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"Des lacrymogènes de partout, ils ont même pris des camarades, ils leur ont cassé la gueule contre des voitures"

Violent déblocage de la raffinerie à Fos-sur-Mer. « Des scènes de guerre » contre les grévistes

Publié le 24 mai 2016

Sarah Macna

Valls aura beau répéter sa détermination et féliciter le « sang froid » des policiers, le violent déblocage extérieur de la raffinerie Esso et du dépôt de carburant de Fos-sur-Mer, dans les Bouches du Rhones, témoignent surtout de sa fébrilité face à la colère des grévistes contre la loi Travail. C’est en effet par une répression brutale que ce matin les policiers et gendarmes sont intervenus sur le piquet de grèves des raffineurs de Fos-sur-Mer.

Face la violence policière, la résistance et la détermination des grévistes !

Depuis lundi, les accès de la raffinerie et du dépôt de carburant étaient bloqués par les grévistes, dont de nombreux militants de la CGT Pétrole. Ce blocage avait commencé à entrainer une pénurie de carburants dans plusieurs stations du Sud-Est ! Ce matin, plus de 200 grévistes étaient présents sur le piquet de grève. A partir de 4h15, les forces de l’ordre au service du patronat ont alors lancé l’assaut, sans aucune sommation d’après les responsables CGT présents sur place, et avec le renfort de canons à eau et de flashballs lancés contre les manifestants qui ne faisaient que tenir le piquet de grève.

De véritables « scènes de guerre », d’après Emmanuel Lépine, responsable de la CGT Pétrole, qui n’ont pourtant pas désarmé les grévistes, qui ont tenu plus de deux heures durant face à cette violence brutale. "Des lacrymogenes de partout, ils ont meme pris des camarades, ils leur ont cassés la gueule contre des voitures", racontait ce matin un militant CGT sur Europe 1. A 6h, le blocage a fini par être levé, mais les forces de police ont poursuivi les manifestants jusque dans la ville de Fos, pourchassant les militants par des drones et des hélicoptères. D’après Olivier Mateu, responsable de l’union départementale CGT des Bouches du Rhones, une partie des grévistes a du se replier dans le local de la CGT. « Ils nous gazent, ils nous tirent dessus, et là on est coincé à l’interieur », racontait-il ce matin sur BFM TV. Une véritable séquestration, qui aurait conduit au lancé d’une grenade lacrymogène dans le local syndical... "accidentel, selon la préfecture" ! Quatre manifestants auraient été interpellé.

Pour mieux cacher la violence de sa répression, le gouvernement et la préfecture répètent désormais en boucle que les policiers ont agi avec « sang froid » et donné une réponse « proportionnée » face à la « résistance importante » des grévistes. De quelle « proportion » parle-t-on quand face aux pneus brulés et aux quelques pétards, la préfecture envoie les canons à eau, les flash balls et les drones ? De quelle proportion parle-t-on quand la police pourchasse les manifestants jusque dans la ville ?!

Vive les raffineurs en grève, tenez bon !

Cette répression ne témoigne que d’une chose : la peur du gouvernement de voir le mouvement perdurer et s’amplifier. Et pourtant, sa fébrilité pourrait bien se retourner contre lui. En effet, d’après Emmanuel Lépine, les violences policières de ce matin à Fos n’ont fait que renforcer la détermination des grévistes de la raffinerie de Ravenchon, qui ont à nouveau voté aujourd’hui la reconduction de la grève. C’est en effet la seule solution pour faire plier ce gouvernement aux abois. Vive la grève !