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Société

Projet de gentrification et répression

ZAD de la Plaine à Marseille : une douzaine de camions de CRS pour... détruire une charpente !

Dans la nuit du mardi 23 octobre, vers 5 h du matin, une douzaine de camions de CRS a pris d'assaut le quartier de la Plaine. Dans leur « intervention », ils ont blessé une personne et détruit une charpente installée deux jours avant. Cette dernière symbolisait le soutien et les liens avec la ZAD de Notre-Dame des Landes.

Dans la nuit du mardi 23 octobre, vers 5 h du matin, une douzaine de camions de CRS a pris d’assaut le quartier de la Plaine. Dans leur « intervention », ils ont blessé une personne et détruit une charpente installée deux jours avant. Cette dernière symbolisait le soutien et les liens avec la ZAD de Notre-Dame des Landes.

La lutte menée sur la place Jaurès agite tout le quartier et résonne au-delà. Depuis le 16 octobre, les habitants s’organisent pour s’opposer activement au projet de gentrification, également appelé « requalification », porté par la mairie. Des cabanes et jardinières ont été construites par les opposants.

Samedi 20 octobre, l’Assemblée de la Plaine a appelé à une manifestation avec pour mot d’ordre : « Pour une ville vivante, verte et populaire ». La mobilisation a réuni plus de 2 000 personnes. Des occupants de Notre-Dame des Landes sont également venus soutenir la lutte et ont installé une construction en bois en symbole de leur soutien. Celle-là même qui a été la cible des CRS, 48 heures après son installation. La mairie force le projet et opte donc rapidement pour la répression policière face à l’ampleur que prend cette lutte.

Dans la dernière semaine, des dizaines d’arbres ont déjà été coupées sous surveillance policière, provoquant des affrontements entre habitants et CRS. Le climat était tel, que le 16 octobre, deux intérimaires, qui étaient chargés de couper les arbres, ont décidé d’arrêter leur travail pour ne pas participer à la démolition du quartier.

Le projet de gentrification auquel s’opposent les habitants est un phénomène que connaissent beaucoup de villes, comme à Toulouse à la place Arnaud Bernard. Des projets qui vont à l’encontre des intérêts des habitants. Dans ce cas-ci, le projet de gentrification va aboutir à l’installation de vingt-et-une caméras de surveillances ainsi qu’à la quasi-suppression du marché populaire qui se tient sur la place. Les personnes les plus défavorisées, quant à elles, seront amenées à quitter le quartier quand les loyers augmenteront suite aux rénovations.

Gérard Chenoz, adjoint au maire et propriétaire de la société Soleam qui s’occupe des travaux, affirme que : « pour que les gens soient mélangés il faut que certains partent ». Il ajoute qu’il faut « penser les aménagements de manière à interdire tout usage déviant de l’espace ». La SOLEAM qui gère la grande partie des aménagements urbains de la métropole de Marseille, est dirigée par des élus qui vont dans le même sens. Les projets menés mettent en avant la "ville créative", des commerces qui "tirent le quartier vers le haut". Dans leur logique, « l’amélioration du quartier » passe systématiquement par une liquidation de sa population, avec les plus pauvres en première ligne. Plus globalement, cette lutte renvoie au combat contre les rénovations urbaines, décidées sans et contre les habitants, qui attaquent directement les plus pauvres et organisent leur « expulsion » du centre-ville.

La lutte de la Plaine fait face à la répression et elle sera dure et intense puisque l’occupation se fait en plein centre-ville Marseillais, ce qui reste inédit dans l’histoire des ZAD. A titre d’information, de leur initiative, le jeudi et vendredi se tiendra un tournoi de foot sur la place. Il n’y a plus qu’a espérer que les CRS ne reviennent pas jouer les arbitres.

Photo : NPA




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