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Politique

En pleine cinquième vague

100 euros de prime pour les infirmiers en réanimation : la dernière provocation du gouvernement

Jean Castex a annoncé le versement d’une prime de 100 euros au personnel infirmier des services de soins critiques et de réanimation. Une annonce qui se veut en réponse à la détresse et à la colère des soignant.e.s et qui n’est rien d’autre qu’une miette ridicule et méprisante bien en deçà des exigences et des besoins.

mardi 28 décembre 2021

Crédit photo : AFP

Dans le cadre de la visite d’un service de réanimation à Créteil, le Premier Ministre a annoncé le versement d’une prime mensuelle de 100 euros à tou.te.s les infirmier•ère•s des services de soins critiques et de réanimation, à partir de janvier 2022. Comme le rapporte France Info , Castex a précisé que cette décision faisait suite à un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales, et que cette prime était "l’une des mesures fortes que propose ce rapport" ! Une déclaration ridicule, provocante –et inquiétante- au vu du montant de cette prime et des réelles attentes du personnel soignant.

Dans un entretien accordé à France Info Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat national des personnels infirmiers, insiste sur le caractère insuffisant et ridicule de la mesure est insuffisante, et rappelle que c’est “[...] l’ensemble des infirmiers qui sont sous-payés en France". En plus de ne pas toucher l’ensemble des infirmier.e.s et du montant dérisoire, il faut également souligner que cette prime est nécessairement ponctuelle : il ne s’agit pas d’un réel changement que pourrait incarner une augmentation de salaires, et ce montant ne sera donc pas pris en compte lors du calcul des retraites.

En réalité, ce qui sonne comme une provocation, en total décalage avec les exigences, est une tentative calamiteuse de répondre à la détresse et la colère qui traverse la profession, qui tirait déjà la sonnette d’alarme sur les conséquences de la casse de l’hôpital public et sur leurs conditions de travail qui se sont considérablement dégradées depuis le début de la crise. Lors de leurs dernières mobilisations, ces travailleur•euse•s de la première ligne exigeaient de vraies mesures tant sur les conditions de travail que pour les moyens à l’hôpital, conscient•e•s que les deux sont intrinsèquement liées : embauches massives en CDI, augmentation des salaires, ouverture de lits, investissement dans les infrastructures étaient alors au cœur de leur lutte. Le démarrage d’une “grève illimitée” au CHU de Rouen le 27 décembre pour protester “contre la dégradation des conditions de travail et le manque de moyens humains et matériels” est la dernière illustration en date de cette colère. Un chemin à suivre pour imposer de réelles mesures et des moyens à la hauteur de la nouvelle vague qui s’annonce.



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