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Notre classe

Grève pour les salaires !

10 novembre : en grève pour nos salaires, mais les journées isolées ne suffiront pas !

Après une journée en septembre, deux en octobre, la CGT appelle à se mobiliser une nouvelle fois ce 10 novembre. Une journée qu’il faut investir pour donner une continuité à la colère qui gronde au sein du monde du travail. Mais pour réellement obtenir des hausses de salaires, il faudra bien plus qu’une nouvelle journée de grève isolée.

jeudi 10 novembre

La CGT appelle à la grève interprofessionnelle ce jeudi 10 novembre. Dans la continuité de la journée du 27 octobre, cette nouvelle date de mobilisation est convoquée pour prolonger la lutte pour l’augmentation des salaires et contre la réforme des retraites que le gouvernement est bien déterminé à nous imposer.

La colère gronde à la base à la RATP

La mobilisation du 10 novembre est « adossée » à la journée « zéro métro zéro RER » appelée à la RATP par une intersyndicale large. A l’appel de la CGT, de FO, du syndicat La Base, de l’Unsa et de Solidaires, les grévistes du métro et du RER devraient être nombreux à se mettre en grève pour des revalorisations de salaire dont ils n’ont pas vu la couleur depuis des années.

Et les raisons de se mobiliser ne manquent pas à la RATP. Entre menaces de privatisation accélérée, dégradation permanente des conditions de travail, démissions en chaîne et la promesse d’avoir comme patron Jean Castex sur fond d’augmentation du prix du passe Navigo, l’ensemble pourrait constituer un terreau fertile à l’émergence d’une importante colère à la base.

Aussi, l’un des enjeux de cette journée du 10 novembre se situe sur le front des transports publics, notamment en Ile de France. Une journée de grève très réussie de la part du secteur qui a joué un rôle clé dans la bataille pour la réforme des retraites pourrait, si elle donnait lieu à des suites, constituer un point d’appui, dans la lutte pour les salaires.

Tirer le bilan du 27 octobre : il nous faudra bien plus que des journées isolées !

On ne peut cependant aborder cette journée du 10 novembre sans tirer un bilan sérieux du 27 octobre. Organisée pendant les vacances scolaires, cette journée a constitué un échec important et réuni à peine plusieurs milliers de personnes dans toute la France. Alors que la colère existe très largement dans le pays, et que localement, comme en témoigne grève illimitée des Géodis pour leurs salaires, des luttes sont toujours en cours, la faible mobilisation du 27 a démontré que, bien loin de maintenir une « dynamique », la multiplication des journées isolées, sans préparation, ne permet pas de construire un rapport de force.

De ce point de vue, la division du front syndical qui s’exprimera ce 10 novembre est tout aussi problématique. FO, une fois de plus, ne participera pas. La FSU et Solidaires se satisfont d’appeler à la mobilisation non pas nationalement mais uniquement par leurs antennes locales. Les deux syndicats estimant (selon le site Rapport de Force) que la séquence pour un mouvement d’ampleur sur les salaires est terminée. Une position problématique qui, loin de questionner l’absence de plan de bataille pour généraliser la reconductible, fait reposer une nouvelle fois la responsabilité sur les travailleurs à la base.

Malgré les limites donc de cette journée de mobilisation, il faut chercher à s’en saisir. Non pas pour se bercer d’illusion sur l’efficacité d’une nouvelle journée isolée, mais pour interpeller la direction de la CGT et batailler afin qu’une autre orientation émerge.

Rompre avec le « dialogue social !

Cela suppose de rompre avec toute illusion dans le « dialogue social ». De son côté, pour préparer la mobilisation, Philippe Martinez n’a rien trouvé de mieux que de retourner à la table des négociations avec le MEDEF. Alors que la CGT avait « suspendu » un temps sa participation aux concertations à la suite des réquisitions décidées par le gouvernement en direction des raffineurs, la direction de la confédération renoue ouvertement avec la négociation à deux jours du 10 novembre. Or, une telle politique ne peut que démobiliser les travailleurs.

La question est simple. Comment les travailleurs pourraient-ils se préparer au combat quand leurs dirigeants se préoccupent bien plus de négocier la régression sociale avec le MEDEF ou le gouvernement ? Loin de tout « dialogue social », la tension devrait être à la préparation de cette journée en appelant les travailleurs à s’organiser à la base.

Il faut le redire. Nous n’avons rien à négocier avec ceux qui ont cherché à briser la grève des raffineurs, qui veulent en finir avec l’assurance chômages et nos retraites. Pour imaginer un plan de bataille, la première chose à faire est de quitter définitivement la table de toutes les négociations !

Imposer une grève massive de 48h

Loin des journées isolées, il est plus que temps de poser la question d’un plan de bataille pour regrouper l’ensemble des forces et des secteurs du monde du travail. Un plan qui cherche à dépasser les corporatismes et les divisions syndicales et qui s’inspire de la voie montrée par le mouvement des raffineurs, celui de la reconductible.

Pourtant, ce n’est aucunement ce qui préoccupe réellement les directions syndicales qui sont polarisées par les élections professionnelles, début décembre dans la fonction publique. Or, c’est d’abord et avant tout en démontrant son utilité et son efficacité en tant que direction à même de proposer une stratégie permettant d’obtenir des victoires que des votes se gagneraient.

Aussi, les directions syndicales devraient au contraire s’atteler dès maintenant à la construction d’un réel rapport de force qui ne pourra pas passer par des grèves de 24 heures espacées de plusieurs semaines. Il s’agirait de poser les bases d’une grève reconductible de 48h pour que les travailleurs puissent se retrouver dans les AGs, chercher à construire à la base le mouvement et convaincre les collègues à partir en reconductible.

Deux mots d’ordre sont dans toutes les têtes des travailleurs : l’indexation des salaires sur l’inflation et l’augmentation générale des salaires. Arracher 400€ par mois aujourd’hui en plus sur toutes les fiches de paye est une nécessité vitale pour laquelle il pourrait être possible d’unifier les travailleurs dans une perspective de combat. L’enjeu est d’importance. Une victoire sur l’augmentation des salaires et un renforcement du rapport de force face aux patrons et au gouvernement serait la meilleure des manières de préparer la riposte face à la réforme des retraites qui vient.



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