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Politique

Gratuité des masques !

135 euros en cas de non-port du masque. Face au virus, Macron choisit encore la répression

Depuis le début de l'épidémie, le gouvernement a témoigné d'une gestion erratique de la crise. Dernier revirement en date : l'imposition des masques dans tous les lieux publics clos. Si le port du masque est nécessaire, Macron et ses ministres appliquent comme à leur habitude une gestion répressive des mesures sanitaires.

lundi 20 juillet

Depuis le début de l’épidémie de coronavirus en France, le gouvernement a témoigné d’une gestion erratique de la crise. En particulier avec la gestion scandaleuse du problème des masques, un temps présenté comme « inutiles » avant d’être imposés, d’abord dans les transports, et désormais dans tous les lieux publics clos à partir de ce lundi – discours en réalité guidé par l’état des stocks plutôt que par des raisons sanitaires. Des masques qui avaient d’ailleurs disparu du visage des hommes politiques notamment pendant les municipales.

Vers une seconde vague ? La responsabilité du gouvernement

Aujourd’hui, plus de deux mois après le déconfinement, le virus semble à nouveau se répandre dans plusieurs régions de France. Selon l’AFP, « “Entre 400 et 500 clusters de coronavirus” sont actuellement recensés en France, a affirmé lundi le ministre de la Santé Olivier Véran, rappelant toutefois qu’il ne s’agissait pas d’une “deuxième vague” ». Le ministre a évoqué « des signes inquiétants de reprise épidémique » et ce notamment dans l’Ouest – Bretagne, Mayenne – mais aussi dans le Grand Est.

Parmi ces clusters, 25% se situent dans des entreprises. Les abattoirs sont particulièrement touchés, en raison des mauvaises conditions de travail qui y règnent. Ce chiffre est particulièrement marquant dans un contexte où le déconfinement s’est fait à marche forcée, sans mesures sanitaires suffisantes, avec pour but principal de faire reprendre l’économie et ainsi les profits des grandes entreprises.

Le gouvernement a par ailleurs été pris de court par cette reprise épidémique. Ainsi, Macron avait d’abord annoncé que le masque serait obligatoire dans les lieux publics clos à partir du 1er août, pour ensuite avancer la date à ce lundi suite à de nombreuses voix de professionnels de la santé qui s’étaient élevées pour dénoncer le caractère tardif de la mesure.

La possibilité d’une seconde vague inquiète également sur la capacité du système de santé à y faire face, dans la mesure où les soignants sont encore harassés par la première vague qui les a frappés très durement et ce en grande partie à cause de l’état désastreux de l’hôpital public français, asphyxié par des coupes budgétaires successives par les différents gouvernements. Le « Ségur » de la santé n’aura absolument pas réglé ce problème, puisque tout ce qu’il a offert aux soignants, ce sont des augmentations salariales très en deçà de leurs attentes, sans aucune promesse de plan d’embauches massif, ni d’ouverture de lits ; et en contrepartie, entre autres, d’un « assouplissement » du temps de travail qui vient remettre en cause les 35 heures.

La répression pour tenter de masquer une gestion erratique de la crise

Le port du masque dans tous les lieux publics est donc une mesure nécessaire mais tardive, encore récemment demandé par un collectif de professionnels de santé qui avait exposé leur position dans une tribune. Mais surtout, elle s’accompagne comme à l’habitude du gouvernement d’une gestion répressive dont le prix va être payé avant tout par les travailleurs et les classes populaires.

Tout d’abord, le coût des masques reste particulièrement élevé et dissuasif pour de nombreuses personnes et familles. Selon Le Parisien, l’achat de masques pourrait représenter jusqu’à 228 euros par famille. D’autant que depuis la fin de l’état d’urgence sanitaire leur prix est déplafonné. Ensuite, l’amende pour non-port du masque, qui est de 135 euros, peut mettre en grande difficulté financière la personne qui la reçoit – la double peine pour les précaires. La généralisation du port de masque ne se fera pas par la gratuité mais par la répression. En cas de récidive, sous 15 jours, l’amende sera de 1500 euros. En cas de plus de trois récidives en un mois, la condamnation peut aller jusqu’à 6 mois de prison fermes ! Autrement dit, pour non-port du masque, on peut passer plus de temps en prison que Balkany ou que le policier qui a tué Amine Bentounsi d’une balle dans le dos !

De plus, comme on l’a vu pendant le confinement puis dans les transports en commun où les masques étaient déjà obligatoires, les mesures qui ont été imposées pour tenter de gérer l’épidémie l’ont été de manière répressive, autoritaire et ciblée. Ce notamment contre les quartiers populaires, où les violences policières racistes sont venues s’ajouter à la difficulté de respecter le confinement et les gestes barrière pour les travailleurs pauvres, chômeurs et tous les précaires. Au-delà des nombreuses vidéos de violences répressives qui ont tourné sur les réseaux sociaux, on peut citer le département de la Seine-Saint-Denis, dont les habitants ont reçu en moyenne trois fois plus d’amendes que dans les autres départements. Le plan sanitaire de la bourgeoisie compte plus sur les flics que sur les soignants pour sortir de la crise...

La question des dépistages est elle aussi problématique et les réponses apportées par Macron et ses ministres sont largement insuffisantes. Loin de 700.000 tetsts promis par le gouvernement, certains médias évoquent des chiffres deux fois moindres. Selon LCI, « à ce jour, entre 300.000 et 350.000 [tests] sont effectués chaque semaine. » De plus, « les délais pour se faire tester au coronavirus ne cessent d’augmenter ».

Contre la gestion répressive, imposer la gratuité des masques et des tests massifs

Pour que ce ne soit pas à nous de payer le prix, en vies humaines et en conséquences économiques, d’une éventuelle deuxième vague à venir, il est encore et toujours nécessaire et urgent de revendiquer la gratuité des masques et une véritable stratégie de dépistages massifs. Des tests plus nombreux pourraient en effet permettre de contrôler l’étendue de l’épidémie et de prendre les mesures nécessaires pour protéger la population en amont. La gratuité des masques doit aussi être imposée à ce gouvernement afin de ne pas ajouter aux inégalités qui caractérisent l’accès à la santé en France. De plus, il est urgent de répondre aux exigences des travailleurs de la santé, que ce soit en termes d’augmentation du nombre de lits, d’embauches massives ou d’augmentation des salaires. Toutes ces mesures, ce sont les soignants et les travailleurs qui pourraient les imposer et prendre en charge leur mise en place, eux qui ont été en première ligne du combat contre la première vague. 




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