^

Politique

1er Mai. La police verbalise des dockers lors d’un rassemblement au port de La Réunion

En fin de matinée, les dockers réunionnais, en première ligne depuis le début de la crise pour permettre l'approvisionnement de la population de l'île, ont pris plusieurs amendes de 135€ chacun pour s'être rassemblés sur leur lieu de travail afin de célébrer la journée du premier mai.

vendredi 1er mai

Crédit Photo : Stéphan Laï-Yu

A la Réunion, le deux poids deux mesures s’expérimente frontalement. Aujourd’hui, pour célébrer le 1er mai, les syndiqués de la CGTR Port et Dock ont écopé d’une amende de 135 euros chacun pour avoir organisé un rassemblement sur leur lieu de travail, le Port Est de l’île. Dario Riquebourg, secrétaire général du syndicat, explique : « nous voulions célébrer un 1er mai d’espoir pour changer la politique et de modèle de société après cette crise du covid-19 provoquée par la mondialisation. Nous voulions aussi rendre hommage à tous ceux qui ont travaillé pendant la période de confinement pour que la population ne manque de rien ».

En effet, les dockers de l’île sont en première ligne pour permettre l’approvisionnement de la population en denrée alimentaires et autres ressources nécessaires à la vie. Et pour cela, les cadences de travail se sont multipliés : « On n’a jamais autant bossé ! Il y avait en permanence deux ou trois bateaux dans le Port. On a assuré l’approvisionnement de l’île. Il n’a manqué de rien. » déclare Riquebourg

Nouvelle démonstration que, malgré sa nécessité, le confinement est une règle à deux vitesses. Lorsqu’il s’agit de rassembler les travailleurs dans des conditions sanitaires discutables pour maintenir les entreprises à flot, les gestes barrière ne sont qu’un détail. A l’inverse, lorsque les travailleurs choisissent de fêter ce 1er mai, c’est un « rassemblement inadmissible » comme le déclare Dambreville, commandant de police réunionnais. Si ces verbalisations sont bien appliquées, Riquebourg annonce un « arrêt de travail » chez les dockers réunionnais. 

Alors que ce matin-même, Macron infantilisait les travailleurs en comparant les manifestations à des « chamailleries » et qu’en plein Paris, Marine Le Pen et des militants du FN venaient déposer une gerbe de fleurs au pied de la statue de Jeanne d’arc, des travailleurs se font réprimer pour avoir voulu célébrer la journée internationale des travailleurs.