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Politique

Recomposition à droite

Wauquiez et Baroin à la lutte. Qui sera le "reconstructeur" des Républicains ?

Plus les jours passent, plus François Fillon semble condamné à la catastrophe. Dans cette situation mouvante, Laurent Wauquiez et François Baroin se tiennent en embuscade pour rafler l'appareil.

Baroin à Matignon ? Wauquiez à la tête du parti ?

« François Fillon sera le meilleur président de la République, et le meilleur Premier ministre, ce sera François Baroin ! ». Cette citation, signé Eric Ciotti, est partagé largement dans Les Républicains. Fillon lui même est convaincu de l’idée. « Je vais faire équipe avec Baroin. » a-t-il ainsi lancé à une députée LR. Un adoubement qui tient surtout à la fidélité de Baroin à Fillon tout au long du Pénélope Gate.

« Baroin avait bien pensé être le plan B en cas de retrait de Fillon. C’était le fameux week-end du Trocadéro. Mais il y avait les soutiens de Juppé qui poussaient ce dernier à y aller. Et il a surtout vite compris que, de toute façon, Fillon ne se retirerait pas. Alors autant placer ses pions pour Matignon... »

Bien entendu, il semble aujourd’hui que François Fillon soit hors course pour l’Elysée, décroché par Macron et Le Pen, tandis que sa base sociale non seulement ne s’est pas élargie suffisamment après la primaire, mais est même en train d’être grignotée par ses concurrents à droite. Et cela, François Baroin en a évidemment conscience. Le cataclysme qui touche le parti traditionnel de la droite, promis au pouvoir il y a quelques mois à peine, semble plutôt montrer l’optique d’un vaste champ de ruine après le 23 avril. C’est pourquoi le "plan B" de François Baroin consiste à émerger comme la figure s’imposant comme premier ministre en cas de victoire aux législatives, et, dans le cas d’une défaite, comme une figure importante de l’opposition.

« Tôt ou tard, Wauquiez aura la boutique »

Laurent Wauquiez lui aussi a le vent en poupe au sein de l’appareil Les Républicains, bien que son profil et sa personnalité ne semble pas faire autant l’unanimité. « Le terrain n’a jamais été aussi dégagé. Laurent a pour lui le calendrier, la date de naissance qui lui permet d’incarner le renouvellement et les cheveux blancs qui rassurent » a ainsi déclaré Brice Hortefeux. Comme dans le cas de Barouin, beaucoup, en interne, voient Nicolas Sarkozy dans le rôle de marionnettiste. Ce qui reviendrait à dire que l’ex-président aurait tenu la barre pendant la tempête du Penelope Gate, ce qui est loin d’être le cas. Mais ce qui est sûr, c’est que l’émergence de Wauquiez inquiète : « Wauquiez peut faire un coup d’Etat le soir du premier tour ! S’il prend le parti, la droite explose » a ainsi déclaré un responsable Les Républicains. Gérard Larcher lui-même, patron du parti et président du Sénat, se montre hostile à l’hypothèse Wauquiez.

Un pacte de "non-agression" entre Baroin et Wauquiez. Jusqu’à quand ?

Pour l’heure, les deux figures montantes des Républicains ont conclu un pacte de non-agression. Il faut bien avouer que la situation est déjà suffisamment explosive, avec un François Fillon carbonisé en guise de candidat à la présidentielle, pour rajouter des étincelles. Mais en ligne de mire se profile le congrès du parti, en octobre prochain. De quoi laisser aisément le temps de tirer les couteaux, et de profiter du calme avant la tempête pour aiguiser les lames.

Alors, les premières escouades arriveront-elles dès le soir du premier tour ? Le duel attendra t-il la fin des législatives ? D’autres figures vont-elles émerger ? Les Républicains parviendront-ils à se reconstruire ? Il est pour l’heure impossible de répondre à toutes ces interrogations. Ce qui est sûr, c’est que la période post-électorale va opérer de grands bouleversements et recompositions, à gauche comme à droite, et que ce sont les coordonnées d’ensemble qui vont muter. Des changements dont il est important, pour les travailleurs et les masses populaires, de saisir l’importance, car il s’agira, ni plus ni moins, que d’une nouvelle version de l’appareil politique à disposition des classes dominantes dans son combat contre les masses laborieuses.




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