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Wauquiez tenté de tirer la barre à droite pour éviter la crise des Républicains ?

Les Républicains sont la première force d’opposition de la nouvelle assemblée élue ce dimanche. Une première place qui ne saurait cacher la défaite essuyée par LR : 113 députés contre 194 sous la mandature précédente. De plus, l’incertitude sur qui de l’aile pro-Macron ou de l’aile anti-Macron va se former dans les jours à venir reste entière.

Un revers historique

Ils voulaient imposer une cohabitation. Au lendemain du second tour des législatives, la réalité est toute autre pour les Républicains. Le parti a obtenu 113 sièges, auxquels il faut ajouter ceux de ses alliés de l’UDI (17 sièges) et ceux des diverses droites (7 sièges).

Une défaite qui, en apparence, ne semble pas inquiéter Laurent Wauquiez, déterminé à incarner dans l’hémicycle l’opposition numéro un de Macron. Ce dernier a en tête la reconstruction d’un mouvement Républicain rassemblé autour de lui et il y travaille activement.

Malgré cet enthousiasme affiché par l’actuel vice-président de LR, la déroute reste historique pour les Républicains sous la Ve République. Une défaite accentuée par le fait que, après le quinquennat désastreux de François Hollande, Les Républicains étaient dans une position plus que favorable pour récupérer l’Élysée. À tel point que l’enjeu des primaires de la droite était présenté comme une sorte de pré-présidentielle, qui désignerait d’office le nouveau Président. En bref, et même si elle n’est évidemment pas aussi avancée qu’au Parti socialiste, la crise au sein des Républicains est toutefois sérieuse, confirmant l’effondrement des partis traditionnels et du bipartisme.

Quel avenir pour Les Républicains ?

Ce mardi 20 juin sera décisif pour les Républicains et la composition de l’assemblée à venir. À savoir si les députés Les Républicains favorables au vote de confiance constitueront ou non leur propre groupe à l’Assemblée. Deux tendances s’opposent : les « constructifs » d’un côté, prompts à suivre la ligne de Macron, et les autres, défenseurs de la « droite décomplexée », en opposition au premier et avec à leur tête Barouin et Wauquiez. L’objectif est clair : faire pression sur les premiers en faisant peser sur eux une menace d’exclusion afin qu’ils rejoignent leur « camp », et former une opposition à Macron. En d’autres termes, il s’agit d’éviter l’explosion en deux blocs à l’Assemblée.

Laurent Wauquiez réfléchit sur le (très) long terme. Dans l’immédiat d’abord, le vice-président aimerait dans les jours qui viennent avoir un groupe soudé autour de lui. Il regarde également vers l’avenir et a en ligne de mire le congrès LR en fin d’année auquel il compte bien batailler pour obtenir la direction du parti.

Une direction qui se constituerait autour d’une ligne politique incarnant la droite dure, une droite « décomplexée », héritée du sarkozysme et du fillonisme, à laquelle les militants LR adhèrent majoritairement aujourd’hui. Dans cet objectif, avec en tête 2022, il flirte déjà avec Sens commun, la tendance ultra réactionnaire émanant de la Manif pour tous.

Depuis les résultats, c’est donc une crise qui continue de s’approfondir dans les rangs des Républicains. Les recompositions sont à suivre de près dans les prochains jours et prochains mois, car il est certain que l’aile plus modérée du parti n’est pas en reste, souhaitant entraîner le « plus gros morceau » de l’appareil Républicains pour gouverner auprès de Macron. Une situation explosive donc, dont l’issue influera forcément sur l’ensemble des recompositions en cours sur l’échiquier politique.




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