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Politique

Contre Macron et sa réforme des retraites, pour nos salaires

1er mai. Ni dialogue social, ni 3ème tour électoral : préparons la contre-offensive !

La traditionnelle manifestation pour la journée internationale des travailleurs et travailleuses se tiendra ce dimanche. Alors que Macron prépare une offensive contre nos retraites et que la faiblesse des salaires est plus brûlante que jamais, cette journée doit permettre de discuter de perspectives par en bas pour faire face au gouvernement.

mercredi 27 avril

Crédits photo : O Phil des Contrastes

Un 1er mai sur fond de réélection de Macron et son programme de guerre sociale

Dimanche, Emmanuel Macron était réélu. Avec 58% des voix, le candidat préféré du MEDEF l’a emporté face à Marine Le Pen, dont le projet raciste et anti-ouvrier prospère sur la haine du Président des riches. Dans le cadre de ce duel réactionnaire, l’abstention historique rappelle cependant la crise du régime et le rejet suscité par deux candidats qui n’ont rien à offrir à notre classe. Pour la macronie, la célébration de la réélection n’aura donc pas duré longtemps. Face à la faible légitimité du Président et la peur de la rue, elle cherche à redonner du grain à moudre au « dialogue social » pour accompagner ses contre-réformes et faire passer son programme.

Sur le fond, celui-ci reste inchangé : nous faire travailler plus, poursuivre les cadeaux au patronat et renforcer la police pour réprimer la contestation et les quartiers populaires. Parmi les priorités, repousser l’âge de départ à la retraite à 65 ans. Une contre-réforme pour laquelle Macron n’exclut pas d’utiliser le 49.3. Dans le même temps, pas question d’augmenter les salaires malgré l’inflation qui ronge nos budgets. Pour Macron II comme pour Macron I c’est aux travailleurs de payer la crise.

C’est dans ce contexte que se tiendra ce dimanche la traditionnelle manifestation du 1er mai. Dans son appel, l’intersyndicale (CGT, l’UNSA, Solidaires, FSU, UNEF, VL, MNL et FIDL) appelle à faire de cette journée : « un temps fort de la mobilisation pour les salaires, les pensions, la protection sociale, les emplois, les services publics, l’engagement de la rupture écologique, la paix » et revendique notamment « des mesures fortes et générales d’augmentation des salaires et des pensions, des bourses étudiantes et un plan de rattrapage des pertes accumulées. »

Des perspectives posées centralement sur le terrain institutionnel à gauche et dans le mouvement ouvrier

Pourtant, pour s’opposer à cette perspective et conquérir ces revendications, ce sont les voies institutionnelles qui priment actuellement à gauche et dans le mouvement ouvrier.

Largement absentes depuis le début de la pandémie, les directions syndicales font ainsi du retour au « dialogue social » la priorité, espérant être « écoutées » par Macron. Malgré les grèves qui se développent autour des salaires, dans le cadre des Négociations Annuelles Obligatoires (NAO), dans des entreprises telles que Leroy Merlin, Dassault, Airbus, Thalès, AAA ou Mecachrome, leur priorité depuis janvier a été les réunions avec le patronat, qui ont abouti lors de l’entre-deux tours à un texte commun appelant à « redynamiser le dialogue social ».

Du côté de l’Union Populaire, le troisième tour ne doit pas être « social » mais « électoral », par l’élection de Mélenchon premier ministre de Macron. Après des années à critiquer la « monarchie présidentielle », il semblerait qu’une cohabitation dans le cadre de la Vème République suffise finalement à nous protéger des attaques patronales.

Ces deux perspectives ont un point commun : nous pousser à renoncer à nos luttes - qu’il s’agirait « d’économiser » - et à placer notre confiance dans les institutions et les discussions entre patronat, gouvernement et syndicats. En 2019, c’est pourtant bien la grève reconductible historique initiée par les travailleurs des transports qui a permis d’obtenir un recul de Macron sur son système de « retraites à points ». De même, alors que l’inflation, aggravée par la guerre en Ukraine, rogne nos budgets ce sont les grèves des derniers mois qui ont mis la question des salaires dans le paysage.

Préparer les résistances et la contre-offensive

Alors que rien n’effraie plus le régime que de nouvelles explosions sociales, l’urgence est de rompre avec les impasses institutionnelles. Comme en 1936 ou en 1968, préparons la résistance aux offensives à venir ainsi que la contre-attaque. C’est comme cela que nous ferons reculer Macron et arracherons de nouvelles conquêtes telles que la réduction du temps de travail, l’augmentation générale des salaires et leur indexation sur les prix ou la retraite à 60 ans.

Pour cela, il faut exiger la rupture du « dialogue social » et faire de la construction d’un plan de bataille commun - capable de mobiliser travailleuses et travailleurs en grève, Gilets jaunes, étudiant·e·s, lycéen·ne·s, habitant·e·s de quartiers populaires, chômeur·se·s - la priorité de notre classe. Contre le gouvernement, contre l’extrême-droite qui prospère sur ses attaques, préparons la contre-offensive !



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