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Politique

La deuxième affaire en deux semaines

Violences policières. Un jeune se fait tabasser au sein même du palais de justice

Alors que Mohammed regagne le box ce lundi soir, au palais de justice de Paris, son visage est tuméfié. Entre temps, des policiers se sont déchaînés sur le jeune homme. C'est la deuxième affaire de ce type au sein de ce tribunal... en moins de deux semaines.

Crédits photo : Twitter / Conférence du Barreau de Paris

« Il y a une suspension d’audience le temps que le tribunal rende un délibéré dans une autre affaire, mon client devait être jugé juste après. Au bout de quelques minutes, on a entendu que ça s’agitait un peu à côté, ça criait, on sentait que l’atmosphère n’était pas sereine », a ainsi expliqué Mathieu Juglar, l’un des avocats de Mohammed, qui passait en comparution immédiate ce lundi au palais de justice de Paris. Quelques instants plus tard, le jeune homme revient dans le box des prévenus, le visage tuméfié et témoigne : il a été passé à tabac par des policiers, alors qu’il se rendait aux toilettes.

Immédiatement, une plainte est déposée pour violences policières. Il s’agit là de la deuxième plainte au sein de ce tribunal du 17° arrondissement de Paris en moins de deux semaines ! En effet, au mois de juin, un détenu menotté avait été roué de coups alors qu’il était ramené en cellule. Et ce nouveau tribunal n’est ouvert que depuis avril dernier...

Selon Mohammed, le policier l’aurait emmené à l’abri des caméras alors que le ton était monté, lui expliquant qu’« ici, c’est pas filmé, on va pouvoir s’expliquer. Pourquoi tu parles mal ? ». Le policier aurait ensuite enfilé ses gants, avant de tabasser le jeune homme. Comble de l’ironie, si les policiers présents et ayant assisté à la scène n’ont pu nier l’évidence, ils ont expliqué que leur collègue s’était blessé à la main, selon Matthieu Juglar.

Une affaire de violences policières qui s’invite donc jusque dans un palais de justice, et ce de manière récurrente, démontrant que les coups et blessures administrés par les forces de répression ne se limitent ni aux manifestations, ni aux quartiers populaires. Mais cela ne s’arrête pas là. Car si dans le cas des violences policières, les policiers portent plainte contre leurs victimes, ici, c’est aussi le cas. Ainsi, si une enquête a été ouverte pour "violence volontaire" par le parquet de Paris et confiée à l’IGPN, le policier a également porté plainte contre le jeune homme de 18 ans pour "violence volontaire et menace de mort sur personne dépositaire de l’autorité publique". Ce cas est malheureusement loin d’être isolé. Dans la plupart des cas, la justice sait se montrer indulgente avec le bras armé de l’État. Pour exemple, la différence de traitement entre les policiers impliqués et les jeunes : Mohammed a vu son procès repoussé à fin juillet. En attendant il est maintenu en détention provisoire. Le policier qui a tabassé un prévenu, sous les caméras de surveillance, il y a un peu plus de 10 jours a été mis en examen et libéré sous contrôle judiciaire. Il est donc libre... contrairement à Mohammed.




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