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Jeunesse

De nouveaux précaires de l'ESR ?

20.000 tuteurs étudiants. Vidal combat le décrochage scolaire par la précarité étudiante

Frédérique Vidal a annoncé le recrutement de 20 000 étudiants tuteurs pour 2021, un nouveau coup de com’ de la part du gouvernement qui préfère offrir des emplois précaires que de mettre en place de réelles solutions à hauteur de la situation de détresse dans laquelle se trouvent les étudiants, faute de moyens dans les Universités.

vendredi 15 janvier

Crédits photo : Ludovic Marin/AFP

Hier, dans son discours aux côtés du premier ministre, Fréderique Vidal, en charge de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, a confirmé l’annonce faite fin novembre quant au recrutement de 20 000 étudiants tuteurs chargés de « soutenir pédagogiquement les étudiants ». La mission de ces nouveaux contractuels serait d’aider les étudiant.e.s en difficulté scolaire et en situation de décrochage scolaire. Par ailleurs, il s’agirait aussi de créer de nouveaux emplois étudiants, dans une situation de chômage accru et d’augmentation de la précarité dans la jeunesse. Ces tuteurs auraient pour mission d’accompagner des étudiant.e.s de première et deuxième année dans leurs études mais aussi de faire le lien entre les enseignants et l’ensemble des services dédiés aux étudiante.s. Pour résumer, les étudiant.e.s qui ont le plus de facilités peuvent aider ceux qui sont en difficulté tout en étant rémunérés.

Si sur le papier, cela peut avoir l’air d’un geste important de la part de la ministre, il s’agit d’une vaste opération de communication. De fait, dans la lignée du reste des mesures proposées, Vidal continue à offrir des miettes pour l’ESR. Alors que la situation est plus que dramatiques, la ministre propose d’augmenter le suivi psychologique et d’envisager seulement pour les L1 une réouverture des facultés progressives, dont on connait encore peu les contours.

Sa nouvelle trouvaille, se situe donc dans la création d’emplois ultra précaires, le nombre d’heure étant limité à 10 heures par semaine, ne permettra même pas donc pas à ces futurs tuteurs de toucher ne serait-ce qu’un salaire à hauteur du SMIC. Comme avec la plateforme « Un jeune, une solution », le gouvernement propose aux jeunes de se satisfaire de jobs sous-payés aux contrats ultras-précaires. Nous nous dirigeons donc vers une situation où des étudiants précaires, accompagnent des étudiants en décrochage, qui connaissent, pour beaucoup d’importantes difficultés économiques et matérielles.

Finalement le gouvernement continue de responsabiliser les étudiants de la résolution de la crise, et notamment des difficultés de la jeunesse, dont la détresse scolaire est pourtant une conséquence directe de la gestion désastreuse de la crise sanitaire. Mais également du manque de moyen criant dans l’enseignement supérieur, cause directe des politiques de casse de l’Université publique, mises en place notamment par Frédérique Vidal elle-même. Par exemple Parcoursup, qui a augmenté la sélection, aujourd’hui au coeur de la détresse des étudiants, pour qui Vidal dit ne pas vouloir "d’année blanche" pour continuer l’écrémage social. Mais aussi la LPR, qui précarise les travailleurs de l’ESR et avec eux les conditions d’enseignement et de suivi des étudiants, déjà bien dégradées.

En fin de compte, derrière la déclaration d’intention, la continuité de la stratégie du gouvernement s’est parfaitement reflétée dans ces attentions envers la jeunesse. Aucun moyen suffisant n’est alloué aux universités, seule solution pour envisager une reprise des cours sans que ce soit un désastre sanitaire. Par ailleurs, aucune réponse à la crise autre que des solutions qui vont accroitre la précarité ne sont proposées.

Face à ce mépris pour la jeunesse, il est nécessaire de porter des revendications fortes. Un SMIC pour tous les étudiants, indexé sur l’inflation et financé par les grandes fortunes, mais également un droit au logement pour tous et toutes via la réquisition et l’expropriation des logements vides ainsi que par la construction de nouveaux logements. Au vue de la difficulté psychologique accentuée à la période, la solution n’est pas la mise en place de contrats précaires comme proposé par le gouvernement mais l’apport de moyens supplémentaires importants .




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