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Monde

Quand Xi reçoit Trump

Visite du président US en Chine : accord bilatéraux, tapis rouges et fastes impériaux

Tapis rouge, un thé dans la Cité Interdite de Pékin, un air d’opéra, des festivités de luxe... C’est ainsi que le président Xi Jinping a reçu Donald Trump, étalant devant le monde entier ses richesses avant d’aborder le sujet épineux qu’est leur déficit commercial, et la relation avec la Corée du Nord, deux choses discutées ce jeudi 9 novembre.

Crédits : REUTERS/Jonathan Ernst

Trump et sa femme Melania ont été conduits rapidement à la Cité Interdite depuis l’aéroport, puis ont été reçus par le principal diplomate chinois, Yang Jiechi, premier responsable du rapprochement du leader Républicain depuis son élection il y a un an. Conversant autour d’une tasse de thé, Trump a montré une vidéo à Xi de sa petite-fille, Arabella Kushner, qui chante en mandarin et récite un poème traditionnel chinois. Xi en a ensuite fait l’éloge et l’a qualifiée d’exceptionnelle, selon les médias chinois.

Xi dit espérer qu’Arabella viendra rendre visite à la Chine bientôt, disant qu’elle était une « petite étoile » dans le pays selon l’agence de presse officielle Xinhuas. Par ailleurs, une vidéo d’Arabella récitant un poème chinois a viralisé sur les réseaux sociaux chinois depuis la victoire de Trump aux élections l’an passé. Ces éléments, qui peuvent sembler secondaires, préparent le terrain aux différents accords que peuvent passer les deux leaders.

De même, contrastant avec les habitudes diplomatiques des deux pays, Xi a même offert une visite des trésors impériaux de la Cité Interdite à Trump, un site inscrit au Patrimoine de l’Humanité de l’UNESCO avant que les deux partenaires n’assistent à un opéra et un spectacle d’acrobaties. « C’est impressionnant ! » lançait Trump pendant le spectacle, Xi soulignant, quant à lui, qu’ils avaient « passé un très bon moment ».

Xi attend que les fastes de la réception offerte à Trump à son arrivée s’étendent tout au long de son séjour, mais d’autres festivités ne sont pas prévues en dehors d’une série d’accords généraux qui n’auront pas d’impact réel sur la politique que va mener la Chine. Et ce malgré l’aspect épineux pour l’agenda de Trump qu’ont les débats que les deux présidents doivent mener.

Le président chinois a en sa faveur au moins deux éléments, qui vont au détriment de n’importe quelle tentative de la part de Trump pour maintenir une position offensive. En premier lieu, Xi Jinping vient de se faire « couronner » lors du dernier congrès du Parti Communiste Chinois en tant que leader historique, au même niveau que Mao, ce qui lui donne un pouvoir inouï aussi bien à l’intérieur de la Chine qu’en Asie et dans le monde. Cela se combine également au fait que la Chine apparaît au niveau régional comme une grande puissance stable et stabilisatrice là où les Etats-Unis apparaissent comme « imprévisibles et peu dignes de confiance ».

Comme le dit Mira Rapp-Hooper dans Foreign Affairs : « la stratégie de Trump envers la Chine et l’Asie continue d’être confuse en raison de factions rivales à l’intérieur de son administration [...]. Par conséquent, Xi essaie de gérer le président Trump, en lui souhaitant une splendide bienvenue en Chine, mais ce sont des détails politiques qui ont une importance dans la durée, au moment où émerge une vision régionale croissante de ce que va produire une transition inexorable du pouvoir ».

Trump, pour ce qui l’a amené à Pékin après sa visite à la Corée du Sud, a depuis lancé un message à la Chine demandant à ce qu’elle ait une position plus dure vis-à-vis de la Corée du Nord et demandant aussi l’application des sanctions de l’ONU contre les tests militaires nord-coréens. Un exemple de ces signaux : à la veille de la visite de Trump, le Sénat des Etats-Unis a adopté de nouvelles sanctions contre les banques chinoises qui ont négocié avec la Corée du Nord.

Trad. M.V.




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