^

Notre classe

Nos vies, pas leurs profits

2 ouvriers morts sur le chantier parisien d’un immeuble loué par Orange

Jeudi 25 avril, deux ouvriers ont trouvé la mort sur un chantier de démolition. L'effondrement d'une dalle de béton s'est abattu sur eux pendant qu'ils étaient dans le bâtiment. Une pensée pour leurs proches et leur famille... personne ne devrait perdre sa vie à la gagner !

vendredi 26 avril

Image d’illustration : S.C.Batiactu, Chantier Bouygues au TGI de Paris fin septembre 2015

On pourrait se dire que ce n’est qu’un accident, une simple exception, mais ça ne l’est pas. Les conditions de travail dans le bâtiment, en plus de dégrader progressivement la santé des travailleurs (poussière, bruit, charges lourdes, tâches répétitives, etc...) les mettent très souvent en situation de danger direct. Malgré les multiples normes et outils « sécurisés » imposés à ces derniers, particulièrement à ceux du bâtiment, le travail n’en reste pas moins dangereux et potentiellement mortel.
Dans le cas des deux ouvriers décédés, il est évident que ces morts auraient pu être évitées. L’entreprise concernée est responsable des conditions dans lesquelles travaillent ses employés. Pourtant, on le sait bien, l’impasse sur la sécurité est souvent faite au profit de « l’efficacité ». Dans le cas présent, il y a de quoi s’interroger quand on comprend que le bâtiment appartient à Covivio, un groupe de gestion foncière dont le patrimoine est évalué à pas moins de 23 milliards d’euros.
L’entreprise Orange (ex-France Telecom), qui occupe les locaux, est déjà connue pour son bilan meurtrier : en 2008 et 2009, elle avait connu une vague de suicides (35 personnes), directement liée pour beaucoup au « management de la terreur qui régnait dans l’entreprise ». Didier Lombard, chargé de la privatisation du groupe France Télécom avait ainsi déclaré en 2006 : « En 2007, je ferai les départs d’une façon ou d’une autre, par la fenêtre ou par la porte. » Son procès, pour « harcèlement moral », ainsi que celui de deux autres dirigeants et quatre haut cadres, devrait s’ouvrir en mai 2019.

Plus généralement, le travail en France a fait plus de 20 000 morts depuis 2000. Les ouvriers, sont, de loin, les plus touchés par les accidents du travail. D’après les statistiques publiées en 2017 par Solidaires, un travailleur sur quatre s’est déjà blessé sur son lieu de travail. 42 % d’entre eux dont l’activité est relative à la construction déclarent avoir été touchés par ce problème, suivis par les travailleurs en industrie (31%).

Au delà des accidents de travail, on ne compte plus le nombre de suicides en lien direct avec les conditions de travail. A l’image des 2 suicides d’enseignantes en 2 semaines ou encore des vagues de suicides dans les hopitaux, à LaPoste et à là SNCF, les conditions de travail sont une des principales causes de mortalité, étouffée par un silence médiatique et politique persistant.

Toutes nos condoléances aux proches et aux familles des ouvriers décédés.