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Politique

Un an après le viol de Théo

Viol de Théo : trois des quatre policiers réintégrés

Il y a presque un an jour pour jour, le 2 février 2017, un jeune de Aulnay-sous-Bois nommé Théo se faisait agresser et violer par la police. Aujourd’hui, trois des quatre policiers qui l’ont violé ont été réintégrés et sont actuellement en service.

Un an plus tôt : viol de Théo, montée en tension et calomnies

Le 2 février 2017, Théo Luhaka âgé de 22 ans était hospitalisé après avoir été violé par quatre policiers pour s’être opposé à ces derniers qui voulaient gifler un jeune. L’extrême violence de l’interpellation est révélée au grand jour grâce à une vidéo qui montre l’agression du jeune : on y voit un des policiers enfoncer sa matraque dans l’anus de Théo. Le jeune homme est opéré, et est arrêté durant 60 jours. Une semaine après, l’IGPN déclare que qu’il ne s’agirait pas d’un viol, mais d’un « accident » et explique que « le pantalon aurait glissé tout seul ». Très vite, la tension monte dans la cité des 3000 à Aulnay-sous-Bois, et le gouvernement répond par d’autant plus de répression et instaure un couvre-feu pendant plusieurs jours. Partout en France des manifestations émergent contre les violences policières et le racisme d’Etat, et plusieurs lycées sont bloqués.

Pendant plusieurs semaines, la police avec la complicité du ministre de l’Intérieur de l’époque, Bernard Cazeneuve, multiplie les calomnies pour couvrir le viol. Comble de l’immondice, le policier en question décide même de porter plainte contre Théo pour outrage et rébellion. Face à la médiatisation de l’affaire et pour calmer les mobilisations naissantes à quelques semaines de l’élection présidentielle, le gouvernement accentue la répression et saisit en parallèle son argument d’autorité favori : la justice.

Impartialité ou justice de classe ?

Comme à chaque fois que les violences policières explosent sur la scène médiatique, la justification de la « bavure » et du « mauvais flic » qui sera puni par une justice impartiale refait surface. C’est un moyen efficace pour le gouvernement de se dédouaner et de réaffirmer sa soi-disant impartialité, tout comme l’a fait Macron il y a quelques jours face au scandale des violences policières contre les migrants à Calais.

Déjà il y a un an, il n’y avait aucune illusion à se faire envers une justice qui avait retenu comme chef d’inculpation pour 3 des 4 policiers accusés de viol seulement des « violences en réunion ». Cette impunité est plus que confirmée aujourd’hui : le Parisien a en effet révélé que trois des quatre policiers mis en cause ont été réintégrés. Ces policiers vont reprendre leurs fonctions, et l’un d’eux est affecté en Seine-Saint-Denis.

Car il ne faut pas faire beaucoup d’efforts pour comprendre de quel côté est la justice. Alors que les policiers qui ont violé Théo reprennent le travaillent, celui qui avait tué Rémi Fraisse a également récemment écopé d’un non-lieu, comme presque tous ceux contre qui sont déposées des plaintes pour violences, même avec des preuves vidéo à l’appui. C’est cette même justice qui offre une impunité à Fillon, Le Pen, Sarkozy, Bernard Arnaud, Dassault, les Balkany, les patrons responsables de suicides d’ouvriers, les sénateurs qui détournent l’argent public et tous les autres. Et dans l’autre sens, cette justice n’hésite pas à réprimer ceux de notre classe, à l’image de Philippe Poutou qui passait au tribunal il y a quelques jours pour jets de confettis et collage d’autocollants.

La diffusion d’une vidéo : nouvelle tentative de manipulation

Et une nouvelle information a également été dévoilée : l’IGPN a affirmé ne pas avoir retenu la qualification de « viol » au regard d’une vidéo qui n’avait pas été jusque là diffusée dans les médias sur laquelle on ne pourrait pas clairement voir les gestes décrits par Théo. Tout particulièrement, on voit que son pantalon tombe, alors que Théo avait expliqué que les policiers l’avaient tiré. Le Front National qui il y a un an avait apporté son soutien aux policiers s’est empressé de crier à la « fake news » et tous les cadres du parti ont déferlé leur haine sur les réseaux sociaux, ne manquant une occasion d’afficher ouvertement leur xénophobie, telle que Marie-Christine Arnautu, au FN, qui a notamment écrit « Eh bien moi, je suis outrée que cette famille ne soit pas expulsée ».

Cette nouvelle tentative de manipulation est grotesque. Il est complètement ridicule de reprocher au jeune homme de ne pas se rappeler précisément de qui a baissé ou non son pantalon, il a par ailleurs modifié sa déposition. Faut-il rappeler que Théo a subi une plaie longitudinale du canal anal longue de 10 centimètres et qu’il a eu un arrêt complet de travail durant 60 du fait de la gravité de son agression ?

Crédits photo : Charles Platiau/REUTERS




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