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Genres et Sexualités

Exploité.e.s et les opprimé.e.s

Vidéo. Projection-débat du film Pride, les graines d’une convergence indispensable

Ce samedi 25 février, à l’université de Paris 8, Révolution permanente a organisé une projection du film Pride, racontant l’improbable convergence de militants LGBT* et de mineurs en grève luttant contre le gouvernement Thatcher dans les années 80. La projection a été suivie d’un débat riche en idées et en émotions, faisant se répondre des étudiants, des féministes, des militants LGBT* et des travailleurs de différents secteurs, du chemin de fer et de l’automobile notamment. Nicolas-Marie Santonja

La salle était comble pour assister au film, et la soixantaine de personnes présentes est restée jusqu’à la fin de la discussion, qui aura duré quelques heures. Pride, avec tout ce qu’il raconte d’émouvant et de drôle, ne manque pas de faire rire et de faire pleurer l’assemblée réunie. Lorsque les lumières se rallument et que chacun se remet de ses émotions, on découvre un public très hétéroclite.


« Dévoiler sa sexualité, on peut sen servir contre nous après… »

« Plus on sera solidaires, plus on vaincra les gens, et surtout les préjugés. »

Hamid, travailleur à l’ENS

Étaient présent.e.s cet après-midi-là de nombreux militants,des étudiants, des féministes et militants LGBTIAP* de différents collectifs et organisations, des travailleur.se.s en lutte, parfois syndiqué.e.s, parfois grévistes,des cheminots, des secteurs de l’automobile de l’usine de PSA Poissy de MC Syncro…À la tribune, plusieurs courtes interventions ont introduit le débat, s’appuyant sur un contexte politique marqué par l’affaire Théo où l’idée de convergence avec les banlieues, « pour le moment embryonnaire », est au cœur de l’actualité.

« Des personnes qui disent ‘’On pourra jamais changer le monde, ça sert à rien’’… Mais si ! Parce que ce monde cest nous qui le faisons, cest nous qui décidons ! »

Doriane, gréviste de la Fnac Champs-Élysées

Hamid, travailleur à l’ENS, est revenu sur ses différentes luttes marquées par son orientation sexuelle, et les différentes leçons qu’il en a tirées. Doriane et Faustine sont revenues sur la grève qu’elles ont menée de front pendant 60 jours contre la direction de la FNAC, où les revendications féministes ont pris une ampleur de premier ordre lorsque les femmes ont revendiqué le fait d’obtenir leur plein salaire (actuellement déduit d’un tiers) lors d’un congé maternité. Révolution permanente avait interviewé Faustine autour de ces revendications et de cette expérience. Les deux grévistes sont notamment revenues sur le fait que la totalité de leurs revendications avait été refusée par les prud’hommes, malgré leur longue grève. Une intervention d’un militant de Révolution permanente et membre du Collectif féministes révolutionnaires a clôturé l’introduction au débat, en mettant en jeu la question de la centralité de la classe ouvrière lors de la convergence des luttes.

« Nous-mêmes, en tant que femme, on doit se rendre compte que certaines choses ne sont pas normales (…) on s’en rend même plus compte ! »

« Ce quon obtiendra pas par les tribunaux, on lobtiendra dans la rue ! »

Faustine, gréviste de la Fnac Champs-Élysées

Le débat qui a suivi a permis un échange entre des militants qui luttent sur différents fronts, et qui ont pu prendre ce temps à profit. Ce cadre, assez inhabituel pour échanger sur les difficultés et les richesses de travailler à la convergence des exploité.e.s et des opprimé.e.s, a permis de revenir assez unanimement sur la convergence et la solidarité dont on aura besoin pour faire trembler ceux qui nous oppriment et nous exploitent, jusqu’à leur renversement.


A la fin de la discussion, a eu lieu une émouvante démonstration de solidarité internationaliste avec les ouvrières textiles de Neuquen, en Patagonie argentine, en lutte depuis un mois en défense des emplois. En se rappelant des ouvrières textiles qui se sont battues il y a plus de 100 ans à New York, dont la journée internationale de lutte pour les droits des femmes prend ses origines, les travailleurs, les travailleuses et les étudiants présents dans la salle ont fait une photo avec des pancartes "Todo el apoyo a las obreras textiles de Neuquen, desde Francia" (Tout notre soutien aux ouvrières textiles de Neuquen, depuis la France).




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