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Ecologie

Mobilisation pour une « vraie loi climat » : rien à attendre du gouvernement, continuons à construire le mouvement !

Ce dimanche, 110 000 personnes manifestaient dans toute la France pour une « vraie loi climat ». Issu des propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat, le projet de loi fait son entrée à l'Assemblée ce lundi.

mardi 30 mars

Crédits photo : Révolution Permanente

Ce lundi 29 mars, le projet de loi climat et résilience entre en discussion, pour 3 semaines, à l’Assemblée Nationale. Ce texte issu des 149 propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat réunit 126 articles autour de 6 grands chapitres : consommer, produire et travailler, se déplacer, se loger, se nourrir et renforcer la protection judiciaire de l’environnement. Au début du mois, les membres de la convention ont donné une note très salé à ce projet de loi, ils reprochent au gouvernement de n’avoir presque pas tenu compte de leurs propositions et de manquer de motivation et d’intérêt pour mener la transition écologique.

Les membres de cette convention citoyenne ne sont pas les seuls à être déçus par ce projet de loi. La population et les mouvements écolo ont aussi montré leur déception face à ce projet de loi en sortant dans la rue. Ce dimanche, ce sont près de 110 000 personnes à travers la France qui se sont retrouvées pour revendiquer une “vraie loi climat”. 187 rassemblements étaient prévus à travers la France, appelés par de nombreux collectifs écolo comme Les Amis de la Terre. Des jeunes, des militants écologistes mais aussi des travailleurs, comme les raffineurs de Grandpuits se sont retrouvés dans la rue. C’est une véritable démonstration du mouvement écolo qui ne cesse d’alerter sur l’urgence climatique.

Au sein de l’hémicycle, la loi fait également débat : 450 amendements de suppression d’articles ont été déposés suite à la commission qui précède l’arrivée à l’Assemblée Nationale. Si la droite prône une écologie plus libérale en souhaitant avant tout préserver la liberté d’entreprendre, la gauche accuse le gouvernement de faire moins que le minimum : "Elle ne comporte pas les mesures concrètes qui sont à notre portée et que vous avez décidé de ne pas prendre, ce qui compte c’est moins ce que vous proposez de faire que ce que vous décidez de ne pas faire”, a déclaré Jean-Luc Mélenchon lors de son discours ce lundi à l’Assemblée Nationale.

Cependant, ce premier projet de loi, qui a tant déçu, est un exemple direct du fait que nous ne pouvons pas faire confiance au gouvernement pour produire une loi qui soit à la hauteur de la lutte contre le réchauffement climatique. La Convention Citoyenne pour le Climat est l’illustration d’un problème structurel, le gouvernement est incapable de produire une loi à la hauteur car il n’a pas les mêmes intérêts que la population. De fait, Jean-René Cazeneuve député La République en marche (LRM) et rapporteur général du projet de loi s’est exprimé ainsi :« Nous voulons une écologie de progrès mais pas une écologie qui casse la croissance économique, ou qui mettrait une industrie la tête sous l’eau ». Il est clair que les intérêts défendus sont ceux d’une course au profit et non pas d’une vraie transition climatique, qui coûterait beaucoup trop cher.

Par ailleurs, même si un gouvernement rédigerait une loi qui semble à la hauteur de la crise climatique, la pression des grandes entreprises serait trop forte pour que la loi soit maintenue et appliquée. C’est le cas de la loi sur les néonicotinoïdes, pesticide utilisé principalement dans les plantations de betteraves à sucre. Après que plus de 1 220 études prouvent la grande nocivité de ce produit, une loi a interdit ce produit en 2016. En juillet 2020, date à laquelle toute utilisation devait être éradiquée, Monsanto et d’autres lobby du sucre sont parvenus à changer la loi pour poursuivre tranquillement leurs profits. Illustrant ainsi parfaitement le poids de l’industrie sur les lois et les gouvernements.

Nous ne pouvons pas faire confiance aux différents gouvernements pour mettre en place une véritable transition écologique. C’est avec ceux qui ont les mêmes intérêts que la population que nous devons mener cette transition écologique. Ceux qui connaissent l’outil de travail et qui sont les premières victimes de cette gestion par le profit de la crise climatique. C’est en ce sens que Adrien, raffineur à Grandpuits dans le 77 s’est exprimé dimanche lors de la manifestation parisienne : “Nous travaillons dans une raffinerie car c’est le seul moyen que nous avons trouvé pour nous éloigner de la précarité, ça n’est pas par plaisir que nous respirons du pétrole, que nous travaillons jour et nuit en nous éloignant de nos familles” ; “Il est nécessaire que la jeunesse et que le mouvement écolo rejoignent les ouvriers qui ont dans leurs mains les moyens de production qui peuvent les paralyser, imposer un rapport de force au patronat et leur faire comprendre que la transition écologique c’est maintenant”

La présence de raffineurs, aux côtés des écolos, comme certaines associations dont les Amis de la Terre ou Greenpeace étaient présents lors de la grève de Grandpuits, montre à quel point la lutte contre la précarité, contre les licenciements est la même lutte que celle pour une transition écologique viable. Fin du monde, fin du mois = même système même combat !




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