Débats

Léninisme 2.0

[Vidéo] Plus de 130 personnes au Forum de Révolution Permanente à la fête de Lutte ouvrière

Publié le 16 mai 2016

Le forum 2 était comble dimanche soir à la Fête de Lutte ouvrière à Presles. Plus de 130 personnes sont venues écouter la présentation de Révolution permanente faite par Daniela Cobet du comité de rédaction et du Comité exécutif du NPA. Cela a été l’occasion d’échanger avec des militants de diverses traditions comme de non militants autour du « léninisme 2.0 » et du rôle que cet outil a joué (et aspire encore à jouer) dans la mobilisation contre la loi travail.

Correspondant

L’introduction était courte, mais percutante. Un média avec un parti-pris assumé – celui des exploités et des opprimés – contre les médias détenus par et la classe capitaliste à son service. Un outil à dénoncer la barbarie de l’exploitation et de l’oppression d’un système capitaliste inhumain, à libérer la parole sans cesse rendue invisible de notre camp social. Démontrer que les idées marxistes révolutionnaires ne sont pas des reliques du passé, mais une force vivante capable de comprendre le monde, d’agir dedans et de le changer. Une appropriation des nouvelles technologies d’information et de communication, laissées trop longtemps aux mains des personnages les plus exécrables de l’extrême-droite, vomissant leur haine xénophobe, homophobe, sexiste et anti-travailleur à tout bout de champ. Tel est le projet de Revolution permanente.

Ce projet a rencontré des échos considérables depuis sa naissance le 9 juin 2015. Avec ses 42 000 « j’aime » sur Facebook, un lectorat qui ne cesse de croître et des sections motrices comme Notre classe ou Genres Sexualités, le pari que non seulement la nécessité, mais aussi un espace pour ce genre de journal d’extrême-gauche existait au sein de notre camp social, semble jusque-là réussi. Alors que son lectorat s’était stabilisé autour de 300 000 entrées par mois au lendemain des attentats du 13 novembre, il a fait un nouveau saut au mois d’avril, atteignant les 500 000 entrées par mois et devenant alors le premier site d’extrême-gauche en Europe.

Mais Révolution permanente est aussi un « organisateur collectif ». Outil pour diffuser des idées, mais aussi pour organiser et déployer les énergies militantes. Citant Lénine, Cobet a rappelé qu’à ce titre le quotidien peut être comparé « à l’échafaudage dressé autour d’un bâtiment en construction ». Il permet à ceux organisés autour de lui de suivre de près l’actualité politique, de communiquer entre eux et de voir les résultats obtenus par leur travail militant.

En ce sens, Révolution permanente a passé en quelque sorte un premier test devant l’amplitude de la mobilisation contre la loi travail. La reconnaissance de ce média comme référence d’extrême-gauche en ligne s’est traduite sur le terrain, où les militants de Révolution permanente ont pleinement participé, avant tout dans la jeunesse, à la mobilisation et à son approfondissement. Le plus souvent, ils ne sont pas intervenus seuls : avec toute une série de militants qui ont émergé au cours de la mobilisation ces deux derniers mois, ils ont pu partager un programme d’action pour défendre les cadres d’auto-organisation, comme les coordinations nationales étudiantes, contre les attaques des directions bureaucratiques des organisations de jeunesse, ou pour pousser vers la grève générale en cherchant systématiquement à faire la jonction entre les universités et les lycées mobilisés avec des secteurs du monde du travail comme les cheminots ou les hospitaliers.

La composition du public présent pour la présentation à la Fête de Lutte ouvrière a clairement reflété cette force. Étaient présents de nombreux étudiants des universités les plus mobilisées du pays, des lycéens, des militants ouvriers et des militants d’autres courants d’extrême-gauche, y compris étrangers.

Un temps de discussion a laissé la parole aux participants et a été l’occasion de revenir sur deux questions fondamentales. Tout d’abord, un lycéen mobilisé contre la loi travail a posé la question de la nécessité de s’organiser, surtout au sein des syndicats, à la fin du mouvement. Certes, les syndicats sont nécessaires pour organiser la défense collective des intérêts immédiats des travailleurs et des jeunes. Mais, faute de stratégie et de programme révolutionnaires clairs, ils sont impuissants pour renverser le système capitaliste. La nécessité de s’organiser pour vraiment en finir avec l’exploitation et l’oppression se pose donc en termes de construction d’un véritable parti révolutionnaire. En tant qu’organisateur collectif, la construction d’une telle organisation est au cœur du projet de Révolution permanente. Puis un militant ouvrier de la CGT a insisté sur la nécessité de prendre en charge la question des quartiers populaires et surtout de l’islamophobie. En réponse, Cobet a rappelé que Révolution permanente a pour objectif de dénoncer tous les cas d’exploitation et d’oppression, quelle que soit la classe sociale dont est issue la victime. Devenu connu pour ses dénonciations des violences policières dans les quartiers populaires ou dans le cadre de la mobilisation, le site a même été invité à participer à un débat sur cette question à Nuit debout à Paris.

La Fête de Lutte ouvrière est terminée, mais vous pourrez continuer à rencontrer et discuter du projet léniniste 2.0 avec les militants de Révolution permanente dans la mobilisation et au stand à Nuit debout à Paris.