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Notre classe

Les transports rentrent dans la bataille

19 janvier : l’ensemble des syndicats RATP et SNCF rejoignent le mouvement

Depuis les annonces de l’intersyndicale d’une première date de grève et de mobilisation le 19 janvier pour s’opposer à la réforme des retraites, plusieurs secteurs ont tour à tour annoncé qu’ils rentreraient dans la bataille. Dans les transports, les syndicats de la RATP et la SNCF ont d’ores et déjà annoncé qu’ils se préparaient à la mobilisation.

vendredi 13 janvier

Mardi, Elisabeth Borne annonçait les contours de la réforme des retraites qui prévoit d’attaquer brutalement l’ensemble du monde du travail. Depuis les annonces de l’intersyndicale qui a répondu au gouvernement par une première date de grève et de mobilisation le 19 janvier, plusieurs secteurs ont tour à tour annoncé qu’ils rentreraient dans la bataille. Dans les transports, les syndicats de la RATP et la SNCF ont d’ores et déjà annoncé qu’ils se préparaient à la mobilisation.

A la RATP : « tout mettre en œuvre pour s’opposer à cette contre-réforme »

Les travailleurs de la RATP, qui avaient été le fer de lance du mouvement de grève reconductible de 2019, ont annoncé hier prendre part à la journée du 19 janvier. Dans un communiqué unitaire, la CGT, l’UNSA, FO, et la CFE-CGC dénonçaient la réforme prévue par le gouvernement dont « l’objectif est de faire payer aux travailleurs et aux retraités le coût des crises successives ».

Dans le communiqué, ils débunkent du même coup l’argumentaire du gouvernement quant aux régimes spéciaux : « La clause du « grand-père » ne protège en rien contre le recul de l’âge ou les modifications de la durée de cotisation, les effets de la décote reculant déjà mécaniquement le départ. Pour les nouveaux embauchés, c’est la non prise en compte de la pénibilité propre à leur activité. C’est inacceptable ! » En effet, la suppression des régimes spéciaux par Elisabeth Borne pour les nouveaux entrants au travers de l’instauration de la « clause du grand-père » ne protège en rien les salariés actuels qui sont eux aussi concernés par le décalage de l’âge légal de deux ans et l’accélération de la réforme Touraine.

Par ailleurs, si cette réforme passe et que tous les nouveaux embauchés se retrouvent directement au régime général, la caisse des retraites spécifique aux agents RATP et à leur « régime spécial » se retrouvera mécaniquement de plus en plus déficitaire, faute de cotisations d’agents actuellement en activité. Une situation qui risque probablement de pousser, dans quelques années à peine, le gouvernement à expliquer aux agents bénéficiant encore du régime spécial au sein de la RATP qu’ils doivent passer au régime général, coûtant trop d’argent à l’État. Sous prétexte de « justice », la réforme du gouvernement promet en réalité toujours plus de casse sociale pour les années à venir.

Alors qu’à la RATP, la colère gronde depuis l’ouverture à la concurrence qui est venue dégrader les conditions de travail des agents, cette manœuvre du gouvernement pour diviser les travailleurs en fonction des générations témoigne en réalité de la peur du gouvernement de voir apparaître un mouvement dur similaire à 2019.

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A la SNCF, les organisations syndicales appellent à « une grève puissante »

Du côté de la SNCF, l’appel à la journée du 19 janvier ne s’est pas fait attendre longtemps. L’ensemble des organisations des salariés, à savoir la CGT Cheminots, l’Unsa-Ferroviaire, SUD-Rail et la CFDT Cheminots ont déposé un préavis de mercredi à 19 heures jusqu’à vendredi à 8 heures, se déclarant « prêtes à lancer la bataille nécessaire ».

Opposées au recul de l’âge légal de départ à la retraite de 64 ans et à la hausse de la durée de cotisation, elles appellent à « une grève puissante » et dénoncent une réforme qui « va frapper de plein fouet l’ensemble des cheminotes et des cheminots : celles et ceux qui ont commencé à travailler tôt, ceux qui exercent des métiers pénibles, pour lesquels l’allongement de la durée de des carrières rend le risque d’inaptitude plus fort, et dont l’espérance de vie est inférieure au reste de la population seront particulièrement touchés ».

Si l’appel à la grève ne concerne pour l’instant que la journée du 19 janvier, Anasse Kazib, interrogé sur France Info hier, appelait à construire « un plan de bataille d’ampleur » : « Chez Sud Rail Paris Nord, on peut faire une journée de 24 heures, peut être pour une autre séquence, mais derrière, le fait que nos camarades raffineurs commencent à poser dans le paysage un véritable plan de bataille autour d’une grève reconductible montre qu’il va falloir qu’on s’en saisisse toutes et tous ».

Un appel à un durcissement de la mobilisation, qui raisonne déjà dans plusieurs secteurs. A Roissy par exemple, plusieurs syndicalistes commençaient à discuter de la perspective d’un blocage de l’aéroport. Dans l’énergie, la fédération CGT a annoncé que les syndicats « ne s’interdiront rien dans cette lutte sans doute historique » et avançait la volonté d’aller vers une grève reconductible.

Une chose est sûre, face au gouvernement qui est déterminé à faire passer sa réforme, l’heure est à la construction d’un plan de bataille dur qui pose les bases d’une grève reconductible, en commençant par des journées reconductibles de 48 ou 72h. Une perspective à préparer dès le 19 janvier.

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