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Notre classe

Ultra-précaires, ultra-déterminés

Victoire pour les travailleurs sans-papiers de BLS propreté surexploités par leur direction !

En deux journées de grève, les travailleurs du nettoyage de 8 salles de sport parisiennes et de Saint-Denis auront réussi, malgré leur statut très précaire d’employés en sous-traitance sans-papiers, à gagner contre leur direction !

Crédit photo : CGT Paris

Ils étaient 8 techniciens de surface des salles de sport « Keep Cool » et « L’Appart Fitness », employés par la société de sous-traitance « BSL Propreté » à se mettre en grève ce lundi 15 octobre. Une grève qui s’est accompagné d’une occupation de leur lieu de travail au Keep Cool de Châteaudun afin de visibiliser leur lutte, et de peser face aux directions.

Ce sont des revendications, centrales, que les travailleurs soutenus par la CGT portaient : la réévaluation de leurs contrats, le paiement des heures de trajet entre deux chantiers, le paiement de leurs congés payés et des jours fériés travaillés et les documents nécessaires à leur régularisation.

Leurs conditions de travail, 6 jours sur 7, étaient épouvantables. Il n’y a qu’à voir les échanges rapportés et vérifiés par Le Monde entre l’ancien chef d’équipe de Madigundo Kante, un des grèvistes, et le patron de BSL Propreté :

« J’ai trouvé quelqu’un (…) A quelle heure vous voulez qu’il commence ?

– A 14 heures, c’est bien (…) Il a les papiers d’un copain, non ?

– Ouais.

– D’accord, OK. Tu lui dis que moi, je le déclare. Par contre tu lui dis bien que ses congés payés, je ne les lui paye pas, d’accord. Et tu lui fais signer tout de suite une lettre de démission, sans date. (…) OK, bon ben nickel, super. »

Comme dans bien d’autres entreprises, et d’autant plus dans la sous-traitance, les patrons profitent des situations d’extrême précarité des travailleurs pour les exploiter d’autant plus, avec ici, la pression aux papiers. BSL Propreté avait pour coutûme d’engager des travailleurs sans papiers, sous des faux noms pour être en mesure de les forcer à travailler d’avantage, en étant payés une misère.

Face à la grève, la direction a cédé à toutes les revendications des grévistes. Une lutte d’autant plus exemplaire que les travailleurs étaient soumis à d’énormes pressions de la part de leur direction profitant de leur vulnérabilité. « Quand tu es sans papiers, tu n’es pas libre, c’est tout », déclarait au Monde Ladji Timera, l’une des grévistes.

Mais face à ce système, des grèves victorieuses, et le secteur ultra-précarisé du nettoyage, comme celles d’Onet, de l’Holliday Inn, de BSL Propreté, mais aussi comme celle de Hyatt qui est toujours en cours, montrent qu’il est possible de relever la tête et sont des exemples de dignité ouvrière et de solidarité !




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