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Notre classe

Macron et la mise à mort programmée du service public

15 000 postes de fonctionnaires supprimés pendant le quinquennat

Le gouvernement applique plusieurs méthodes pour anéantir le service public : dans les hôpitaux ou les écoles, il s'agit de rendre le travail quasiment impossible - ce qui génère souffrance au travail, suicides, et maltraitance institutionnelle. Mais tous les secteurs sont touchés : les missions du service public sont une véritable aubaine pour les investisseurs qui voudraient les privatiser.

jeudi 25 juillet

Non-remplacement des personnels, pratique du sous-effectif quelle que soit la charge de travail, délégations de missions à des tiers privés, le tout sous couvert d’argument austéritaire : voilà une puissante arme pour oeuvrer à la destruction du service public.
Le recours aux personnels contractuels, déjà largement pratiqué dans différents secteurs, va aussi dans le sens d’une corvéabilité plus grande des personnels. A défaut de pouvoir immédiatement casser le code de la fonction publique, l’Etat, par ce moyen, peut profiter pour lui-même des effets de la loi travail XXL.

En bon domestique de la classe bourgeoise, Macron y va fort : intolérable, en effet, pour la bourgeoisie que l’on puisse se faire soigner ou mettre ses enfants à l’école gratuitement. Derrière les proclamations et les discours, le véritable mot d’ordre de la classe dominante résonne clairement dans les faits : il s’agit d’opérer un véritable massacre de la gratuité et du service public. Et si les personnels doivent en faire les frais, tant pis pour eux.

Si l’objectif de réduction de 50 000 postes dans la fonction publique d’Etat - notamment chez les enseignants - d’ici la fin du mandat Macron semble difficile à atteindre, en revanche la fonction publique territoriale va connaître une baisse sérieuse de ses effectifs : 70 000 postes en moins. Dans le viseur, c’est donc d’abord l’ensemble des services de proximité (à l’échelle des communes, départements et régions) qui vont être remaniés : les DGFIP départementales, par exemple, vont déléguer certaines missions de paiement aux… buralistes.

Il s’agit donc, suivant les prescriptions du rapport CAP2022, de réduire comme peau de chagrin les missions assurées par les fonctionnaires pour les transférer à des entreprises privées. Et opérer ainsi une destruction lente de l’ensemble du réseau des services publics, dont l’histoire est celle de l’Etat keynésien et de la décentralisation. Une logique de type libertarienne est à l’oeuvre, qui consiste à resserrer l’Etat sur ses seules fonctions répressives et à favoriser pour les usagers, et à toutes les échelles, l’individualisme et la coercition par l’argent.
Car, caché derrière l’autoritarisme du gouvernement, c’est encore une fois le capitalisme de la contrainte : ceux qui sont à l’aise alimenteront le tourbillon de la consommation, c’est-à-dire le capitalisme indexé sur le désir ; mais pour ceux qui n’ont rien, on leur fera payer jusqu’à leurs besoins les plus vitaux - santé, éducation - dans ce capitalisme de la contrainte qui nous fera rentrer dans la chair que vivre n’est pas un droit et que c’est comme tout, ça se paie.

Ces suppressions de postes étaient inscrites dans le programme du candidat Macron et alors qu’il était encore ministre, il avait déjà affirmé que le statut des fonctionnaires lui posait problème. Macron fait donc du Macron. Et loin des photos en papier glacé, il est en train de dessiner à coup de réformes, de destructions et de violences, le portrait que l’histoire retiendra de lui : le masque du cynisme et de la cruauté de la classe bourgeoise qui, apparemment, croit encore qu’elle va rester tranquillement cachée pour compter nos morts. Il est temps de la détromper et de lui montrer que nous sommes bien vivants.




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