui protège tous les salariés du rail, SNCF ou pas. Là, ce sont les employeurs qu’il faut mettre en demeure de négocier ».

… à la capitulation totale !

Après ces années à la CFDT marquées par des trahisons et des politiques et stratégies délétères pour les travailleurs, c’est donc à la... caisse des dépôts et de consignation que la numéro deux de la CFDT se retrouve !
La caisse des dépôts et de consignation est une puissante institution financière publique, censée exercée des activités d’intérêt général pour le compte de l’Etat. Autrement dit, elle investit l’argent de l’Etat, achète des actions et représente un des bras financiers de l’Etat et de l’impérialisme français.

Une institution qui n’est par ailleurs pas exempte de magouilles et de scandales financiers. En juillet dernier, celle-ci s’est retrouvée complice d’une affaire de détournement de fonds. Les petits arrangements au sein de la commission de surveillance de la CDC avait en effet permis à un conseiller d’Etat d’empocher 23 378,66 euros en plus de son salaire. Le président de la Cour des comptes aurait lui touché 33 170,39 euros, tandis que le président honoraire de chambre a perçu 28 806,24 euros.

La trajectoire professionnelle de Véronique Descacq nous montre une énième fois, après le cas de syndicalistes de FO mais aussi de la CFDT, que ceux qui négocient avec le gouvernement, sont les mêmes qui finissent dans ses instances ou ses relais. Ou que ceux qui disent représenter les travailleurs se retrouvent aspirés par des postes à hautes responsabilités au service du gouvernement et finissent aux côtés de ceux qui organisent l’exploitation et la précarisation des travailleurs..

Dès lors, on peut se demander comment l’on pourrait donner droit à ces personnes là de nous représenter. La solution qui s’offre aux militants de la CFDT est donc celle de la remise en cause de la politique menée par Laurent Berger et ses collaborateurs - qui n’hésitent pas à trahir le mouvement social et collaborer avec le gouvernement pour des contreparties d’ordre financiers ou dans le but de briguer des postes privilégiés dans les ministères ou les think thank, à l’instar ici de Véronique Descacq - et proposer une politique alternative, dans le sens de la défense du Code du travail et du retrait des ordonnances, et du retrait de la réforme ferroviaire.

Concernant la bataille du rail, cette énième capitulation annoncée démontre à nouveau la nécessité pour l’ensemble des cheminots de prendre en main la grève et ses modalités. Face au jeu du dialogue social qui renforce le gouvernement et n’aboutit, au mieux, qu’à la négociation de la régression sociale, et à l’heure ou l’UNSA et la CFDT se dirigent vers une sortie de grève, Laurent Berger ayant récemment affirmé que son syndicat « veut sortir au plus vite du conflit »,l’interpellation des directions syndicales et de leurs politiques qui mènent à la défaite est une tâche centrale pour les cheminots aujourd’hui en grève.

Crédit Photos : BERTRAND GUAY / AFP




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