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Préavis de grèves déposés par la RATP et la SNCF

Vers une mobilisation commune du secteur des transports ?

Publié le 23 février 2016

Bill Zabriskie

Après la SNCF, c’est au tour de la RATP de déposer un préavis de grève pour le 9 mars prochain. Si la base des revendications et des deux appels est différente, des éléments indiquent qu’ils pourraient converger en une journée de mobilisation unitaire dans le secteur des transports, et sur des revendications politiques communes.

C’est en vue des négociations salariales annuelles prévues le 9 mars que le préavis de grève a été déposé par la CGT-RATP. Par la voix de son secrétaire général Jacques Eliez, le syndicat dénonce une « année blanche en 2015, alors qu’on se dirige vers un gel [des salaires] en 2016 », alors que le résultat net de la RATP est de 311 millions d’euros. En plus de revendications salariales, la suppression de 700 postes par an est également dénoncée, alors même que le trafic a augmenté de 28%, provoquant une dégradation de la qualité du service pour les usagers.

Les travailleur-se-s de la SNCF avaient déjà déposé un préavis de grève, par l’intermédiaire des syndicats CGT, Sud Rail et CFDT, également pour le 9 mars. De prime abord, les revendications semblent différentes : remise en cause de la réforme du ferroviaire, qui prévoit une ouverture à la concurrence de la SNCF, imposée par la réglementation européenne dans la droite ligne de la privatisation de ce service qui fut autrefois public, et qui risque fort de couler définitivement la SNCF qui ne pourra faire face à des entreprises low-cost, avec les conséquences que l’on connait sur les conditions de travail dans ce type d’entreprise.

Si l’on en croit les médias classiques, ces deux grèves n’ont aucun rapport : cela est souligné quasi systématiquement dans leurs articles. Leur lien parait pourtant évident : les revendications concernent les conditions de travail des salariés de chacune de ces entreprises.

Le projet de loi El Khomri sera présenté le 9 mars

Heureux hasard du calendrier, la loi El Khomri qui prévoit de s’attaquer une nouvelle fois au Code du travail sera présentée le même jour en Conseil des ministres. Dans un contexte politique qui se tend, sur fond d’état d’urgence, avec l’appel de la CGT à une intersyndicale pour combattre cette contre-réforme, cela pourrait bien entendu favoriser une convergence des mobilisations prévues afin de porter des revendications communes, sur des bases tant économiques que politiques. Les syndicats doivent discuter de cette possibilité ce mardi 23 février, mais il parait clair qu’une mobilisation du secteur des transports contre les attaques faites envers le Code du travail et de manière plus large envers nos acquis sociaux de la part d’un gouvernement prétendument socialiste est une possibilité.

Pour rappel, c’est la grève de la RATP en 2010 qui avait participé au lancement de la vague de contestations contre la réforme des retraites…