^

Notre classe

78. Répression à la Poste encore et toujours

Vincent Fournier, CGT La Poste passe en conseil de discipline pour « prise de parole ». Un comble !

C’est la deuxième fois en deux ans que Vincent Fournier, représentant syndical CGT des salariés de La Poste dans les Yvelines est dans l’œil du cyclone de la répression syndicale qui devient coutumière à la Direction, à l’échelle nationale. Souhaitons à Vincent de ne pas connaître à l’avenir le même sort que l’un de ses collègues syndicalistes qui totalise plus de 600 jours de mise à pied…

Le droit d’information des salariés bafoué

L’information est un droit pour les travailleurs et la première mission des représentants syndicaux. Malgré la répression qui sévit à grande échelle dans toutes les entreprises privées et publiques, La Poste dame le pion à tout le monde en sanctionnant… une « prise de parole ». C’est ainsi que Vincent Fournier a été une première fois en 2015 sanctionné, pour ce motif, par une mise à pied d’une semaine. Rappelons qu’une mise à pied entraîne la privation de salaire pour la période concernée. 25% de moins dans une paye, déjà maigre, de facteur on imagine les privations que cela représente.

Malgré tout, Vincent ne s’est pas laissé intimider et a continué à se rendre auprès de ses collègues dans les centres de courrier et à leur donner l’information qui leur est nécessaire pour connaître leurs droits, les menaces qui pèsent sur leurs conditions de travail et pouvoir se défendre. Furieuse devant tant d’insubordination, la direction de La Poste des Yvelines, dont le rêve serait de faire des militants combatifs de simples colleurs d’affiches sur les panneaux syndicaux, a donc décidé de mettre au pas ce dangereux récidiviste.

Convoqué en octobre pour un entretien préalable à une sanction pouvant aller jusqu’au licenciement, Vincent, après plus d’un mois d’attente, passait aujourd’hui en conseil de discipline dans les locaux de la direction (DOTC) à Guyancourt.

Un rassemblement de soutien qui fait appel à la convergence

Vincent n’était pas seul pour affronter le tribunal des patrons de La Poste. Devant les locaux de la Direction étaient rassemblés près de 150 militants, collègues de La Poste bien sûr, dont ceux du 92 très habitués à la répression et même à la criminalisation syndicale, ou ceux de Ris-Orangis en grève depuis plus d’un mois, mais aussi des cheminots, des représentants de PSA de Poissy dont Jean-Pierre Mercier et jusqu’à des travailleurs métallurgistes brésiliens qui par leur présence ont rappelé que les patrons et les luttes sont les mêmes au-delà des frontières.

Différents syndicats étaient représentés, Principalement solidaire mais aussi la CGT, la CNT, FO. Le NPA également était présent avec Philippe Poutou, venu de Bordeaux pour apporter son soutien.

Etait également présent le Front Social 78 dont fait partie Vincent avec ses militants venus de divers syndicats, partis et associations. Un fort parfum de « tous ensemble » flottait sur le rassemblement. Le dernier intervenant, représentant de la CGT Info’Com, désormais célèbre pour son affiche iconoclaste contre les violences policières, a d’ailleurs conclu en rappelant que seule la convergence permettrait d’apporter une riposte à la hauteur des attaques des patrons.

Joignant l’acte à la parole, tandis que Vincent se rendait en conseil de discipline, une délégation de 25 militants est partie, sous la neige, en direction du de Sodexo, situé à 10 minutes de la DOTC ; où trois salariés sont en grève de la faim et dorment dehors depuis 18 jours pour obtenir des indemnités de licenciement décentes que la direction refuse de leur accorder.

Des patrons égaux à eux-mêmes

Epilogue de la journée : Vincent est ressorti de son conseil de discipline. Il pense qu’il écopera à nouveau d’une semaine de mise à pied, mais la direction ne donne pas pour l’instant de réponse définitive. Un courrier recommandé sera envoyé dans un délai d’un mois. Tout l’art de retourner les gens sur le grill. Ils inventent un nouveau genre : la sanction de Noël.




Mots-clés

CGT   /    La Poste   /    Répression   /    Notre classe