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Politique

Droitisation des Républicains

Xavier Bertrand claque la porte des Républicains

Après le départ des Constructifs, groupe de parlementaires de centre-droit pro-Macron, et de plusieurs membres des Républicains dans le gouvernement Macron, c'est au tour d'un autre ponte du parti de claquer la porte. Xavier Bertrand a officiellement annoncé son départ du parti dont Laurent Wauquiez vient de prendre la tête. La « dérive » vers le Front national continue de scinder la droite.

a recomposition des forces politiques suite à l’élection d’Emmanuel Macron continue avec la victoire de Laurant Wauquiez à la tête des Républicains, autour d’une ligne très dure et identitaire, clairement façonnée pour siphonner le FN -. Cependant, ce virage à droite n’est pas sans occasionner des dommages collatéraux et des défections parmi les cadres historiques du parti. Après les départs de Bruno Lemaire, de Gérald Darmanin et d’Édouard Philippe vers En Marche, c’est au tour de Xavier Bertrand de quitter le navire des Républicains. Son départ n’est toutefois pas synonyme de ralliement à l’actuelle majorité présidentielle mais il témoigne d’une ligne de fracture forte à droite.

Lundi soir, soit 24 heures après la victoire écrasante de Wauquiez aux élections de son parti, Bertrand a annoncé sur le plateau du journal de France 2 qu’il avait « décidé de quitter définitivement les Républicains » après l’élection du nouveau leader du parti de droite qui vire de plus en plus à l’extrême-droite. Cette défection, si elle est significative parce qu’elle est la première qui suit l’élection de Wauquiez et probablement pas la dernière, n’était néanmoins pas inattendue. En effet, Xavier Bertrand s’est prudemment mis en retrait de la vie de son ancien parti lors de la campagne Fillon, qu’il avait d’abord soutenu avant de prendre ses distances suite aux multiples affaires qui le touchaient. Ce retrait s’est accentué lors de l’entre-deux tour « quand [sa] famille n’a pas voulu dire clairement qu’il fallait voter Emmanuel Macron pour faire barrage à l’extrême droite ». Pour cet élu des Hauts-de-France qui a gagné sa place d’élu de la région dans un bras de fer qui l’opposait à Marine Le Pen, le tournant vers une ligne plus identitaire ne pouvait pas passer. La dynamique de recomposition de Macron était déjà à l’œuvre.

Critique vis à vis de la « politique de l’agressivité et des boucs émissaires » que mène Wauquiez et désormais LR, Xavier Bertrand se construit un profil d’homme politique modeste, sans étiquette, attaché à sa région qui serait son nouveau « parti », et proche des gens. Une stratégie de l’attente qui mise sur des dissensions à droite et sur la prudence face à une situation où les recompositions politiques sont rapides et imprévisibles. Celui qui a plus d’une fois tenté de briguer les plus hauts postes, comme en 2012 où il avait réuni les parrainages nécessaires pour prétendre occuper le poste, ou en 2016 où il avait fait planer l’éventualité de sa participation à la primaire de la droite, tente peut-être de se donner une image de présidentiable pour 2022 autour d’un programme de centre-droit qui recueille les soutiens des juppéistes et d’une bonne parti de l’électorat des Républicains. En attendant, le départ de Xavier Bertrand des Républicains montre que la ligne Wauquiez polarise les tensions au sein du parti de par sa radicalisation vers l’extrême-droite.

Crédits photo : TF1/France 2




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