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Politique

Mépris des travailleurs et destruction du service public

120 000 fonctionnaires en moins. Macron affiche ouvertement sa politique de droite

« Ni de droite, ni de gauche ». C’est ainsi que le dirigeant de « En Marche ! » cherchait à se présenter depuis le début de la campagne. Et comme bien souvent, « ni de droite, ni de gauche », c’est bien... de droite. Le programme qu’il vient de présenter en ce qui concerne la fonction publique en est bien une nouvelle preuve, sur fond de reprise, aux slogans près, des mesures fétiches des Républicains.

vendredi 24 février 2017

Marah Macna

120 000 suppressions de poste et logique managériale

C’est sur Twitter qu’Emmanuel Macron a notamment explicité son projet : « 500 000 fonctionnaires vont partir à la retraite. Sur la fonction publique d’État et territoriale, 120 000 ne seront pas remplacés ». Il précise que 70.000 de ces suppressions de poste se feront dans les collectivités territoriales, et 50 000 dans la fonction publique d’Etat. Des chiffres qui, s’ils sont moins élevés que ceux de Fillon, poursuivent la même logique : le service public coûterait « trop cher à l’Etat ». Une beau mensonge de la part de celui qui revendique la quasi-suppression de l’ISF et la poursuite de la logique du CICE, c’est à dire une succession de cadeaux pour les plus riches et les patrons

Il exclu néanmoins de son calcul de suppressions de poste la fonction publique hospitalière. La « gentillesse » de Macron à son égard ne peut qu’être mise en lien avec la colère dont les travailleurs de la santé ont fait preuve ces derniers mois contre les coupes budgétaires et le manque de postes, et qui s’exprimera sans doute dans la rue lors de la mobilisation interprofessionnelle du 7 mars. Cela signifie-t-il pour autant que le candidat « anti-système » voudrait rompre avec les logiques managériales tant critiquées notamment dans la fonction publique de la santé ? Loin de là.

Paiement au mérite et jours de carence

En plus de son programme de suppressions de postes, Macron propose « d’encourager le paiement au mérite ». Une mesure qui dans les faits est déjà appliqué dans certains secteurs par l’intermédiaire des primes, et qui ne vise qu’une chose : mettre en concurrence les travailleurs, entre collègues, entres services... Pour le candidat libéral, c’est un moyen de ne pas répondre aux problèmes brûlants des bas salaires : plutôt que de vous plaindre contre le gel des salaires, soyez plus « méritant » que votre collègue ! Sur le plan idéologique, cette mesure surfe par ailleurs aussi sur l’idée chère à la droite décomplexée que les fonctionnaires seraient « suspects » de ne pas travailler. Dans le même ordre d’idée, il explique que « le statut des fonctionnaires ne sera pas remis en cause, mais il sera modernisé. ». ...Tout autant qu’il veut « moderniser » le code du Travail en le remettant en cause ?

… Et comme tous les autres, toujours plus de flics

Mais comme dans tous les autres programmes présentés par les « grands candidats » de 2017, il y a bien un secteur pour lequel l’« anti-système » ne propose pas de suppression de poste, bien au contraire : la police. Il propose en effet de « créer 10.000 emplois nouveaux dont 7.500 dans la police et 2.500 dans la gendarmerie ». Cette proposition figure parmi les propositions de création d’effectifs parmi les plus hauts, à égalité avec Mélenchon : démanteler encore un peu plus le service public, au détriment des usagers et de ceux qui y travaillent, au service de la répression et du tout-sécuritaire. A droite toute !




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