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Mobilisation anti-raciste à New-York : 1300 manifestants menacés de prison ou d’amendes

À New-York, près de 1 300 personnes manifestantes sont dans le collimateur de la justice pour être sorties après 20 heures, heure du couvre-feu. Cette situation démontre l'hypocrisie du Parti démocrate, qui gouverne la ville et prétend être un relai politique du mouvement Black Lives Matter.

mercredi 15 juillet

 Crédits photo : AFP 

Cet article a été traduit et adapté à partir d’un article de Maria Aurelio dans Left Voice, notre journal-frère aux États-Unis. 

Il y a quelques semaines, la colère contre le meurtre raciste de Geroges Floyd s’étendait comme un feu sauvage au sein de la première puissance impérialiste. Entre le 28 mai et le 7 juin, ce sont 2 087 manifestants qui ont été arrêtés par la police dans la seule ville de New-York. Les démocrates, qui tiennent la ville, ont décrété le couvre-feu dès la première semaine de juin pour faire face aux manifestations. Ce couvre-feu est historique puisque c’est le premier à être mis en place à New-York depuis près de 75 ans.

Cette situation met d’ailleurs en lumière l’hypocrisie du discours des démocrates, qui voudraient capitaliser sur le mouvement contre le racisme structurel à échelle nationale et se prononcent pour une « réforme de la police » en ce sens. En réalité, ils s’emploient à combattre et à réprimer le mouvement dans les villes et états qu’ils gouvernent. L’exemple de New-York avec son gouverneur démocrate Andrew Cuomo et ses 2 087 arrestations est à ce titre plus qu’illustratif.

Depuis lors, près de 1 300 personnes ont été inquiétées par la justice pour être sorties après 20 heures et sont contraintes de payer une amende de 500 dollars ou de passer un certain temps en prison. Ces arrestations concernent des manifestants qui étaient dans la rue après 20 heures pour montrer leur colère face à l’impunité policière et le racisme d’Etat.

Alors que ces manifestants ont écopé d’amendes pour le simple fait d’être sortis après 20 heures, les policiers racistes et meurtriers sont en toute liberté. À New-York, les forces de l’ordre ont très durement réprimé les manifestants par des passages à tabac, des jets de gaz lacrymogène ou encore en fonçant dans les manifestants avec leur voiture de service.

Dans d’autres villes, les policiers on éborgné plusieurs manifestants et ont aussi fait plusieurs morts, pourtant ils ne sont inquiétés par aucune amende ou peine de prison. Le caractère de classe et à double vitesse de la justice est démontré par cette situation.

D’ailleurs, ces arrestations de manifestants ont elles-mêmes un caractère raciste. En effet selon un rapport statistique en fonction des origines ethniques, 16% de ces 2 087 arrestations concernent des personnes noires américaines, 8% pour les latinos et moins de 4% pour les blancs et asiatiques.

Ainsi, l’acharnement d’abord policier puis judiciaire contre les manifestants de Black Lives Matter aux États-Unis s’intensifie et dévoile la profondeur du racisme structurel de ce pays. Face à ces arrestations, nos camarades du quotidien américain Left Voice militent pour la solidarité envers ces manifestants arrêtés et défendent la nécessité de « se battre ensemble pour faire annuler toutes les charges immédiatement ».

Cette réalité n’est pas présente qu’aux États-Unis. En France, la police se rend régulièrement coupable de violences racistes et les militants qui se lèvent contre cette oppression sont fortement réprimés – comme l’illustrent les nombreuses attaques judiciaires contre la famille Traoré en France. En France également, le mouvement antiraciste a pris une ampleur inédite ces derniers mois et vise à se poursuivre, notamment avec un rendez-vous à Beaumont-sur-Oise le 18 juillet.




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