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Monde

A bas les frontières

140 migrants disparus au large du Sénégal : le naufrage le plus meurtrier de l’année

En fin de semaine dernière, une pirogue de migrants près du Sénégal a fait naufrage. Avec 140 personnes disparues, il s'agit du naufrage le plus meurtrier en 2020, comme l'indique l'Organisation internationale pour les migrations. Une tragédie dont les politiques xénophobes de l'Union européenne sont amplement responsables.

samedi 7 novembre

Crédit photo : Libération

La tragédie a eu lieu en fin de semaine dernière dans l’océan atlantique. Une pirogue transportant environ 200 personnes a fait naufrage au large des côtes sénégalaises. Selon les sources locales, les marines sénégalaises et des pêcheurs qui se trouvaient à proximité ont réussi à sauver 59 personnes. Cette pirogue, qui a quitté la terre par le Sud Ouest du Sénégal, en direction des îles Canaries et de l’Espagne, aurait pris feu après le départ et chaviré près de Saint-Louis sur la côte Nord Ouest du Sénégal. Cette horrible tragédie n’est que la conséquences des politiques xénophobes de l’Union européenne.

L’immigration clandestine : des conditions précaires et des routes mortelles.

Nombreuses sont les raisons qui poussent les personnes à partir de chez elles, souvent brutalement. L’immigration clandestine oblige les migrant.e.s à recourir à des solutions de transport aléatoires et dangereuses et à s’acquitter de milliers d’euros, tout en restant dominé.e.s par des réseaux qui en profitent pour les exploiter. Alors qu’ils fuient un conflit, fuient des persécutions ou partent en espérant un meilleur avenir, ces migrant.e.s sont toujours confronté.e.s aux politiques migratoires de l’ensemble des pays européens qui, pourtant, auraient les moyens de protéger toutes ces personnes de tragédies pareilles, à l’image de la semaine dernière, où toute une famille iranienne qui tentait de traverser la Manche a été retrouvée morte.

Cette situation s’aggrave par ailleurs avec la pandémie. Malgré l’absence de navires humanitaires en mer méditerranée et la fermeture des ports italiens et maltais sous prétexte du coronavirus, les départs de migrant.e.s vers l’Europe continuent. Selon l’OIM (Organisation Internationale pour les Migrations), pendant le mois d’avril 2020, 1132 personnes ont tenté de rejoindre l’Italie ou Malte ; des chiffres multipliés par deux, quand on les compare à la même période en 2019.

Face à l’illusion d’une vie meilleure en Europe, des conditions de vie effroyables en France

Une fois la traversée pour rejoindre les frontières européennes effectuée, les conditions de vie qui les attendent restent horrible. Les frontières françaises, en particulier, sont des lieux inacceptables où les droits fondamentaux sont systématiquement piétinés. Absence de tout dispositif sanitaire et social, destruction d’abris par la police, obstacles aux demandeurs d’asile, non-protection des mineurs isolés, refoulements systématiques, comportements brutaux, interdiction de distributions alimentaires, harcèlement et violences policières contre les personnes qui, par solidarité, tentent d’apporter une aide aux exilé.e.s...la liste d’atteintes aux droits humains est longue.

En attendant la réponse de demande d’asile qui, selon les cas, peut durer jusqu’à plus d’un an, la plupart des demandeurs d’asile sont installés dans des conditions inhumaines sous des tentes sans aucune protection ou aide de l’État. Ces camps, qui, actuellement, sont dans situations affreuses du fait du manque de protocoles sanitaires, sont par ailleurs régulièrement détruits par la police.

Parallèlement, la loi Asile et immigration votée en juillet 2018 par l’Assemblée nationale pousse encore plus les immigrants et les exilés dans la misère. Ces conditions continuent même après avoir obtenu une réponse positive, si réponse positive il y a, pour la demande d’asile, avec une incertitude d’avoir accès à un logement digne ou encore des conditions de travail inhumaines.

Ali, un travailleur afghan du bâtiment arrivé en France en 2015, témoigne sur Infomigrants : « Pendant le confinement, on n’a pas pu travailler pendant un mois, et bien que je sois en CDI, le patron ne m’a pas payé. Ça n’est pas la première fois que ça arrive. Quand il y a des baisses d’activité pendant plusieurs mois, il ne me verse pas de salaire. Je crois que ça n’est pas légal mais je n’ose rien dire. Je ne parle pas assez bien français pour me défendre et surtout, je ne veux pas me retrouver au chômage. C’est tellement difficile de trouver un emploi en France, surtout quand tu ne maîtrises pas bien le français. Alors je baisse la tête, je reste silencieux et j’attends que ça passe. »

Non aux politiques migratoires racistes ! Revendiquons des moyens pour une vie digne pour tout.e.s les exilé.es !

Les migrant.e.s font partie des premières victimes de la crise sanitaire et économique, surtout avec un reconfinement qui semble impossible dans les camps d’exilé.es. En parallèle, l’Union européenne aura dépensé 29 milliards d’euros en technologies de surveillance et de répression pour sécuriser ses frontières. « Plus rentable [pour les marchands d’armes] que toutes les guerres en cours en Syrie, au Darfour et au Yémen », assène Jean Ziegler dans son essai « Lesbos, la honte de l’Europe ». Et la France, comme tous les pays impérialistes, dépense des milliers d’euros en politique sécuritaire. Face à ces dispositifs répressifs, il faut revendiquer des moyens pour l’accueil des migrant.e.s, y compris réquisitionner les logements vides pour héberger les familles, l’ouverture des frontières, des conditions de travail dignes et, surtout, la régularisation de tout.e.s les sans papiers et exilé.e.s. Ce sont les seules réponses qui pourront mettre fin aux catastrophes humaines, dont les pays impérialistes sont les responsables.




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