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Notre classe

1200 médecins hospitaliers démissionnent de leurs fonctions administratives contre la casse du service public

Depuis des mois, de nombreux travailleurs hospitaliers, se sont mis en grève pour protester contre leurs conditions de travail et demander plus de moyens, notamment aux urgences. Les hospitaliers se sont également joints au combat contre la réforme des retraites et leur colère ne faiblit pas. De fait, la crise qui traverse les hôpitaux semble loin d’être refermée alors que 1200 médecins hospitaliers ont décidé de démissionner de leurs fonctions administratives.

mardi 14 janvier

Crédits photo : Loïc Venance. AFP

Ce mardi 14 janvier, 1200 médecins hospitaliers, membres du Collectif inter-hôpitaux, ont décidé de ne plus exercer leurs fonctions administratives, fonctions qui leur avait été rajoutées avec les réorganisations dans la Santé. Elles consistaient notamment, comme l’explique Alain Devidas pour l’Express, en la prise en charge « de réunions organisationnelles, d’accréditations, de rapports en tous genres, de gestion, du comptage du temps de travail... ». Des tâches nouvelles qui avaient été attribuées aux chefs de service et qu’ils ont décidé de ne plus exercer après huit mois de lutte intensive contre un gouvernement sourd à leurs demandes.

Huit mois de crise à l’hôpital

Depuis huit mois, le collectif inter-hôpitaux en commun avec le collectif inter-urgence se bat pour sauver l’hôpital public de sa destruction, sans aucune considération à la hauteur de l’enjeu de la part de la ministre de la Santé : Agnès Buzyn. Après des grèves intenses dans les urgences - même si jamais totales car les hospitaliers ne peuvent pas laisser leurs patients sans soins - de nombreuses apparitions dans la rue et des actions coup de poing, ils n’ont toujours pas obtenu de réponses qui permettraient de sortir l’hôpital de la crise qu’il traverse. Comme l’expliquait une infirmière en décembre, « L’hôpital brûle »

On se souvient de l’apparition des hospitaliers lors de la manifestation du 17 décembre, en tenues, autour de chants et de danses pour faire entendre leurs revendications en commun avec celles des grévistes qui se battent contre la réforme des retraites. Dès novembre, des hospitaliers témoignaient pour signifier leur mécontentement face aux annonces d’A. Buzyn et lui retourner son mépris. A coup de primes ridicules et de mise en compétition des travailleurs, A. Buzyn pensait avoir résolu le problème, mais les hospitaliers lui répondent aujourd’hui que c’est loin d’être le cas.

Des revendications toujours d’actualité

Dans une lettre à Agnès Buzyn, republiée par Libération , les membres du collectif inter-hôpitaux ont donc réaffirmé leur volonté d’une refonte en profondeur de l’hôpital public et leur attachement au service public de santé, aujourd’hui de plus en plus en danger à cause des coupes budgétaires importantes des années passées et des réformes successives. Ils demandent la revalorisation des salaires, la fin des économies permanentes, la mise en place de moyens, ainsi que la « révision du mode de financement » vers « une cogestion effective médico-administrative disposant d’une réelle autonomie grâce à une rénovation de la gouvernance impliquant médecins et gestionnaires, personnels et usagers ».

Pour montrer leur « profonde déception face à l’insuffisance du plan d’urgence » et pour une réforme de l’hôpital qui soit au service des patients et qui permette de conserver la gratuité pour tous du système de santé, les hospitaliers ont décidé d’une nouvelle action de coup de poing et 1200 médecins, chefs de service, ont déposé leur démission administrative jusqu’à nouvel ordre. Ils demandent un Grenelle de l’Hôpital public pour aller vers de réelles solutions.

Comme l’explique un praticien hospitalier à l’Express, il s’agit de « gripper la machine » car «  si un chef de service démissionne, il n’assume plus la responsabilité médicale de son unité ; juridiquement, elle se retrouve dissoute dans l’ensemble des praticiens du service. Il ne gère plus non plus les plaintes, les plannings et tableaux de service des praticiens, et l’administration n’a plus d’interlocuteur pour le service en question. Il ne le représente plus dans les instances de l’hôpital. Plus aucun projet ne peut être porté efficacement. ».

Une nouvelle action qui montre la détermination des hospitaliers d’aller au bout de leur combat mais aussi la crise que traverse le service public de santé, comme tous les autres, alors qu’il est détruit miette par miette par des mesures néolibérales contradictoires aux besoins réels de la population. Mais la réponse des hospitaliers montre bien qu’ils ne se laisseront pas faire, comme les grévistes de la SNCF et de la RATP face à la casse de leurs retraites et de leurs entreprises de service public, face à un gouvernement dont le projet de société est à l’opposé de celui qui permettrait le bien de tous !




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