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Société

Témoignage

Vidéo. Violences policières dans les Yvelines : "A un moment, j’ai cru que j’allais mourir"

Le 25 juin dernier, Warren, un lycéen de 18 ans résidant dans les Yvelines, a été violemment arrêté par des policiers en civils alors qu'il était en scooter. Après un passage à tabac et plus de 28 heures de garde à vue sans presque rien manger, lui et sa mère reviennent sur l'affaire.

Alors qu’il se baladait en scooter dans le quartier des petits près d’Élancourt, le jeune lycéen aurait failli se faire renverser par une voiture. Deux policiers sortent alors de la voiture, sans uniforme, ni brassard. L’un d’entre eux le pointe alors avec son arme à feu, pour finalement le mettre à terre, le menotter et le frapper plusieurs fois (comme le montre la vidéo) : "j’étais allongé, et de là ils m’ont trainé sur 4-5 mètres en me mettant des coups" . Les policiers, qui ont reçu des renforts depuis le début de l’interpellation, l’emmènent au poste : "Pendant le voyage en voiture, ils me disaient des choses pour essayer de m’intimider".

Ce n’est qu’une fois en garde à vue que Warren comprend la raison de son arrestation : un vol avait eu lieu dans une commune voisine, et les policiers l’auraient pris pour le voleur. Un agent municipal de la commune présent lors du vol arrive, et affirme que Warren n’était pas présent lors du vol. Warren regarde donc les policiers, et leur dit "vous voyez, ce n’est pas moi, tu t’es trompé". Ce à quoi le policiers rétorquent qu’il a essayé de les renverser en scooter, ce que Warren dément. Le jeune lycéen passe alors plus de 28 heures en garde à vue, avec pour seul nourriture une brique de jus et un petit gâteau en sachet.

« J’essayais de rester fort et de ne rien montrer. Mais à la fin quand je suis sorti, ça n’allait plus. C’était trop. »

Une fois son fils rentré, la mère du jeune de 18 ans est sous le choc : "Ils auraient pu tuer mon fils." Elle a décidé de signaler cette affaires à l’IGPN afin d’ouvrir une enquête, pour condamner les deux policiers. Mais comme dans la plupart des enquêtes de l’IGPN, les policiers incriminés n’ont que peu à craindre.

"Psychologiquement, ça a été très dur pour lui. Il y a chez lui un sentiment d’humiliation, d’injustice et de rage."

Pour la police, gênée par cette affaire, le témoignage de Warren "ne reflète pas l’ensemble des faits". Sans donner plus de détails, ils expliquent que le jeune lycéen a tenté de les renverser, et a fait preuve "d’insubordination" lors de son arrestation. Ce qui n’explique pas les coups de pieds reçus par le jeune homme sur la vidéo, alors menotté, immobile, allongé face contre terre.




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