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Du Pain et des Roses

Justice patriarcale

10 ans de prison pour avoir tué son conjoint qui la violait. Exigeons la relaxe pour Alexandra Richard en appel !

Le procès en appel d’Alexandra Richard s’est ouvert hier aux assises de l’Eure. Condamnée à 10 ans, pour avoir tué son agresseur, Alexandra Richard est victime d'une double peine de la justice patriarcale ! Exigeons la relaxe totale !

mercredi 20 octobre

Crédits photo : Osez le féminisme

 Le mardi 19 octobre2021, s’est ouvert le procès en appel aux assises de l’Eure pour le jugement de Alexandra Richard. Elle avait été condamnée l’année dernière à 10 ans de prison,pour avoir tiré un coup de feu sur son compagnon  : ces faits datent du 16 octobre 2016, alors que l’homme la menacait de mort. Comme le rapporteSud-Ouest, lors du procès Alexandra Richard a expliqué qu’elle n’avait pas l’intention de tirer avec le fusil mais que « c’était une arme de dissuasion.

Je voulais (...) m’enfuir avec mes enfants ». En effet, son compagnon était un homme très violent qui l’insultait, la battait et la violait. Un article de BFMreporte la déclaration de hier prononcée par Alexandra Richard aux assises :"violences, insultes, peur. J’étais son objet", explique-t-elle encore depuis son box vitré, avant d’ajouter : "il me violait". Cette affaire démontre une fois de plus l’inaction de la police face aux violences sexistes et sexuelles et le caractère patriarcal de la justice bourgeoise. En janvier2016, c’est-à-dire 9 mois avant les faits, Alexandra Richard avait déposé plainte contre son agresseur pour dénoncer les violences dont elle était victime :celle-ci avait abouti à une médiation pénale. Le procureur avait donc pris la décision de ne pas poursuivre l’agresseur, mais de résoudre le conflit à l’amiable. Aucune autre mesure, dont la confiscation des armes de l’homme, n’a été prise à ce moment : une telle disposition aurait peut-être évité que cette femme en arrive à tuer son compagnon afin de se protéger elle-même et de protéger ses enfants.

En ce qui concerne le traitement judiciaire du procès contre Alexandra Richard, celui-ci n’a pas pris en compte dans ses décisions les violences dont elle était la victime. Maitre Capitaine (avocate des parents du compagnon de Alexandra Richard ) a soutenu que : « on est sur le terrain de l’homicide volontaire. Il n’y a pas de légitime défense. Il n’y a pas une agression au moment précis où elle tire ». A ces propos, le conseil ajoute que « il faut que la riposte soit proportionnée à l’agression ». Or, les agressions dont Alexandra Richard a été victime ont eu un poids important, qui ne peut pas être ignoré,sur ses agissements du 16 octobre 2016. En effet, nombreuses sont les victimes de violences sexistes et sexuelles qui développent des troubles du stress post-traumatique ce qui peut altérer leur réaction et causer des réponses très violentes. La non-prise en compte de la part de la Justice de ce genre de circonstances montre le caractère patriarcal de cette institution, qui n’est pas formée à traiterdes cas de violences faites aux femmes et qui ignore la chaîne de violences engendrée par l’oppression sexiste. Le caractère systémique de ces violences est remarquable par le nombre d’affaires similaires à celle d’Alexandra Richard, qui partagent toutes un fonctionnement très similaire.

C’est le cas del’affaire Kelly,qui avait été tué involontairement un homme qui la harcelait après avoir été agressée la veille, ou la plus connue affaire Valérie Bicot. Ce genre de faits montre la double peine que fait peser la Justice patriarcale aux femmes victimes de violences. De nombreux témoignages fleurissent sur les réseaux pour dénoncer les réactions sexistes des policiers lorsque des victimes de viol portent plainte, et résonnent avec les mots de Valérie Bacot qui l’affirmait devant Schiappa et la police " « J’ai beaucoup de rancœur envers les gendarmes ». La justice et la police veulent faire taire les victimes, et va jusqu’à les condamner lorsqu’elles se défendent ! Pour exiger la relaxe totale pour Alexandra Richard et toutes les victimes de la justice patriarcale, organisons nous en indépendance de l’Etat et ses institutions patriarcales !