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La Izquierda Diario
5 de décembre de 2018 Twitter Faceboock

Gilets jaunes
La colère jaune se répand en Europe
Pepe Balanyà

Alors que le mouvement des « gilets jaunes » prend de l’ampleur et se radicalise en France, son influence commence à se répandre au reste de l’Europe. Aux Pays-Bas, en Belgique ou en Bulgarie, la colère contre les politiques au service des plus riches se propage sous la forme des « gilets jaunes ».

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La méfiance et la désaffection des travailleurs et des classes populaires vis-à-vis des partis traditionnels, de plus en plus perçus comme des agents des intérêts des classes dominantes, était à la base de l’effondrement du bipartisme qu’il a eu lieu partout l’Europe. Ce phénomène de désaffection dans des larges couches de la société, loin d’être un phénomène politique parmi d’autres, ouvrait la voie à une polarisation politique, notamment avec la montée des partis populistes et d’extrême droite. Dans cette tendance, le soulèvement des gilets jaunes est en quelques sorte une exception remettant à l’inverse la question de la mobilisation de masse et la question sociale au centre du jeu. Refusant de « décider pour un certain nombre d’années quel membre de la classe dirigeante écrasera le peuple au parlement », comme disait Lénine, le peuple trouve d’autres voies politiques pour résoudre leurs problèmes : bloquer le pays, manifester massivement et affronter les flics - « la colonne vertébrale » garantissant les intérêts des classes dominantes- , exiger la dissolution du sénat, mettre en question la Vème République, etc.

Si l’irruption spontané des masses sur la scène politique prend des formes beaucoup plus massives en France, la propagation de phénomène des « gilets jaunes » au reste de l’Europe n’est pas un fait de simple émulation mais le signe que les bases qui mobilisent les « gilets jaunes », la politiques au service des classes dominantes à laquelle s’opposent, n’est pas un fait ponctuel et limité en France, mais un phénomène général qui dépassent l’hexagone.

Dans plusieurs capitales européennes – Bruxelles, Amsterdam et Sofia – « la colère jaune » commence à se répandre autant sous la forme du gilet jaune que sous la forme des revendications et des méthodes d’action propres à ce mouvement.

Ce vendredi dernier, plus de 300 « gilets jaunes » manifestaient en Belgique contre « le carnage social » et pour la démission du premier ministre Charles Michel. Comme en France l’appel à manifester a été lance via les réseaux sociaux. En scandant « le peuple c’est nous, Charles Michel tu es fini » les manifestants se dirigeant vers les institutions européennes installées en Bruxelles où ils ont été réprimées par des canons à eus sous le prétexte préféré du gouvernement et de ses flics : les casseurs. De même, depuis le 16 novembre, de nombreux blocages de routes et des dépôts de carburant ont été organisés tout à la longue du pays, ce qui a fini pour entrainer la pénurie de carburant dans plusieurs stations de service.
Du côté des Pays-Bas, ce samedi, plusieurs centaines de gilets jaunes se sont manifesté devant le parlement à la Haye contre la vie chère et la difficulté à boucler leur fin de mois. Au même moment, un groupe d’une cinquantaine de « gilets jaunes » bloquait l’autoroute A2. Même si la mobilisation reste encore initiale, celle-là commence à prendre de l’ampleur comme en témoigne le nombre d’adhérents sur la page facebook : avant la manifestation du samedi ils étaient 2000, ce lundi déjà 12000.

En Bulgarie, le pays les plus pauvres de l’Union Européenne, depuis le 19 novembre, plusieurs milliers de personnes, parmi lesquelles beaucoup avec des gilets jaunes, bloquaient les principaux axes routiers et les postes-frontières avec la Turquie et la Grèce pour protester contre l’augmentation du prix du carburant. Depuis lors, de centaines de manifestants s’organisent pour bloquer la circulation à la capitale du Pays, Sofia.

Le cas Allemand est particulier. L’extrême droite cherche à capitaliser sur le raz-bol généralisé et a cru trouver une bonne manière de le faire en s’habillant avec le gilet jaune et tentant de détourner la colère populaire contre les migrants. Ce samedi, plusieurs organisations d’extrême-droite, parmi lesquelles Pegida, a appelé à manifester devant la Porte de Brandebourg contre la mesure approuvée la vielle par le Bundestag : le pacte des Nations Unies « pour des migrations sures ordonnés et régulières ». Comme l’exprimait un manifestant interviewé, il s’agit de « finir avec les politiques inconséquentes qui donnent tous les droits aux étrangers alors que les européens de souche sont traités comme des citoyens de seconde ».

La manœuvre de l’extrême droite est simple, alors que les travailleurs et les classes populaires se révoltent contre la vie précaire qui lui imposent les classes dominantes par le biais de la caste politicien et les institutions d’Etat, l’extrême droit cherche à sauver ces derniers en détournant la colère vers les migrants.

 
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