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Débats

« Mai 68, tout changer », une production du NPA

Vidéo. Mai 68 raconté par Josette Trat, étudiante et militante à la JCR

Militante féministe et sociologue à l'Université de Paris 8, Josette Trat a été la fondatrice des Cahiers du féminisme publiés entre 1977-1998. En mai 68, elle avait tout juste 20 ans quand elle commence à militer à la Jeunesse communiste révolutionnaire.

Dans cette interview de la série « Mai 68, tout changer » produite par le NPA à l’occasion du cinquantenaire de mai 68, Josette Trat raconte comment le fait d’avoir un père juif déporté pendant la guerre a façonné la militante qu’elle est devenue : « Mes parents ont eu la vie gâchée par la guerre, l’antisémitisme et le racisme. C’était un arrière-fond qui a cultivé ma sensibilité. Il était hors de question que ma génération vive la même chose. La lutte contre le racisme et contre la guerre était très ancrées en moi ». C’est ainsi qu’elle s’est engagée pendant des années, « 24 heures sur 24 », dans la lutte contre la guerre du Vietnam. Ainsi, elle décrit mai 68 comme « un moment de politisation multiforme ».

Dans son récit, Josette Trat insiste sur le rôle déterminant qu’a joué la jonction entre étudiants et travailleurs : « C’était énorme. Tous les jours une nouvelle entreprise se mettait en grève (…) La priorité c’était de faire la jonction étudiants-ouvriers, développer le rapport de force ». Elle a elle-même participé au comité d’action étudiants-salariés de Montrouge.

Elle revient également sur la place des femmes dans la mobilisation : « on n’était pas confinées à faire le café comme certaines féministes ont pu le laisser penser. Il y avait des militantes politiques et très actives dans tous les secteurs de la société », tout en reconnaissant que « l’idée que la politique était une affaire d’hommes était à l’époque complètement admise ».

Loin de tout idéalisme, Josette Trat pointe également les faiblesses du mouvement : « Le mouvement étudiant et ensuite le développement de la grève générale dans les entreprises vont créer un tel rapport de force que le pouvoir vacille. Se pose alors le problème de l’alternative politique. Et là on sent un grand vide du côté du pouvoir, mais aussi du côté des forces mobilisées. (…) On ne voit pas émerger d’alternative qui permette de donner un débouché politique au mouvement (…). Il manquait un contre-pouvoir ».




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