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Racisme et violences d’Etat

Loi sécuritaire

15 milliards pour la police. Loi LOPMI adoptée avec les voix de LR et du RN, le PS s’abstient

Ce mardi 22 novembre, la loi LOPMI a été adoptée à l’Assemblée à 419 voix pour et 116 contre. Le gouvernement a pu s’appuyer sur la droite et l’extrême-droite pour faire passer sa loi ultra-sécuritaire.

mardi 22 novembre

Crédits photo : AFP

La loi LOPMI est un nouveau pas sécuritaire pour la macronie. La loi proposée par Darmanin déroule tapis rouge budgétaire pour les forces de répression avec 15 milliards jusqu’à 2027. Ce budget a pour effet de permettre un renforcement de l’appareil policier avec des moyens de répression toujours plus puissant et à la pointe de la technologie, notamment en terme de cyber-surveillance. La mise en place de cette loi permettra aussi au gouvernement de donner toujours plus de pouvoir aux policiers ou encore de criminaliser les victimes de violences policières.

Une loi sécuritaire qui passe comme une lettre à la poste

Le vote de la loi du Ministère de l’Intérieur a été permis grâce à un soutien de la droite et du RN. Le gouvernement savait que ce renforcement sécuritaire allait dans le sens des deux partis d’opposition et ainsi permettre au gouvernement de souffler après l’utilisation répétée du 49.3 ces dernières semaines. Olivier Marleix, patron des députés LR, a par exemple souligner en parlant de la loi : «  On n’a jamais dans notre histoire voté contre des moyens supplémentaires pour les forces de l’ordre. » Même son de cloche pour Marine Le Pen qui a qualifié le passage de loi LOPMI de « petite victoire idéologique ».

La droite et l’extrême-droite ont toutes deux joué à la surenchère sécuritaire pour durcir la loi avec plusieurs propositions d’amendements tout au long de la semaine. Parmi ceux-ci, on peut citer par exemple le doublement des places en CRA proposé par Eric Ciotti, qui incarne la frange plus sécuritaire des LR, amendement raciste et réactionnaire voté main dans la main avec la majorité.
La place Beauvau a réussi ainsi à faire passer son premier projet de loi sous le gouvernement Macron II, chose qui sera plus compliquée pour la loi Immigration où le RN et LR ne compte pas voter aussi facilement au côté de la macronie.

Vote d’articles et abstention sur le texte final : le PS valide l’offensive sécuritaire

La semaine passée, le PS a voté à plusieurs reprises des articles et des amendements du gouvernement et de la droite, comme par exemple celui sur les refus d’obtempérer. Les députés PS n’ont pas hésité à reprendre les arguments réactionnaires du gouvernement, à l’image du député Philippe Brun, député PS de l’Eure, qui explique : « si on vote contre ce texte en pleine période de montée de violences, on se décrédibilise auprès de nos électeurs. Surtout qu’on est d’accord pour dire qu’il faut des effectifs en plus et un meilleur développement du numérique ». Un député élu sous l’étiquette NUPES, pour qui l’état-major de la FI appelait à voter, expliquant que les socialistes avaient changé.

Après avoir accepté certains aspects de la loi, les députés PS se sont hypocritement abstenus sur le vote finale cette loi répressive. En réalité, cette abstention montre que le PS de la Nupes réhabilité par la France Insoumise n’est pas différent de celui de François Hollande qui réprimait les manifestants lors de la loi Travail ou de celui qui participait à la manifestation de la honte des syndicats de Police, aux côtés du PCF et des écolo-libéraux.

“On n’avait pas l’impression de discuter avec le même PS qu’il y a deux-trois ans”. Ces propos tenus par Manuel Bompard de la France Insoumise pour justifier le rapprochement entre le PS et la FI à la veille de l’élection législative résonnent bien ironiquement aujourd’hui.

Le passage de la loi LOPMI, énième loi répressive de la macronie, est une réponse à la crise sociale qui va s’aggraver. Face à de potentielles explosions de colère face à l’inflation et aux conséquences des attaques du gouvernement sur l’assurance-chômage ou la réforme des retraites, la bourgeoise renforce son bras armé. Une macronie affaiblie aura besoin de sa police pour réprimer les futurs mouvements sociaux. Face à ça les propositions de la NUPES, PS compris, d’une mise en place d’une police de proximité n’est qu’un mirage vendu par la gauche institutionnelle pour justifier le renforcement des forces de répression.

Comme le dit Mathieu Rigouste dans son livre La domination policière, la gauche de la « police de proximité » de Jospin et la droite de Sarkozy ont toutes les deux mené à la consolidation de l’appareil policier français : « Tout au long des années 2000, les gouvernements de « gauche » et de « droite » ont mené conjointement l’extension d’un état d’exception juridiquement permanent. Entre 2001 et 2009, 17 lois portant sur la « lutte contre l’insécurité » sont votées les unes après les autres au nom de la lutte contre le terrorisme », « la délinquance des mineurs », « la criminalité » ou l’« immigration clandestine ». En 2001, par exemple, le gouvernement Jospin fait voter la loi de sécurité quotidienne qui pose les bases d’un vaste programme d’intensification du contrôle des classes populaires.  »

Contre le renforcement des forces de répression et de la xénophobie d’État, le mouvement ouvrier et les mouvements sociaux doivent se mobiliser largement. La LOPMI, et la future loi Immigration qui sera discutée début décembre sont dirigées contre l’ensemble de notre classe avec ou sans papier. Un renforcement de la police promet plus de répression pour le mouvement ouvrier, pour les grèves et plus de répression dans les quartiers populaires. Pour obtenir le retrait de toutes les lois répressives (loi séparatisme, loi sécurité globale, LOPMI), il faudra un mouvement d’ensemble, indépendamment des faux amis de la gauche institutionnelle qui laissent passer des budgets qui renforcent les flics.



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