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Notre classe

Solidarité face à la répression syndicale

Vidéo. 8e entretien préalable à licenciement pour Mouloud, délégué CGT à Geodis Gennevilliers

A Géodis Calberson, c’est le 8ème passage en entretien préalable à licenciement pour Mouloud, militant CGT délégué du personnel et mandaté au CHSCT. Un rassemblement de soutien réunissant plusieurs secteurs a eu lieu devant l'entreprise de transports routiers ce mardi 19 juin. Cheminots en grève, SUD Poste 92, CGT Air France, fédération CGT transports, délégués CGT Carrefour et Monoprix, étudiants, Enedis grdf CGT, ils sont tous venus dénoncer la répression syndicale contre des élus du personnel faisant leur boulot, c'est-à-dire dénonçant des conditions de travail mettant en danger la vie des employés à Geodis, filiale de la SNCF.

Ce qui frappe au premier coup d’œil, c’est la présence importante des postiers, SUD-PTT en grève du 92. Les liens se sont tissés de longue date. Dernièrement, les militants de la CGT Géodis étaient présents en nombre le 5 juin à Neuilly pour la convocation de Gaël Quirante au commissariat et aujourd’hui les postiers n’ont pas oublié et sont venus en force soutenir les collègues de Géodis. Pas de concurrence, pas d’arrière-pensée, les accolades et embrassades sont sincères et respectueuses, les retrouvailles joyeuses et chaleureuses. Postiers SUD et CGT Géodis, unis fraternellement dans la lutte. Une belle leçon d’unité syndicale interprofessionnelle construite dans une lutte menée cote-à-cote car reconnue de part et d’autre comme faisant partie d’un conflit unique, celui de l’humanité contre la comptabilité capitaliste. La convergence des luttes comme on aimerait la voir en permanence.

Aujourd’hui, c’est le 8ème passage en entretien préalable à licenciement pour Mouloud, militant CGT délégué du personnel et mandaté au CHSCT. Les mesures d’intimidation se multiplient et les provocations aussi : « elle est bonne ta femme » a déclaré un responsable à un délégué pour tenter de le faire sortir de ses gonds… Tout est bon pour que les militants perdent leur sang froid et donnent enfin de la matière pour étayer les multiples procédures dénoncées par l’inspection du travail.

Car Mouloud n’est pas le seul, un autre en est à son 4ème, un autre à son 5ème entretien, et un 3ème voit la fin de 4 mois de mise à pied conservatoire !!!! (Intervention de l’inspection du travail)

Pourquoi de telles mesures et de tels extrêmes de la part du groupe SNCF ?

Car c’est une « lutte CHSCT » principalement. C’est-à-dire une lutte pour que personne ne soit tué ou blessé gravement au travail. Que personne ne perde sa vie en la gagnant et que la spirale de multiplication des accidents du travail, débutée en début d’année, soit enfin stoppée !!!

Depuis longtemps la SNCF dégraisse et est passée de 300 000 cheminots au statut à moins de 148 000 aujourd’hui. Mais ces cheminots existent toujours ! Ils sont seulement externalisés et précarisés, mais on les retrouve dans des entreprises extérieures, notamment de sous-traitance, comme à l’équipement dans des entreprises italienne qui font du renouvellement de voies dans des conditions inacceptables à la SNCF, ou au commercial avec des entreprises comme City-One qui fait de l’accueil avec des étudiants sans contrat, etc… Mais ces entreprises de sous-traitance, si elles révèlent bien une pratique développée par l’entreprise depuis des années, sont moins significatives que la situation de Géodis, car Géodis fait partie du groupe SNCF et a donc la même direction que les cheminots au statut. La SNCF n’a fait que sabrer le fret ferroviaire depuis 1995 en organisant en parallèle sa propre concurrence, ce n’est plus un secret pour personne. Au mépris total de l’environnement avec un gas-oil pas cher et au mépris total des droits des salariés, bien sûr, car les agents SNCF du fret, supprimés à coup de réorganisations et de plans sociaux, ils sont là !!! Chez Géodis !!!
Au-delà des économies faites sur le statut, qui représentent une coquette somme, et des soucis en moins pour la direction de gérer des travailleurs moins protégés contre le licenciement, corvéables à merci et sans garanties sociales ou de déroulement de carrière, se cachent LES CONDITIONS DE TRAVAIL, mais les vraies, celles qui coûtent la vie, ou la santé !!!

Il suffit d’écouter Mouloud pour le comprendre.

Et Géodis est déjà un paradis macroniste :
Sur 150 chauffeurs routiers, 5 seulement sont été embauchés par Géodis. Les autres sont soit auto-entrepreneurs, soit intérimaires… La direction a remplacé le contrat de travail par le contrat commercial, sans aucun droit…
Sur la plateforme de chargement, 50 salariés au maximum et 130 intérimaires quotidiens au minimum…

En cas d’accident du travail, l’entreprise Géodis n’est en rien responsable et se cachera derrière les contrats et autres mécanismes de façade. Jamais un salarié avec un statut fort n’accepterait de telles conditions de travail, mais un précaire oui et si quelqu’un s’en rend bien compte, c’est la direction du groupe SNCF !!!

Les cheminots qui ne voient pas l’utilité de la grève devraient écouter Mouloud et prendre exemple sur son courage et sa détermination, car il représente ce que nous subirons dans 2 ans. Et les usagers qui râlent contre la grève devraient écouter Mouloud aussi et se poser la question : Veulent-ils circuler dans des trains révisés dans des conditions de travail insoutenables, par des travailleurs n’ayant aucune sécurité de l’emploi pour pouvoir retarder la sortie d’une rame en cas de problème ? Veulent-ils enfin pour leurs proches des emplois précaires et dans lesquels ils risquent leur vie ?

Voilà l’avenir que nous promet Macron avec la suppression des CHSCT notamment : pas de respect, pas de prévention des risques, ni bien sûr, d’obligation de reclassement. Un collègue de Mouloud ayant gardé des séquelles à l’épaule d’un accident du travail, n’a pas pu obtenir un aménagement de poste et doit accepter de souffrir jour et nuit pour garder son emploi…

Aujourd’hui, plus que jamais, notre sang, nos os, notre santé font leurs profits. Devons-nous laisser faire ça sans réagir ???




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