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Politique

Une déclaration de guerre !

« 15h à 20h d’activité / semaine » pour toucher le RSA : Macron déclare la guerre aux pauvres

Ce jeudi, Emmanuel Macron a dévoilé son programme devant un parterre de journalistes. Dans la longue liste d’attaques anti-sociales, une mesure particulièrement scandaleuse : les bénéficiaires du RSA devront désormais effectuer « 15 à 20h » d’activité par semaine de formation ou d’emploi.

jeudi 17 mars

Invité sur France 2 mardi dernier, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement Macron, avait déclaré qu’il n’était pas à exclure que Macron propose de conditionner le RSA à un minimum d’activité s’il était réélu. « La logique qu’on porte, c’est celle de dire que les devoirs ouvrent les droits, et non l’inverse. Ce ne sont pas les droits qui ouvrent les devoirs » avait-t-il déclaré.

Ce jeudi 17 mars, lors d’une conférence de presse, Emmanuel Macron a précisé les contours de sa mesure. Et il s’agit d’une attaque en règle contre les chômeurs et les plus précaires. S’il est réélu, les bénéficiaires du RSA seront contraints de « consacrer 15 à 20 heures par semaine pour une activité permettant d’aller vers l’insertion professionnelle, soit de formation en insertion soit d’emploi » a ainsi expliqué le Président-candidat.

La logique est claire, faire passer les allocataires du RSA pour des « assistés », des « profiteurs » qu’il faut « mettre au boulot ». Alors que 65% des allocataires du RSA vivent sous le seuil de pauvreté et qu’ils sont généralement contraints de recourir à cette aide faute d’un emploi et de moyens de subsistance, Macron leur fait la guerre avec sa mesure réclamée de longue date par des secteurs de la droite.

Pour faire passer cette attaque scandaleuse contre des bénéficiaires d’un minima social dont le montant est déjà scandaleusement faible, et très loin du seuil de pauvreté, Macron a évoqué la traditionnelle carotte de « l’accompagnement ». Un « accompagnement » qui depuis la création du RSA consiste d’abord à faire tourner les bénéficiaires du RSA dans des dispositifs de formation, des emplois d’insertion sous-payés ou des emplois temporaires ultra-précaires.

Avec sa mesure, Macron réaffirme en tout cas son projet pour l’après-2022 en cas de réélection : un durcissement de son 1er quinquennat de guerre sociale. Alors que le coût de la vie augmente chaque jour un peu plus, il est nécessaire de dénoncer fermement et massivement ces attaques et de préparer dès aujourd’hui la contre-offensive, en affirmant haut et fort que non, ce n’est pas aux plus précaires de payer la crise !



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