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Notre classe

Bras de fer face au géant pétrolier

10 bonnes raisons de soutenir la grève des raffineurs de Grandpuits face à Total !

A la raffinerie Total de Grandpuits, l’année 2021 démarre en lutte ! Les salariés sont en grève reconductible depuis ce lundi 4 janvier contre la destruction de 700 emplois. Retour sur ce combat qui nous concerne toutes et tous en 10 raisons de le soutenir !

mercredi 6 janvier

Crédit photo : Révolution Permanente.

1. Démasquer le greenwashing de Total

Le géant de l’industrie pétrolière et gazière affirme aujourd’hui vouloir stopper l’activité de la raffinerie dans une perspective écologique. Pourtant leur but est de délocaliser la production dans des pays du Sud où les normes salariales et environnementales sont beaucoup moins strictes. Total n’en n’a que faire de l’écologie, derrière cet argument, le seul intérêt est en réalité d’augmenter leurs profits sur le dos des travailleurs et sans se soucier de l’environnement, bien au contraire. Rappelons que Total est l’une des entreprises les plus polluantes de la planète.

2. Parce que lutter aux côtés des raffineurs c’est aussi lutter contre l’impérialisme de Total qui exploite les populations en Afrique et pille leurs terres

Total est l’une des principales multinationales françaises, qui tire ses gigantesques profits de l’exploitation des terres et des sous-sols dans de nombreux pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Amérique Latine. Les activités du groupe ont des conséquences humaines et environnementales désastreuses. Le récent mégaprojet de Total en Ouganda qui permettrait d’exploiter 1,4 milliards de barils de pétrole et va détruire toute une région ainsi que l’eau, la terre et les récoltes des populations locales en est un exemple criant. Avec ce projet ce sont près de 100 000 personnes qui seront victimes de déplacements forcés. Derrière le discours patronal sur l’écologie, c’est donc en réalité l’impérialisme des multinationales le plus mortifère qui se cache.

3. La transition écologique ne peut pas être laissée entre les mains de Total !

Si les travailleurs dénoncent le greenwashing de Total, la CGT Grandpuits reconnaît l’importance de poser la question de la transition écologique. Mais à condition, précisément, de ne pas laisser celle-ci entre les mains de grandes multinationales qui s’en servent comme un prétexte pour des attaques contre les travailleurs. A contrario du greenwashing de Total, la CGT Grandpuits s’est ainsi liée à des organisations écolos comme Greenpeace ou Les Amis de la Terre, ainsi qu’à l’ensemble des organisations réunies dans le collectif « Plus jamais ça ».

« Nous nous engageons aujourd’hui : à soutenir la lutte des raffineurs de Grandpuits contre le plan social et le faux plan de conversion « zéro pétrole » de Total, y compris si cela nécessite le maintien pendant quelques années encore des activités de raffinage ; à mobiliser toute l’expertise de nos organisations pour construire, avec les salarié·es de Grandpuits, les habitant·es de Seine-et-Marne et l’ensemble du tissu économique touché par les annonces de Total, un véritable plan de reconversion, juste et écologique, avec zéro suppression d’emploi. » notent ces organisations dans la tribune qu’elles ont publié en soutien à Grandpuits !

4. Une bataille pour l’emploi, les conditions de travail et pour sauver le bassin économique local

La direction de Total affirme qu’il n’y aura aucun licenciement alors même que l’entreprise va mettre 500 salariés sous-traitants de l’usine à la porte et que la plupart des contrats à durée déterminée et des intérimaires ne seront pas reconduits. Face à ce mensonge nous soutenons les travailleurs qui refusent le licenciement de fait d’une grande partie de leurs collègues de travail. Parmi les 200 salariés de chez Total qui vont faire les frais des suppressions d’emplois, ceux qui ne voudront pas être mutés seront probablement mis « au placard », c’est-à-dire qu’ils se retrouveront sans missions, sans tâches déterminées et en deçà de leurs qualifications avec à la clé des acquis revus à la baisse, jusqu’à ce qu’ils partent, démoralisés et cassés.

C’est aussi une catastrophe locale qui s’annonce. La suppression de ces 700 emplois va impacter le tissu économique local et provoquer la disparition d’emplois induits par la présence de l’usine : boulangerie, magasins alimentaires, restaurants, bars, cafés. D’autant que la présence de la raffinerie de Grandpuits était une des rares possibilités de trouver un emploi stable et supérieur au SMIC dans la région. Derrière le mythe d’une reconversion sans conséquences sociales, c’est un véritable Bridgestone déguisé que promet Total !

5. Chaque année, Total reverse des milliards à ses actionnaires. De l’argent il y en a !

Total est un géant mondial de l’industrie, une entreprise en pleine forme qui engrange des milliards de profits. Troisième capitalisation du CAC 40, Total est une des entreprises françaises les plus puissantes, qui octroie chaque année plusieurs milliards d’euros à ses actionnaires. Comme le rappelait Adrien Cornet de la CGT Grandpuits : « Total verse 7 milliards de dividendes en 2020, tout en prenant des milliards d’aides d’État, et veut faire croire qu’ils sont dans la misère alors que les salaires des PDG de ces mêmes entreprises augmentent.

Ils le savent et s’en saisissent : 200 suppressions d’emplois direct à Grandpuits, 500 chez les sous-traitants, 694 dans les sièges sociaux via un plan de départ volontaire. Ces suppressions d’emploi n’ont rien à voir avec la transition écologique, c’est juste réduire la masse salariale, pour optimiser la rentabilité à court-terme, plutôt que penser le bien être des salariés. »

6. Empêcher un nouveau Lubrizol

Si Total profite de la reconversion du site pour supprimer des emplois, cette stratégie va de pair avec la mise à mal de la sécurité industrielle. En effet, le plan de Total cherche à tirer vers le bas les emplois liés à la sécurité du site. « Même sur le terrain de la sécurité, la direction cherche à grappiller des profits : ils veulent mettre un seul pompier dans le service sécurité quand il y en a minimum trois dans les autres usines de ce type. C’est ce type de politique qui peut aboutir à de nouveaux Lubrizol dans des sites comme celui-ci » note ainsi la CGT Grandpuits, en référence à la catastrophe industrielle survenue à Rouen l’année dernière.

7. Une grève auto-organisée

Si les organisations syndicales jouent un rôle important dans le combat, ce sont les salariés qui sont en train de prendre en main leur lutte. Déjà, le 17 décembre dernier, les raffineurs avaient spontanément refusé de dégazer les installations et s’étaient mis en grève. De même, ce lundi 4 janvier, ce sont les travailleurs des équipes de nuit et du matin qui ont décidé en AG de se lancer dans la grève reconductible autour de revendications discutées collectivement. A partir de maintenant ce sont donc les assemblées générales qui trancheront les suites du mouvement pour assurer un véritable contrôle des travailleurs sur leur lutte.

8. Une grève qui peut être le pilier d’une riposte d’ensemble contre les vagues de licenciements

Une nouvelle fois, les ouvriers seront les grands sacrifiés de la crise accélérée par l’épidémie. La crise sanitaire et économique qui se profile ouvrira pour les patrons des entreprises la voie aux licenciements et autres attaques contre les conditions de travail, comme on peut déjà le voir dans l’aéronautique et l’automobile. Dans ce cadre, les luttes sont encore trop rares contre les suppressions d’emploi et il s’agit de soutenir tous ceux qui se soulèvent, refusant l’illusion du dialogue social et cherchant à construire le rapport de forces.

En ce sens, la lutte de Grandpuits pourrait constituer un exemple dans la période d’une stratégie offensive contre les attaques patronales. Un exemple inspirant pour tous ceux qui refusent la résignation, et qui devra aller de pair avec une coordination de l’ensemble des secteurs en lutte contre les licenciements et les suppressions d’emplois, qui prendront notamment la rue le 23 janvier à l’appel des TUI France.

9. Les travailleurs de Grandpuits ont été de tous les combats !

Les salariés de Grandpuits ont répondu présent aux rendez-vous des dernières grandes mobilisations contre les projets de lois néo-libéraux qui visaient à précariser davantage l’ensemble des travailleurs et de la jeunesse. Symbole de la lutte contre la réforme des retraites de Sarkozy en 2010, les raffineurs de Grandpuits ont été à l’avant-garde de la lutte contre la réforme des retraites de Macron et son gouvernement.

Ils avaient décidé de se mettre en grève sans compter les jours et de se mobiliser aux côtés des autres secteurs, cheminots et traminots en tête. Nous devons les soutenir dans la bataille pour 0 suppression d’emploi.

10. Pour les soutenir, c’est simple !

Aujourd’hui c’est eux qui ont besoin de nous et de tout notre soutien pour faire plier Total !

Donner un coup de main, c’est simple. Vous pouvez vous rendre sur leur piquet de grève à la raffinerie de Grandpuits, y apporter de quoi manger, ou tout simplement venir discuter sur leur combat. Vous pouvez donner à la caisse de grève, qui permettra aux salariés de tenir le plus longtemps possible face au géant pétrolier Total. C’est le nerf de la guerre ! Enfin, vous pouvez diffuser et relayer les informations sur la grève, en suivant la page des raffineurs en lutte et en relayant les articles de Révolution Permanente et toutes les informations sur la grève !




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