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Transports

2,30€ le ticket, 90€ le navigo : Pécresse menace les usagers d’une hausse drastique du prix des transports

2,30€ pour un ticket de metro, 90€ par mois pour un Pass navigo... Dans un courrier révélé ce week-end, Valérie Pécresse menace d'une augmentation drastique du prix des transports en janvier sur fond de bras de fer avec le gouvernement pour savoir qui prendra la responsabilité de faire payer les usagers.

Léa Luca

28 novembre 2022

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Crédits photo : AFP / Martin Bureau

Une hausse de 21% du prix du ticket de métro, qui passerait de 1,90 euro aujourd’hui à 2,30 euros, un carnet de dix tickets qui passerait lui de 14,90 euros à 17,90 euros pour sa version dématérialisée et 20,30 euros pour la version papier, enfin un Pass navigo qui pourrait passer de 75 à 90 euros (+36%) : voilà la menace qui pèse sur l’ensemble des usagers des transports en Ile-de-France pour les prochains mois.

Dans une lettre du 25 novembre adressée aux administrateurs de IDFM et consultée par l’AFP, la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse évoque en effet de potentielles hausses drastiques des prix du ticket de métro et du Pass Navigo à partir de janvier 2023. Des augmentations mises en avant pour menacer le gouvernement : ou celui-ci augmente le soutien à IDFM, en baissant la TVA sur les transports en commun ou en augmentant le versement mobilité des entreprises, ou les usagers paieront le prix.

Alors que la Région met en avant la nécessité de combler la dette de 750 millions d’euros engrangée par Ile-de-Francemobilités (IDFM) depuis 5 ans mais aussi l’explosion des prix de l’électricité, qui devrait faire monter à 950 millions les surcoûts d’exploitation des transports en 2023 selon Valérie Pécresse, elle et le gouvernement se renvoient la balle sur la responsabilité de l’augmentation des prix.

En septembre, Pécresse annonçait ainsi « vouloir augmenter le Pass navigo le moins possible » et disait dans une interview au Parisien au début du mois trouver « totalement injuste et socialement insupportable que les voyageurs financent seuls les énormes besoins de 2023 ». De son côté, le ministre des transports Clément Beaune dénonçait dimanche un « choix politique » de la région sur Europe 1 – Cnews : « C’est intenable d’avoir un passe Navigo à 100 euros, et quelle est la justification ? ».

Par-delà cette mascarade, où Les Républicains tentent de se faire passer pour des amis des usagers après avoir augmenté deux fois le prix du Navigo en 7 ans tandis que la macronie protège les patrons et se satisfait de déléguer à la droite la responsabilité d’augmenter les prix, tous deux partagent en réalité le même objectif : faire payer l’augmentation des transports aux travailleurs.

Une situation qui indigne du côté des travailleurs de la RATP. Interrogé par Révolution Permanente, Jeff, machiniste au centre bus RATP de Malakoff, militant à la CGT explique ainsi : « c’est une aberration. On perd aujourd’hui en pouvoir d’achat et la solution qui est trouvée c’est de faire payer l’usager encore plus cher. Il demande des augmentations de salaire et on lui augmente les prix des titres de transports pour aller au travail ! »

D’autant que cette menace de hausse s’inscrit dans un contexte de crise des transports en commun en Ile-de-France, marqué depuis la pandémie par détérioration du service, une offre de transport réduite, des retards massifs du fait de la casse violente des conditions de travail des agents de la RATP. Une situation qui est directement liée à la privatisation et l’ouverture à la concurrence en cours dans l’entreprise, que doit poursuivre Jean Castex, fraichement nommé à la direction de la régie.

Face à une gestion des transports qui détruit les conditions de travail des travailleurs et place les usagers sous la menace d’augmentations tarifaires permanentes, ces nouvelles annonces rappellent la nécessite d’une lutte pour une véritable politique de transports publics, dégagée des logiques de rentabilité actuelles. Une perspective qui ne sera possible qu’à l’issue d’une lutte d’ensemble pour arracher les entreprises des transports à l’État et aux entreprises privées et les placer sous contrôle des travailleurs comme des usagers.


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