1990-2006

Restauration bourgeoise et intégration du FSLN

Restauration bourgeoise et intégration du FSLN

Après sa défaite à l’élection présidentielle de 1990, le FSLN a abandonné toute velléité révolutionnaire. Il a pactisé et co-gouverné avec la droite, en s’intégrant au néolibéralisme alors triomphant. Ses cadres et dirigeants se sont enrichis et, pour certains, sont devenus eux-mêmes des capitalistes.

Illustration : maquiladora dans une Zone franche au Nicaragua au début des années 2000. Crédits, Revista Summa

La Constitution politique de la République du Nicaragua élaborée par le pouvoir sandiniste était entrée en vigueur le 1er janvier 1987. Si elle comportait des références appuyées à la révolution, ses valeurs et objectifs (dont l’« économie mixte » et le « non-alignement »), elle institutionnalisait surtout des formes politiques démocratiques-bourgeoises, doublées d’un hyper-présidentialisme inspiré de ce qui existe à des degrés divers sur le continent américain. C’est dans le cadre de cette Constitution que se sont tenues les élections générales (présidentielle et législatives) du 25 février 1990, après que celles-ci eurent été anticipées de quelques mois conformément aux engagements du FSLN.

En application des accords d’Esquipulas I (25 mai 1986) et Esquipulas II (7 août 1987) paraphés par les cinq présidents centre-américains (Costa-Rica, Honduras, Guatemala, Salvador, Nicaragua), puis de l’accord de Sapoa (23 mars 1988) signé entre le gouvernement sandiniste et les dirigeants de la Contra (la guérilla contre-révolutionnaire armée et financée par les Etats-Unis), ces élections devaient être ouvertes à tous ainsi que totalement libres et transparentes. De fait, elles se sont déroulées sous étroite surveillance de l’ONU, de l’OEA (Organisation des Etats américains), de la fondation Carter ainsi que d’observateurs de gouvernements européens et latino-américains. Les sandinistes, confortés par les sondages pré-électoraux, avaient accepté ce cadre d’autant plus facilement qu’ils se considéraient assurés de l’emporter.

Très divisée, l’opposition était finalement parvenue à présenter un front commun grâce aux efforts du secteur bourgeois « modéré » mené par l’homme d’affaires Antonio Lacayo, gendre de Violeta Chamorro dont il parvint, grâce au soutien des Etats-Unis, à imposer la candidature à l’élection présidentielle. Simultanément se formait l’Union nationale de l’opposition (UNO), coalition hétéroclite de quatorze partis incluant des somozistes et des anti-somozistes, allant des différentes variantes de conservateurs ou de libéraux – les deux courants traditionnels de la bourgeoisie nicaraguayenne – jusqu’aux petits partis « communistes » PSN et PCN. Le profil de Violeta Chamorro, veuve du directeur de La Prensa (le grand quotidien conservateur de Managua) et opposant bourgeois à Somoza assassiné en 1978, membre de la première (juillet 1979 – avril 1980) junte de gouvernement de reconstruction nationale dirigée par les sandinistes, mère et grand-mère affable et compatissante, était destiné à rassurer et à rassembler au-delà des clivages établis.

L’axe de sa campagne fut assez simple : le seul moyen sûr d’éviter le retour à la guerre, d’installer une démocratie et de mettre fin aux privations était le vote en faveur de l’opposition. Face aux moyens militants et de l’Etat mobilisés par le FSLN, l’UNO bénéficia de fonds substantiels apportés par des capitalistes nicaraguayens mais aussi par la CIA et d’autres officines de l’impérialisme US (George H.W. Bush, un républicain mainstream et pragmatique, avait succédé à la présidence des Etats-Unis au bien plus virulent Ronald Reagan, qui avait par exemple dénoncé les accords d’Esquipulas et de Sapoa comme des capitulations devant les sandinistes). Une série de politiciens US, principalement du Parti démocrate, firent par ailleurs bénéficier l’opposition de leur expertise en matière d’élections.

Les résultats annoncés le 26 février par le Conseil électoral suprême firent l’effet d’une bombe. Dans le cadre d’une participation très forte (plus de 86 % des inscrits), Chamorro remportait la présidentielle avec 54,7 % des voix, contre 40,8 % au président sortant Daniel Ortega (le reste se répartissant entre sept autres candidats). L’UNO gagnait également la majorité des sièges à l’Assemblée nationale : 51 sur 92, contre 39 aux sandinistes et 2 à d’autres formations. Les sondages s’étaient trompés parce que nombre d’électeurs n’avaient pas osé avouer leur intention de voter pour l’opposition.

La lassitude provoquée par la guerre et ses terribles conséquences, avec ses plus de 30 000 tués et autant de mutilés ou blessés portant des séquelles, ainsi que son cortège de destructions ; l’embargo, les sanctions économiques, le soutien décisif à la Contra et les agressions directes (minage des ports nicaraguayens) des Etats-Unis ; la très grave crise économique qui en avait résulté ; l’impopularité de la conscription obligatoire touchant tous les jeunes hommes âgés de 17 à 26 ans, contraints de servir sous les armes pendant deux années ; l’autoritarisme de la direction sandiniste et les privilèges qu’elle s’était octroyés ; les politiques d’austérité qu’elle avait appliquées à partir de février 1988 et qui frappaient uniquement les classes populaires, les capitalistes se voyant au même moment offrir de fortes réductions d’impôts et autres cadeaux « incitatifs », en même temps qu’une réaffirmation de leurs droits de propriété… La conjonction de tous ces facteurs avait eu raison du gouvernement des « commandants ».

L’accord Ortega-Chamorro

Dès le lendemain du scrutin, le problème central devint celui de la « transition » entre le gouvernement du FSLN et celui de l’opposition, qui devait s’installer deux mois plus tard. Avec une économie dévastée, et alors que tous les leviers de l’Etat, en particulier ses forces de répression (armée, police, services de sécurité), étaient aux mains des sandinistes, comment les nouvelles autorités allaient-elles pouvoir gouverner ? Trois jours après le scrutin, l’organe officiel du FSLN, Barricada, énonçait publiquement sa principale ligne rouge : « le Front sandiniste défendra, dans le cadre constitutionnel, l’intégrité et le professionnalisme de l’Armée populaire sandiniste et du ministère de l’Intérieur. »

C’est encore Antonio Lacayo (futur « ministre de la présidence », une fonction proche de celle d’un Premier ministre) qui engagea les négociations avec la direction sandiniste, représentée principalement par Humberto Ortega, chef de l’armée et frère du président sortant. Dans son récit publié quelques années plus tard [1], Lacayo rapporte que lors d’une de leurs premières rencontres, Humberto Ortega avait affirmé que l’action des radicaux au sein du FSLN comme de l’UNO pouvait menacer la transition et qu’«  il serait donc absolument nécessaire que les modérés des deux camps assument la direction dans cette nouvelle étape de l’histoire du pays ». Lacayo considéra alors que l’éventualité de son maintien à la tête de l’armée « devenait attractive du fait de son offre de contrôler les radicaux parmi les sandinistes avec la seule organisation qu’ils respectaient, l’EPS [Armée populaire sandiniste] ». Lors de son discours d’investiture du 25 avril, Violeta Chamorro annonça qu’elle prenait elle-même en charge le portefeuille de ministre de la Défense et qu’elle confirmait Humberto Ortega dans ses fonctions de chef de l’EPS afin de diriger la démilitarisation du pays, ce qui impliquait la démobilisation de la Contra et des recrues du service militaire obligatoire ainsi que la récupération des armes détenues par des civils.

Le 13 mars, l’Assemblée nationale encore sandiniste avait adopté une « loi générale d’amnistie et de réconciliation nationale », aussitôt promulguée, couvrant tous les faits survenus depuis le 19 juillet 1979, à commencer par les massacres, crimes et exactions commises par la Contra à l’encontre de la population Le 27 mars, les représentants des deux gouvernements, sortant et entrant, signaient le « protocole pour le transfert du mandat présidentiel du gouvernement de la République du Nicaragua ». Ce document stipulait notamment la reconnaissance des élections démocratiques-bourgeoises dans le cadre de l’ordre constitutionnel comme base pour la construction de la démocratie et de la paix ; l’acceptation et la garantie juridique des donations de propriétés urbaines et rurales effectuées par l’Etat avant le 25 février 1980 ; des mesures d’indemnisation pour les personnes ayant subi des expropriations [2] ; la désidéologisation et dépolitisation de l’armée, ainsi que la réduction de ses effectifs (passés entre 1990 et 1996 de 87 000 à 14 000), dont le haut-commandement serait cependant préservé.

Humberto Ortega (qui, afin de se conformer aux accords, avait démissionné de la Direction nationale sandiniste) s’acquitta de ses engagements avec la plus grande loyauté. Dès le 9 juillet 1990, il envoya l’EPS dégager et détruire les barricades érigées à Managua, dans le cadre d’une grève générale, par d’autres sandinistes, syndicalistes et militants de base, qu’il dénonça alors comme des « radicaux », « ultragauchistes », « dogmatiques », « traditionnalistes figés dans le passé » ; en revanche, il assura à cette occasion que « jamais les forces armées n’attenteront à la Constitution, jamais elles ne mèneront de coup d’Etat contre quelque gouvernement que ce soit, encore moins celui de Violeta Chamorro qui a conquis le pouvoir légitimement » (Barricada, 10 au 12 juillet 1990).

De même, l’EPS n’hésita pas à réprimer avec la plus grande violence le mouvement des Recompas, les « compa »ñeros qui, après leur démobilisation, avaient « re »pris les armes pour protester contre la misère et faire entendre leurs revendications. L’un de ces détachements, qui avait pris le nom de FROC (Front révolutionnaire ouvrier et paysan), occupa en juillet 1993 la ville d’Esteli pour « une série d’exigences dont un financement pour les petits et moyens paysans, l’accès à la santé, la création d’emplois, la non-privatisation de l’éducation, la légalisation de propriétés accordées sous l’ancien gouvernement, en donnant dans tous les cas la priorité à ceux qui ont été licenciés de l’armée », ainsi que « des demandes spécifiques aux anciens personnels militaires » [3]. Intervenant aussitôt, l’armée rétablit l’ordre au bout de combats dans lesquels elle utilisa de l’artillerie, des chars de combat et des hélicoptères, en faisant selon ses sources quarante-cinq morts.

Les accords de transition puis les annonces de Chamorro lors de son investiture finirent de scinder en deux l’UNO, dont une majorité de composantes et de députés, parmi eux nombre de somozistes, passa dans l’opposition en suivant le vice-président élu – mais écarté de tout pouvoir effectif –, Virgilio Godoy. Celui-ci déclarait alors : « mon intention est de démanteler le sandinisme ; celle de Violeta, de le maquiller ». Ainsi privés de majorité parlementaire à droite, Violeta Chamorro et Antonio Lacayo optèrent pour la solution qui s’offrait à eux : gouverner dans le cadre d’une majorité transpartisane avec les sandinistes, dont les 39 députés étaient devenus le groupe central de l’Assemblée nationale.

Les chefs sandinistes et la « piñata »

Durant l’interrègne de février à avril 1990, l’Assemblée nationale adopta une série de lois dont l’objectif affiché était de protéger les droits acquis des travailleurs des villes et des campagnes. Cela a pu être le cas en partie mais à court terme, car les employés de l’Etat eurent ensuite à subir les plans de réduction d’effectifs imposés par le FMI, les salariés du privé furent tout sauf épargnés par les licenciements et les fermetures d’entreprises, tandis que les salaires des uns et des autres étaient sérieusement attaqués et rognés par l’inflation. Aux termes des lois 87 et 88 du 2 avril 1990, les petits paysans qui, au milieu des années 1980, s’étaient vus attribuer individuellement des terres confisquées à la famille Somoza, reçurent quant à eux des titres de propriété en principe pérennes. Mais beaucoup d’entre eux, privés d’aides et d’accès au crédit, n’eurent ensuite pas d’autre solution que de céder ou abandonner leur exploitation pour aller grossir la masse des pauvres des villes. Simultanément, le processus de concentration agricole reprenait de plus belle et les latifundia prospéraient.

Les lois n° 85 et 86 du 29 mars 1990 sur la réforme urbaine ont permis à quelque 200 000 familles d’obtenir la propriété de leur logement (gratuitement en-dessous de 100 m2, et au-dessus avec un coût proportionnel à la surface supplémentaire). Mais elles ont aussi couvert l’appropriation, par nombre de dirigeants et cadres sandinistes – ministres et leurs collaborateurs, fonctionnaires, responsables militaires… – de luxueuses propriétés qui avaient été confisquées par l’Etat après la prise du pouvoir. La règle était simple : ceux qui, après le 18 juillet 1979, avaient occupé ou utilisé de façon continue des biens expropriés par l’Etat en devenaient légalement propriétaires. L’argument utilisé pour convaincre la base militante sandiniste fut que la confusion qui, par la force des choses, s’était installée entre le FSLN et l’Etat, avait amené à ce que le premier nommé ne possédât pas de biens en propre ; face à une droite financée par les capitalistes comme par les Etats-Unis, il n’aurait donc pas les moyens d’agir efficacement dans l’opposition s’il ne récupérait pas des avoirs de l’Etat qui lui revenaient « légitimement ».

Pour cela, il fallait utiliser des prête-noms – ceux des dirigeants et cadres du parti… qui en gardèrent l’essentiel pour eux, dans ce qui est passé à l’histoire sous le nom ironique de « piñata » [4]. A titre d’exemple, Daniel Ortega est alors devenu notamment (mais pas seulement) propriétaire de douze immeubles à Las Colinas, le quartier huppé du sud de Managua. Son frère Humberto Ortega s’est attribué pas moins de quarante propriétés immobilières. D’autres dirigeants de premier plan, à l’instar de Tomás Borge, ont alors intégré le cercle des hommes les plus riches du pays. Selon Vilma Nuñez, une responsable sandiniste passée plus tard dans l’opposition à la direction du FSLN, « les abus commis par certains hauts dirigeants et cadres intermédiaires en vertu de ces lois ont dénaturé la légitime redistribution des propriétés, en particulier urbaines » (Envío n° 214, janvier 2000).

Avant 1990, les dirigeants sandinistes n’étaient encore que des bureaucrates privilégiés, qui bénéficiaient de l’usage d’appartements, maisons et automobiles que, du fait de leurs fonctions à la tête de l’Etat, ils avaient « hérité » du pouvoir somoziste (sans compter les meubles, bijoux et autres objets de valeur abandonnés dans leur fuite par les anciens détenteurs du pouvoir). Du jour au lendemain, ils sont devenus des propriétaires et des bourgeois – petits, moyens ou grands selon leur rang dans la hiérarchie du parti, leurs dispositions et leur habileté à profiter de la situation.

Mais le processus d’appropriation par la hiérarchie sandiniste a également pris d’autres formes. Avant leur départ à la fin avril 1990, les responsables gouvernementaux ont ainsi littéralement pillé leurs ministères, en dépensa les budgets alloués pour l’ensemble de l’année et en emmenant avec eux jusqu’aux meubles. Après le vote – toujours en mars 1990 – de la loi mettant fin au monopole d’Etat sur les médias, un nombre substantiel de ceux-ci, notamment dans l’audiovisuel, sont passés entre les mains soit d’organisations liées au FSLN, soit de dirigeants sandinistes en tant qu’individus.

En utilisant les fonds de l’Etat et en comptant sur leurs contacts dans le pays comme à l’international, d’autres « commandants » ont organisé leur reconversion en créant des ONG dont les ressources – provenant notamment d’aides internationales – leur ont ensuite permis de mener une vie au minimum confortable, ainsi que de faire bénéficier leurs proches d’emplois bien payés. Le membre de la Direction nationale et ancien ministre de l’agriculture, Jaime Wheelock, a ainsi lancé l’Institut pour le développement de la démocratie (IPADE). Mónica Baltodano, ex-ministre du développement rural et vice-ministre de la présidence chargée des municipalités, a constitué la fondation Popol Na « pour la promotion et le développement municipal ». Dan La Botz cite dans son livre [5] le cas – non unique – d’une institution de l’Etat qui s’est trouvée directement transformée en ONG : « le Centre pour la recherche et les études sur la réforme agraire (CIERA) du ministère de l’Agriculture et de la Réforme agraire a été offert dans son entièreté (propriété foncière, locaux, dossiers et personnel) à son directeur, le sociologue Orlando Nuñez, et est devenu le Centre pour la recherche et la promotion du développement rural et social (CIPRES) ».

Non seulement le gouvernement de Violeta Chamorro et Antonio Lacayo ne s’est pas opposé à ces pratiques, mais il les a acceptées dès la signature, le 27 mars 1990, des accords de transition. C’était d’abord le prix à payer pour que cette transition se fasse de façon ordonnée dans le cadre des institutions en vigueur. En second lieu, c’était aussi un moyen d’intégrer les chefs sandinistes au capitalisme dépendant, corrompu et népotique ayant historiquement caractérisé le pays, en générant ou renforçant des intérêts communs entre la vieille bourgeoisie et la nouvelle bourgeoisie sandiniste. Ce que confortèrent d’autres « piñatas », intervenues cette fois dans le cadre du processus de privatisation de la première moitié des années 1990, qui donnèrent lieu à un véritable partage du butin entre la droite au pouvoir et les dirigeants sandinistes. Ces derniers se retrouvèrent alors à la tête de dizaines d’entreprises d’importance non mineure, et l’on assista par la suite à des grèves d’ouvriers et employés sandinistes dirigées contre des patrons sandinistes, qui conduisirent la direction du FSLN à intervenir à plusieurs reprises pour proposer ou imposer des conciliations.

Austérité et privatisations néolibérales, réactions ouvrières, transformation du FSLN

Les contradictions se manifestèrent dès les premiers mois du gouvernement Chamorro. « En de nombreuses occasions, les dirigeants sandinistes signèrent des accords et participèrent à des concertations sur le dos de la base, provoquant le mécontentement des travailleurs. C’est dans ce cadre que la Fédération nationale des travailleurs (FNT) déclara son indépendance vis-à-vis de la direction nationale et fit éclater deux grèves en mai et juin 1990. La première, qui commença le 14 mai, avait à sa tête l’Union nationale des employés (UNE), des travailleurs au service de l’Etat dont les revendications portaient sur des augmentations de salaire et la stabilité des emplois, la grève visant à faire pression sur le nouveau gouvernement face à des rumeurs insistantes de licenciements massifs. La seconde grève, qui se déroula entre le 27 juin et le 12 juillet, impliqua des travailleurs du bâtiment, des ouvriers agricoles, des employés de l’industrie textile et de l’habillement » [6].

Alors qu’Humberto Ortega, comme on l’a vu, affirmait son soutien au gouvernement de Violeta Chamorro et envoyait l’armée contre les grévistes, Daniel Ortega déclara les revendications légitimes et se posa en médiateur. Un accord signé le 11 juillet entre le gouvernement et la direction de la FNT reprit l’essentiel des demandes des grévistes. L’augmentation salariale se trouva cependant réduite à néant, et le niveau de vie des travailleurs diminua bien davantage encore, lorsqu’en mars 2001 le gouvernement dévalua la monnaie de 500 %, tout en maintenant la hausse des salaires nominaux très en-deçà de ce niveau.

Au cours des mois et années suivants, Daniel Ortega suivit la même méthode consistant à affirmer son soutien aux revendications des travailleurs ainsi qu’aux organisations syndicales sandinistes, dont il s’érigeait en protecteur, à critiquer parfois avec virulence certaines mesures néolibérales, tout en se réunissant en secret avec les responsables du gouvernement et en donnant son blanc-seing à l’essentiel des plans d’austérité et de privatisation. Il réussit ainsi, d’une part, à affirmer son autorité sur le mouvement sandiniste (FSLN, syndicats et organisations sociales), d’autre part, à l’intégrer dans une grande « Concertation » formée avec le gouvernement de droite et les secteurs patronaux [7] qui le soutenaient, et dont l’objectif fut de discuter le rythme et les modalités d’application des contre-réformes néolibérales.

Le Nicaragua a vécu à cette époque sous perfusion de l’aide internationale, provenant de différents pays dont les Etats-Unis comme d’institutions internationales, les uns et les autres lui apportant dans les premières années près de 40 % de ses budgets – des sommes qui, il est vrai, ont surtout servi à payer les intérêts de la dette extérieure –, sans compter l’action sur le terrain d’ONG internationales qui palliaient le retrait des services de l’Etat. Mais le gouvernement Chamorro-Lacayo n’aurait pas pu mener sa politique, qui a totalement transformé la structure économique du pays, sans le concours de la direction sandiniste.

Plusieurs plans d’ajustement structurel, élaborés avec le FMI et la Banque mondiale, se sont succédé au cours de ces années. Un premier volet, destiné à relancer l’accumulation capitaliste et reconstituer un système de libre entreprise et libre marché inséré dans l’économie mondiale, a été celui des privatisations. A l’issue du mandat présidentiel, fin 1996, l’essentiel de l’ancien secteur d’Etat – qui avait représenté près de la moitié de l’économie nationale – était passé entre des mains privées, y compris celles d’anciens somozistes expropriés en 1979-80 et qui purent alors faire valoir leurs « droits ». Un second volet consista en une série de méga-dévaluations de la monnaie nationale, et un troisième en une restructuration et d’importantes réductions d’effectifs dans les administrations de l’Etat. Le gouvernement lança en outre la politique des zones économiques franches (avec exonérations d’impôts), en commençant à y attirer des ateliers d’assemblage (« maquiladoras ») de sociétés étrangères.

Les privatisations de cette époque ont concerné l’ensemble des banques, l’agro-industrie, l’électricité, la gestion de l’eau, les chemins de fer, tout comme une grande majorité des entreprises industrielles et de la distribution (dès 1993, 289 des 351 entreprises d’Etat avaient été restituées à leurs anciens propriétaires ou cédées à de nouveaux, nationaux ou internationaux), ainsi que les grandes exploitations agricoles. Dans ce dernier secteur, le gouvernement a négocié directement avec Jaime Wheelock, ancien ministre de l’agriculture et représentant de la direction sandiniste, qui a obtenu en « contrepartie » que 25 % des actions des nouvelles entreprises soient remises aux syndicats de travailleurs. Les bénéficiaires ont donc été les bureaucraties syndicales, tout particulièrement les hauts responsables qui se sont considérablement enrichis. Plus généralement, et sans surprise, le processus de privatisation a principalement bénéficié aux membres du gouvernement et à leurs amis – sans oublier une série de dignitaires sandinistes.

Crises et divisions au FSLN, absence d’alternative de gauche

Depuis sa fondation, le FSLN s’était défini non comme un parti politique mais comme une « organisation politico-militaire », avec tout ce que cela implique comme dans le cas d’autres mouvements de guérilla. A commencer par une structure bureaucratique et verticaliste où, en l’absence de congrès et de tout débat démocratique, une direction de neuf membres, non élus et se cooptant entre eux, n’avait même pas à rendre de comptes à la base. Le slogan affiché dans les rues de Managua et des autres villes, «  !Dirección nacional, ordene ! » (Direction nationale, donne-nous tes ordres !) résumait le fonctionnement du mouvement comme en grande partie, sous son règne, celui du pays. Significativement, la division en trois tendances que le Front sandiniste avait connue jusqu’en mars 1979 (quand la réunification se produisit à Cuba, sous l’égide de Fidel Castro) répondait moins à des raisons d’orientation ou de stratégie politique qu’à des questions de tactique militaire.

La défaite électorale de février 1990 et les positionnements pour le moins conciliateurs vis-à-vis du nouveau gouvernement de droite provoquèrent cependant d’importants débats et dissensions dans les rangs du FSLN, au point que sa direction dut convoquer pour juillet 1991, près de quarante ans après sa création, le premier congrès de l’organisation.

Deux courants apparurent durant les débats préparatoires. L’un, dit « basiste » ou « principiel », avait notamment à sa tête des responsables syndicaux impliqués dans les grèves qui s’étaient succédé depuis mai 1990. Il insistait sur la nécessité pour le Front de défendre les intérêts des travailleurs des villes et des campagnes, ainsi que de ne pas renoncer aux objectifs du socialisme – compris selon les conceptions « marxistes-léninistes » de la bureaucratie stalinienne et de la direction cubaine. L’autre courant, défini comme « pragmatique » ou « social-démocrate », avait pour principal exposant Sergio Ramírez, ancien membre du GRN, ancien vice-président du pays et alors chef de la délégation parlementaire à l’Assemblée nationale. Pour ses partisans, le FSLN devait s’intégrer pleinement dans les nouvelles institutions démocratiques, lui-même se démocratiser en abandonnant son fonctionnement de structure militaire, ainsi qu’œuvrer à la défense des intérêts du peuple dans son ensemble et non pas seulement des travailleurs et des paysans pauvres.

Henri Ruiz, l’un des neuf commandants historiques de la DN, résumait ainsi l’orientation des « pragmatiques » : rechercher une « large alliance avec les secteurs sociaux et politiques réellement intéressés à placer leurs intérêts, leurs efforts (…) là où se trouvent ceux du Nicaragua, au-delà des intérêts de groupe (…) La réconciliation nationale (…) doit réellement permettre de préserver et approfondir les conquêtes nationales et populaires. » [8] Ce second courant tirait aussi, à sa façon, des leçons de l’implosion du bloc de l’Est et de la crise terminale de l’URSS. Les mots de Victor Tirado, un autre membre de la DN historique (où il avait représenté la tendance « tercériste » aux côtés de deux frères Ortega), sont significatifs : « je crois que le cycle des révolutions anti-impérialistes, comprises en tant qu’affrontement total, militaire et économique, avec l’impérialisme, est en train de se clore. Il faut rechercher d’autres options (…) La tendance historique mondiale peut être réduite à deux mots d’ordre : économie de marché et élections libres. » Aussi fallait-il se dégager de l’ancien projet du FSLN qui « signifiait une lutte sans fin contre l’impérialisme nord-américain. » [9]

Soutenu notamment par Tomás Borge et Humberto Ortega, Daniel Ortega choisit alors de reprendre l’essentiel du discours des « basistes » tout en insistant sur l’indispensable unité du mouvement sandiniste, et alors qu’il menait dans les faits une politique bien plus proche de celle préconisée, hors son versant démocratique, par les « pragmatiques ». Il parvint assez aisément à ses fins et, moyennant quelques concessions s’agissant du fonctionnement du Front (dont « l’intégration à la DN de Sergio Ramírez et René Nuñez [comme] façon de maintenir l’équilibre politique » [10]), la liste de direction présentée par la… direction, et reconduisant les mêmes en plus des deux entrants, fut élue sans réelle opposition. Malgré les réaffirmations d’orthodoxie de la direction ortéguiste, le congrès vota également l’adhésion du FSLN à l’Internationale socialiste, dont celui-ci resta membre jusqu’à son exclusion en février 2019, pour répression « excessive » du mouvement populaire.

Si le courant « basiste » put ainsi être réabsorbé, il n’en fut pas de même des « pragmatiques », ou du moins de l’ensemble d’entre eux. Les révélations qui commençaient à fuser quant à la réalité de la « piñata » soulevaient l’indignation de nombreux militants, tandis que les élus se prenaient au jeu de la démocratie parlementaire. En 1994, 30 des 39 députés sandinistes entrèrent en dissidence. Ils proposèrent et firent adopter par l’Assemblée, en constituant une majorité avec d’autres députés notamment de droite, mais contre la position commune de la direction du FSLN et du gouvernement, une série d’amendements constitutionnels. Pour l’essentiel, ces amendements accroissaient les droits du parlement en réduisant quelque peu ceux de la présidence, renforçaient les libertés individuelles et « l’Etat de droit », donnaient valeur constitutionnelle au droit de propriété qui devenait inviolable sauf raisons de force majeure et dues indemnisations.

Le Mouvement rénovateur sandiniste (MRS) a été fondé officiellement le 21 mai 1995, afin de préparer les élections générales de la fin 1996. Parmi ses fondateurs les plus connus figuraient Sergio Ramírez, le commandant de la DN « historique » Luis Carrión, le prêtre Ernesto Cardenal ainsi que Dora María Téllez, militante sandiniste de longue date et ancienne vice-présidente du Conseil d’Etat (qui faisait office de parlement dans les premières années du pouvoir sandiniste). Au plan international, il a adhéré un an plus tard à l’Alliance progressiste, formée de 130 partis pour la plupart sociaux-démocrates mais comprenant aussi le Parti démocrate italien ou le Parti du Congrès indien.

Le MRS s’est présenté à plusieurs élections, générales et locales, a obtenu quelques députés, mais n’est jamais parvenu à contester au FSLN la représentation légitime du sandinisme, restant confiné à une certaine marginalité, avec bien plus d’intellectuels et de figures connues que de base militante. Mais surtout, bien que rejoint par certains opposants de gauche à la direction ortéguiste, son orientation fondamentalement sociale-démocrate a contribué à bloquer toute émergence depuis le sandinisme d’une alternative de gauche. Une fois revenu au pouvoir, le FSLN a utilisé son contrôle du Conseil supérieur électoral pour le priver de sa légalité électorale.

Début 2005, en réaction et opposition au pacte Ortega-Alemán (dont il sera question plus loin) a surgi le MPRS, Mouvement pour le sauvetage (« por el rescate ») du sandinisme, avec les commandants de la DN historique Henry Ruiz et Victor Tirado, l’ancien ministre et maire de Managua Herty Lewites, l’ancienne ministre Mónica Baltodano. Le MPRS a connu une trajectoire similaire à celle du MRS. L’un et l’autre, ou leurs représentants anciens ou actuels, ont participé à diverses coalitions avec des formations bourgeoises, démocrates-chrétiennes ou fractions du vieux Parti libéral, et sont aujourd’hui membres de l’UNAB (Unité nationale Bleu et Blanc), la coalition d’opposition à la dictature du régime Ortega-Murillo qui est hégémonisée par la principale organisation patronale, le COSEP.

Retour des somozistes, corruption et nouveau pacte

Ce n’est qu’à la fin du mandat de Chamorro, en 1995-1996, que le Nicaragua a connu un début de reprise économique, facilité il est vrai par les substantiels abandons de dette consentis par une série de pays et institutions internationales. Autant dire que les détenteurs du pouvoir n’ont pas eu la possibilité de tirer de leurs efforts un bénéfice électoral.

Les élections du 20 octobre 1996 ont été remportées par le candidat du PLC (Parti libéral constitutionnaliste, fondé en 1968 par un ministre du Travail de Somoza) et de sa coalition, l’Alliance libérale, Arnaldo Alemán, avec 51 % des voix contre 38 % à Daniel Ortega, déjà candidat aux élections de 1984 et 1990 et qui le sera encore, jusqu’à ce jour, à chacune des présidentielles suivantes. Ancien maire débonnaire et populiste de Managua, Alemán avait promis de combattre les élites politiques et économiques au service de la finance internationale et de mener une « guerre contre le chômage et la pauvreté ».

Ancien partisan de Somoza, fils et riche héritier d’un dignitaire de son régime, Arnaldo Alemán avait été emprisonné durant neuf mois en 1980-81. Le bulletin Envío (n° 187 d’octobre 1997) souligna que « les parents et amis proches de Somoza sont partie prenante du libéralisme aujourd’hui au pouvoir. Ils occupent des postes dans les ambassades, les ministères, les mairies. Ils sont présents dans toutes les structures du nouveau gouvernement. Peu après s’être installé au pouvoir, dans un irresponsable étalage de vantardise, Arnaldo Alemán a remboursé à la famille Somoza la contribution qu’elle lui avait versée pour sa campagne électorale, en l’invitant à revenir au pays réclamer ses propriétés confisquées. Les premiers ont commencé à arriver en avril. »

Comme après lui son successeur Enrique Bolaños, Alemán a poursuivi, dans un environnement économique devenu moins instable et plus favorable au développement des affaires, les politiques néolibérales de privatisation et d’austérité. Au cours de ces dix années, elles ont permis à une classe capitaliste reconstituée de développer largement ses profits, tandis que la situation des classes populaires ne connaissait pas d’amélioration notable et que les travailleurs enregistraient même une détérioration de leurs conditions d’emploi, du fait d’un fort développement de la précarité.

Mais ce qui a surtout marqué le mandat d’Alemán est l’ampleur, non vue depuis la dictature somoziste, de la corruption impulsée et pratiquée depuis le pouvoir d’Etat. Le président de la Cour des comptes, Agustín Jarquín, découvrit une série d’affaires impliquant directement Arnoldo Alemán, y compris des preuves d’enrichissement personnel. Il rendit public le résultat de ses investigations, qu’il transmit à la justice. Mais c’est Jarquín qui se retrouva alors en prison – où il resta 45 jours – pour « préjudice causé à la Nation ».

Après qu’une partie de sa base parlementaire eut fait défection, Alemán se vit menacé d’une levée de son immunité présidentielle. Pour se sauver, il décida de rechercher un accord avec Daniel Ortega, afin de pouvoir compter sur le vote des députés du FSLN. De son côté, sous la menace de la plainte pour viol et abus sexuels déposée par sa belle-fille, Zoilamérica Narvaéz (fille de Rosario Murillo), devant la Cour interaméricaine des droits humains, Ortega avait également besoin de s’assurer le soutien du parlement et des plus hautes juridictions du pays.

Négocié en 1999 et mis en œuvre en 2000 à travers l’adoption d’une série de lois, le « pacte Ortega-Alemán » assura aux frères ennemis FSLN et PLC une majorité (ou minorité de blocage) non seulement à l’Assemblée nationale mais aussi à la Cour suprême, au Conseil supérieur électoral, à la Cour des comptes, au Bureau du procureur général ainsi qu’au Conseil de supervision des banques. Dans le cadre de ce pacte, le chef du FSLN se vit en outre offrir deux cadeaux de grande valeur. D’une part, une nouvelle loi sécurisant juridiquement la « piñata » sandiniste de 1990. D’autre part, une réforme des règles de l’élection présidentielle, aux termes de laquelle un candidat pourrait désormais être élu dès le premier tour si, arrivé en tête, il obtenait 35 % des suffrages exprimés – soit à peu près le socle électoral maintenu du FSLN – avec 5 % d’avance sur le candidat figurant en deuxième position.

L’accumulation de ses casseroles empêchant cependant Arnoldo Alemán de briguer un second mandat, celui-ci décida de soutenir aux élections du 4 novembre 2001 la candidature de son vice-président, Enrique Bolaños. Après avoir fait fortune dans le coton, celui-ci était devenu l’un des tout premiers capitalistes du pays. Il avait été porté à la tête de plusieurs organisations patronales, comme président de l’Association des producteurs de coton de l’Est, directeur de l’Union des producteurs agro-alimentaires du Nicaragua, directeur de la Chambre d’industrie du Nicaragua et, entre 1983 et 1988, président du COSEP.

Dans un scrutin qui tourna au tête-à-tête avec l’éternel candidat du FSLN, Daniel Ortega, Enrique Bolaños l’emporta largement, par 56,3 % contre 42,3 %. Arnoldo Alemán pensait contrôler son successeur, comme il contrôlait toujours leur parti commun, le PLC. Mais Bolaños, qui bénéficiait du soutien de l’administration de George W. Bush, prit son indépendance. Après une série de heurts avec les partisans de l’ancien président, qui entravaient l’application de sa politique en défendant le statu quo ante, il décida de lancer une campagne anti-corruption visant tout particulièrement Alemán. Après des péripéties judiciaires, ce dernier se trouva condamné à vingt ans de prison – qu’il n’accomplit pas, bénéficiant pour des raisons médicales d’un régime de prison domiciliaire, avant que la Cour suprême contrôlée par le PLC et le FSLN n’annule simplement la sentence.

Une conséquence de l’affrontement Alemán-Bolaños fut une division profonde de la droite, qui allait marquer la campagne électorale et les élections de 2006…

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NOTES DE BAS DE PAGE

[1Antonio LACAYO OYANGUREN, La difícil transición nicaragüense en el gobierno de Doña Violeta Chamorro, Managua, Fundación UNO, 2006.

[2La dette reconnue à ce titre par l’Etat, et qui couvre notamment la « piñata » à laquelle il est fait référence plus loin dans le texte, était de 1,3 milliard de dollars. Depuis 1990, les Nicaraguayens la payent chaque année à travers les ponctions opérées sur le budget de l’Etat. Celui de 2019 s’élève à 2,84 milliards de dollars et prévoit un déficit très lourd, 318 millions soit 12 %. Il alloue 72 millions de dollars au remboursement de cette dette qui ne sera normalement éteinte qu’en 2033.

[3Selon la revue Envío, n° 146 de septembre 1993, publiée par l’Institut historique de l’Université centre-américaine de Managua, une institution privée fondée et dirigée par des jésuites. Les rédacteurs de ce bulletin mensuel, lancé en janvier 1981 et dont la publication se poursuit jusqu’à aujourd’hui, ont soutenu la révolution sandiniste avant d’évoluer vers une approche plus critique – depuis la droite. Tous ses numéros sont disponibles dans la rubrique « archives » de son site.

[4Du nom d’une effigie en papier mâché, souvent celle d’un animal, remplie de bombons et que l’on offre aux enfants à l’occasion des fêtes. Après avoir déchiré la « piñata », les petits se précipitent au sol pour se disputer et récupérer les friandises.

[5Dan LA BOTZ, What Went Wrong ? The Nicaraguan Revolution. A Marxist Analysis, Chicago, Haymarket 2018.

[6Juan José MONROY GARCÍA, Transición a la democracia en Nicaragua 1990-1996, Mexico, UAEM, 2001.

[7A l’exclusion notamment de l’organisation patronale la plus puissante, le COSEP (Conseil supérieur de l’entreprise privée), passé dans l’opposition au gouvernement Chamorro aux côtés de Virgilio Godoy et de la plupart des députés de l’UNO.

[8Barricada, 27 décembre 1990. Cité par Carlos M. VILAS dans son article « El debate interno sandinista », revue Nueva Sociedad n° 113 de mai-juin 1991.

[9Barricada, 20 mars 1990 et El Semanario, 29 novembre 1990. Cité par Carlos M. VILAS, Ibid..

[10Envío, n° 118 d’août 1991.
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