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Monde

Les Etats-Unis soufflent le chaud et le froid au Venezuela

Volte-face ? Trump déclare vouloir continuer à discuter avec Maduro

Après l’avoir qualifié de « dictateur », l’administration Trump a choisi de faire baisser la pression, sans pour autant remiser ses velléités d’ingérence contre le gouvernement vénézuélien.

Après une conférence de presse au ton inhabituel au cours de laquelle Maduro avait été qualifié, lundi, de « dictateur », c’est le sous-secrétaire adjoint pour l’Amérique du Sud au Département d’Etat Michael Fitzpatrick qui est descendu dans l’arène pour faire baisser la pression, sans pour autant renoncer aux menaces. Un double symbole, à la fois, du caractère oscillant de la communication de Trump, mais une façon également pour signifier à la MUD, le cartel des forces d’opposition, que les Etats-Unis ne sont pas prêts à suivre les secteurs les plus ultra de la droite vénézuélienne.

Les Etats-Unis, selon Fitzpatrick, continuent à reconnaître le gouvernement Maduro comme le gouvernement légitime du Venezuela et n’entendent pas reconnaître un quelconque gouvernement parallèle qui dériverait de l’Assemblée Nationale, aux mains de la MUD et en passe d’être dissoute par l’Assemblée Constituante, élue dimanche, dans un climat d’extrême tension que connaît le pays depuis début avril. La MUD, elle, prétend mettre en place un gouvernement « démocratique ».

« Nous voulons dialoguer avec Maduro », a souligné Fitzpatrick, qui a néanmoins précisé que pour l’administration états-unienne, ce qui se passe depuis « 18 mois [à savoir depuis la victoire de l’opposition aux élections législatives de décembre 2015], c’est une série de décisions et d’actions du gouvernement vénézuélien [visant à] étouffer tout cadre démocratique, resserrer les espaces de liberté d’opinion, attaquer toute organisation ou groupes de personnes qui pourraient penser différemment », comme si l’impérialisme américain ne s’était pas illustré, dans son histoire passée et récente, comme le champion de la violation systématique des droits de l’Homme et des peuples.

Fitzpatrick a néanmoins précisé ne pas exclure un nouveau train de sanctions contre des personnalités proches de Maduro, ni même des sanctions sectorielles contre l’industrie pétrolière, tout en réclamant la libération des opposants de droite Lepoldo López et Antonio Ledezma, placés en résidence surveillée jusqu’à mardi et qui ont été à nouveau incarcérés. Grand seigneur, Fitzpatrick a en revanche assuré que le gouvernement américain ne s’opposerait pas à ce que Maduro, interdit d’entrée aux Etats-Unis, puisse se rendre à l’Assemblée générale de l’ONU, à New York en septembre. Preuve supplémentaire du fait que l’impérialisme américain est absolument conscient qu’indépendamment des velléités putschistes de l’opposition de droite, la MUD n’a pas les moyens de sa politique ou, en tout cas, ne compte pas sur l’aval complet des Etats-Unis, par-delà sa politique d’ingérence systématique contre le régime chaviste.




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