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Interview de Christophe, militant Sud Rail et gréviste à la gare d’Austerlitz

[Vidéo] Parole de cheminot : « Ils cherchent à nous décrédibiliser, parce qu’ils savent qu’on peut bloquer le pays »

Publié le 18 mai 2016

Plus de 130 salariés de la gare d’Austerlitz à Paris se sont réunis ce matin en assemblée générale, et ont voté la grève reconductible. Au nom de ceux que les médias prennent un malin plaisir à faire passer pour des « preneurs d’otage », Christophe, délégué Sud Rail à la gare d’Austerlitz, rétablit quelques faits.

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Les médias disent que les cheminots sont des privilégiés... que réponds-tu à ça ?

C’est n’importe quoi. La réalité, c’est qu’aujourd’hui le monde cheminot et sa capacité de blocage font peur. C’est une vision médiatique et du pouvoir pour décrédibiliser les cheminots mais en aucun cas c’est la vérité. Effectivement, les mécanos ont un salaire plus élevé que les autres cheminots, mais c’est par rapport à des contraintes de conduire la nuit, le week-end, et d’avoir une vie familiale plus compliquée. Mais aujourd’hui, ce qui n’est jamais dit dans les médias, c’est que la majorité des cheminots ont des salaires très bas, notamment au matériel, et les agents que vous voyez dans les gares et les guichets, qui eux gagnent 1200, 1300 euros par mois. Et ça c’est quand ils sont à temps complet. Parce qu’il y a aussi beaucoup de temps partiel. Donc le cheminot privilégié, c’est une vue de l’esprit. C’est clairement un discours du pouvoir pour décrédibiliser une catégorie professionnelle qui peut bloquer le pays, qui peut s’engager dans la grève, et qui peut proposer aux autres salariés, en interprofessionnelle, de les suivre, et les motiver pour arriver, à la fin, à une grève générale.

Interview d’une cheminote en grève de la gare d’Austerlitz