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Politique

Violence policière

1er mai. Un voltigeur a-t-il frappé un malvoyant ?

Chaque samedi a son lot de violence policière. Le 1er mai aussi. Mercredi dernier, un voltigeur, aurait frappé un malvoyant avant de fuir devant la colère des manifestants. Un acte qui montre une fois encore l’ignominie de la répression qui s’abat sur toute personne osant relever la tête.

lundi 6 mai

Crédit photo : DR

Une vidéo postée sur Facebook par SUD Rail Paris Nord montre une scène édifiante. Un policier portant un casque de motard frappe des personnes sur un trottoir lors de la manifestation du 1er mai. Une scène bien banale qui émaille chaque manifestation depuis le mois de novembre.

Sauf qu’ici, il semblerait que le policier, un voltigeur membre des BRAV-M (« brigades de répression de l’action violente motorisées ») s’attaque à un homme « armé » d’une canne blanche qui, semble-t-il, tient à son bras un autre homme portant des lunettes noires pour « dissimuler son visage ». Dans la vidéo, on voit cet homme, T-shirt gris, qui semble être malvoyant et un homme, T-shirt noir et lui bien voyant, tenant une canne blanche qui la tend pour mettre une distance de sécurité entre le policier et eux. L’homme en noir semble aider celui en gris. Ils sont sur le trottoir avec plusieurs personnes et ne sont en rien agressifs.

CheckNews rapporte le témoignage d’une personne présente à ce moment là de la manifestation. « A un moment, une ligne de policiers casqués prenant toute la chaussée commence à descendre le boulevard pour évacuer les derniers manifestants sur la route (il n’y a quasiment personne, quelques petits groupes reprennent leurs esprits sur les trottoirs). J’entends une femme les traiter d’ "enculés" et faire un doigt d’honneur, elle a les yeux en pleurs, semble avoir pris une énorme dose de lacrymogènes. Elle marche péniblement et est assistée par des amis. Un policier casqué se retourne, la menace du doigt, puis charge seul ! Il avance vers la femme mais frappe les gens qui s’interposent. Là, je le vois donner des coups de matraque à ce monsieur avec sa canne ».

Lorsque l’on regarde BFM TV, des invités, syndicalistes policiers ou anciens membres des forces de l’« ordre », viennent expliquer qu’ils n’ont jamais vu de charge policière ou de violences policières injustifiées. Lorsque des images montrent le contraire, ils osent dire que ce sont malheureusement des dommages collatéraux. Quand on est du bon côté de la manifestation, il suffit d’y rester une heure pour voir que cette vision des choses est fausse et mensongère.

Dans ce cas précis, les images parlent d’elles mêmes. Un policier frappe sans raison une personne malvoyante et la personne qui semble l’aider. Ils ne peuvent présenter aucun danger pour l’agent ou pour qui que ce soit. La seule chose qu’ils font c’est tendre vers le bas la canne blanche mais on voit nettement sur la vidéo que ce n’est pas un geste agressif mais de protection. Cela n’a pas empêché le voltigeur de taper dans le tas, qu’importe que l’un des deux hommes soit malvoyant.

Devant cette violence gratuite habituelle, les manifestants se sont avancés vers le policier qui a été obligé de se replier rapidement. Sa fuite a été accompagnée d’insultes et de quelques jets de projectiles de la part des manifestants indignés. Quelques instants après, des renforts sont arrivés pour violemment disperser les petits groupes de manifestants présents. D’après CheckNews, rapportant les propos d’un témoin, lors de cette charge, l’homme en gris qui a récupéré sa canne blanche a « montré sa carte d’invalidité » aux forces de répression. « Une jeune fille de 15 ans malmenée, [...] a dû être prise en charge par les street medics ». explique également un témoin à CheckNews.

Le service de vérification de l’info de Libération révèle que Taha Bouhafs, journaliste pour « Là-bas si j’y suis » a filmé une partie de cette charge, avant qu’un policier ne lui prenne sont téléphone et le jette.

Cette lâcheté des forces de répression n’est plus à démontrer mais il est important de montrer ce que les médias de grande audience passent sous silence. Les violences policières sont omniprésentes lors des manifestations et ils ne font pas de discriminations, que se soit de genres, de nationalités, de religions, qu’on soit handicapé ou non. Le gaz a le même effet irritant sur tous, la grenade de désencerclement mutile tout le monde, le flash-ball crève les yeux de n’importe qui et la matraque fracasse les crânes. C’est cela aussi l’égalité de la Vème République française, toutes et tous égaux devant la répression policière, du moment qu’on se trouve du bon côté de la barricade.




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