Société

Quand le capital dévore notre planète

Viande : un scandale environnemental

Publié le 13 septembre 2016

Cindy D.

Chaque jour, la propagande agroalimentaire, ne cesse de nous envahir. Celle-ci nous incite à consommer toujours plus de produits d’origine animale, sans forcément nous donner la possibilité de penser ce qui est bon pour notre propre alimentation. Celle-ci nous répète invariablement que viande, poissons et produits laitiers sont indispensables pour être en bonne santé ; que pour préserver la planète, il faut privilégier les transports en commun aux voitures, les courtes douches aux bains, tout en effectuant consciencieusement le tri sélectif. Mais nous entendons rarement le fait que réduire sa consommation de viande peut être aussi efficace que de diviser par deux le parc automobile mondial, ou qu’un végétalien émet 2,5 fois moins de gaz à effet de serre par son alimentation qu’un omnivore occidental.

L’industrie de la viande et du poisson, une industrie polluante

L’augmentation de la consommation de viande et de poisson à l’échelle mondiale n’est pas sans impact sur le plan écologique. Suivant la traditionnelle démonstration des grandes compagnies agroalimentaires, le rythme de croissance de la population mondiale doit s’accompagner d’un développement d’élevages industriels, dans le seul but de satisfaire précisément les « besoins » de la population occidentale en grande partie. Or, pour répondre à ces besoins, l’élevage industriel monopolise aujourd’hui 29% de la surface terrestre. C’est ainsi que, faute d’espace, l’industrie de la viande grignote régulièrement des hectares de forêts tropicales humides et de forêts primaires. Au total, l’élevage industriel devient donc responsable de près de 80 % de la déforestation en Amazonie.

De plus, cette agriculture utilise pas moins de 70% des ressources en eau douce. Sachant qu’il faut jusqu’à 15 000 litres d’eau pour obtenir 1 kilo de bœuf nourri aux céréales (À titre de comparaison, 1 kg de bœuf équivaut à un mois de douche en terme de quantité d’eau utilisée), la production d’un kilo de blé nécessite quant à elle seulement 1 000 à 2 000 litres d’eau. Ce qui revient à dire qu’une alimentation carnée nécessite en moyenne plus de 15 000 litres d’eau par jour alors qu’une alimentation végétarienne n’en demande que 5000. En terme d’économie d’eau, l’écart est plus que significatif.

En outre, les élevages, du fait de la quantité d’excréments et d’urines rejetés par le bétail, polluent également les rivières et les nappes phréatiques. Ajoutons à cela qu’en France, 90% des nappes phréatiques sont aussi durablement polluées par des pesticides (cultures), nitrates (lisier), antibiotiques, stéroïdes et hormones de croissance.

Le cinquième rapport du GIEC estime que la simple application des recommandations nutritionnelles de l’École de santé publique de Harvard, qui conseillent de limiter la consommation moyenne de viande et poissons à moins de 100g par jour, permettrait de réduire de 36% les émissions de gaz à effet de serre d’origine agricole, et de 8% les émissions totales. Cette simple mesure serait aussi efficace que de diviser par deux l’ensemble du trafic routier mondial.

La cause : une société basé sur le profit.

En définitive, comme nous l’avons vu précédemment, l’élevage industriel, la surpêche etc, constituent un danger plus qu’inquiétant sur le court et le long terme, autant sur le plan éthique que sanitaire. La lutte entre groupes concurrents aboutit au gaspillage et à la pollution, car l’industrie alimentaire sous le capitalisme se désintéresse totalement de recenser et prévoir les besoins de la population mondiale. Son unique but est d’engendrer des profits et toujours plus rapidement, ici et maintenant, sans jamais penser aux conséquences actuelles ou futures.

C’est en attaquant ce mode de production et son idéologie profondément délétères que nous pourrons enfin changer nos méthodes de productions.

Pour cela il est fondamental que tous les travailleurs se saisissent des questions environnementales comme une des conditions qui va déterminer un autre mode de production : moins polluant, plus conforme aux besoins et surtout basé sur la planification. Produire peut être moins mais surtout mieux, afin de respecter les équilibres écologiques, subvenir aux besoins de la population mondiale mais également proposer aux travailleurs, et avant tous du secteur agricole et agroalimentaire à plus forte raison empoisonnés par ces mêmes rejets et produits chimiques, de meilleures conditions de travail.

L’industrie de la viande et les méthodes de culture, d’élevage et d’abattage actuelles n’étant qu’un des aspects des luttes contre le capitalisme qu’il faut mener. Car c’est par l’auto organisation et sur nos lieux de travail qu’il faut commencer pour renverser ce système : ainsi il faut amener les travailleurs des abattoirs par exemple à cesser la production par la grève afin de fragiliser les industriels et enclencher un vrai rapport de force. Ainsi, d’un même mouvement, réappropriation des moyens de production et mise sous contrôle ouvrier des usines permettront d’une part d’instaurer une véritable démocratie entre les travailleurs tout en ayant la capacité d’adapter la production aux besoins réels.

Et ce nouveau mode de production qu’il nous faudra rapidement instaurer se devra de favoriser d’autres techniques agricoles, comme la permaculture qui, plus productive, ne nécessite quasiment aucun produit chimique. En effet, les monocultures actuelles sont très polluantes et surtout rendent les sols stériles.

Le capitalisme vert étant un énième leurre imaginé par les bourgeoisies, il devient impératif d’organiser les travailleurs pour ne pas panser la crise climatique et les dégâts environnementaux avec seulement quelques lois en définitive peu contraignantes, voire jamais appliquées. Par exemple, au moment de la signature du protocole de Kyoto, les représentants de 38 pays se mirent d’accord sur une réduction de 5,2 % d’émission en 2012 par rapport à leurs émissions de 1990. Au final, ni les EU ni l’Australie n’ont tenu cet engagement.

Ce qui importe surtout c’est d’unir notre classe, celle des travailleurs, afin de combattre ces logiques ultra productivistes des grandes firmes internationales et des lobbies qui en découlent, ainsi que leur propagande persistante qui a su façonner notre propre façon de consommer et nous imposer une certaine forme de production polluante et ultra-violente vis-à-vis de tout un ensemble d’espèces animales.