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126 500 copies du bac retenues : Blanquer contraint d’annoncer d’éventuels retards des résultats

126 427. C’est le nombre de copies du baccalauréat retenues recensé par le site BloquonsBlanquer.fr au mardi 2 juillet. Après avoir fait la sourde oreille, multiplier les menaces à l’encontre des correcteurs, Jean-Michel Blanquer doit se résoudre aux faits : sur RMC, le ministre a admis qu’il y avait « un petit risque » de voir l’annonce du baccalauréat décalée…

mercredi 3 juillet

Crédit photo : twitter @Vannier75

Menaces et intimidations du ministre en dehors des clous juridiques

Mardi 2 juillet, le ministre de l’Education Nationale a haussé le ton. Il a promis des sanctions contre les enseignants récalcitrants à transmettre les notes des copies de baccalauréat corrigées. Une tentative d’intimidation qui oublie le fait que les enseignants rétenteurs ont décidé de se mettre en grève et sont ainsi protégés par ce droit constitutionnel. « Les retenues de salaire ne peuvent commencer qu’à partir du moment où la date limite de remise des notes est actée » explique un spécialiste des questions juridiques lors de l’Assemblée Générale francilienne. Soit le 2 juillet jusqu’à la reprise du travail, attestée par la remise des copies. « Le ministre a fait des déclarations qui sortent totalement de la jurisprudence » conclue-t-il.

En creux, dans ces menaces, on entend que le mouvement de rétention de notes du baccalauréat lancé par les enseignants et estimé à près de 130 000 copies retenues donne des sueurs froides au ministre. Après des mois de mobilisation contre les réformes des lycées professionnel et général qui grave dans le marbre une école de l’inégalité, la loi Blanquer et l’article 1 qui sous couvert d’exemplarité exige la soumission des enseignants à leur hiérarchie, la réforme de la fonction publique qui augmente la charge de travail et supprime des postes, les enseignants des lycées ont décidé de tenter le tout pour le tout pour se faire entendre du ministre. Les enseignants réclament notamment l’ouverture de négociations sur la base de leur plate-forme de revendication : le retrait des réformes Blanquer, porteuses d’une école à deux vitesses, et la fin de Parcoursup qui restreint l’accès à l’enseignement supérieur en particulier pour les bacheliers des classes populaires, ainsi qu’une augmentation salariale.

27% des candidats de l’Académie de Lyon concernés, 15% à minima au niveau national

Dans l’offensive médiatique lancée par Jean-Michel Blanquer, se joue aussi la bataille des chiffres. Face aux 2.5% des candidats concernés brandi par le ministre pour minimiser le mouvement, le « contre-siec » permis par le sondage en ligne BloquonsBlanquer avance d’autres éléments : « 630 collègues de philosophie se sont inscrits sur le sondage. Si on fait la moyenne basse de 125 copies par collègues, ce seraient 78 750 candidats concernés, soit environ 15% des candidats en filière générale ». Un chiffre à minima, qui ne prend pas en compte les autres disciplines. Du côté du rectorat de Lyon, les chiffres ont également fuité : 27% des candidats seraient concernés par les rétentions de notes. Voilà qui démentit les projections du ministre.

Vote de la grève jusqu’aux jurys de délibération, le 4 juillet inclus

A 24 heures de la deadline de la remontée des notes dans de nombreuses académies, des Assemblées de correcteurs se sont tenues un peu partout. A Paris, ils étaient 380 enseignants réunis à la Bourse du travail de Paris mardi soir, dont des représentants de 70 établissements pour l’Académie de Créteil, 70 pour Versailles et 40 pour Paris. Comme à Lyon ou à Toulouse, où 200 correcteurs étaient réunis, les enseignants ont voté la reconduite de la grève jusqu’au 4 juillet inclus, jour des jurys de délibération. A Dijon, à Poitiers, à Lille, d’autres assemblées générales de correcteurs se sont tenues mardi et mercredi. Partout la grève se maintient. Une autre preuve que le mouvement est national.

Vers un report des résultats du baccalauréat ? »

« L’un des scénarios est de rendre les résultats à certains élèves dont nous avons déjà toutes les notes, ou bien de décaler les résultats pour tout le monde » a confié le ministre, vacillant, sur RMC ce mercredi matin. Le report de l’annonce des résultats, prévue initialement le 5 juillet, est donc désormais envisagé. Et il s’agit de ne rien lâcher. Et ce jusqu’au 5 juillet inclus.

Surtout, le mouvement des rétentions de notes, qui fait actuellement la une des médias, oblige le ministre sous pression à entendre la colère les enseignants, leurs déterminations à s’opposer à ses réformes que 90% d’entre eux contestent. Une manière de relever la tête face au mépris de Jean-Michel Blanquer, après plusieurs mois de mobilisation rendue inaudible. Un fait inédit qui, quoiqu’il arrive, présage d’une reprise des mobilisations dans l’Education Nationale pour la défense de l’Education publique et de qualité et des conditions de travail des personnels.




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