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Politique

Risque de deuxième vague

200 clusters en France : une potentielle deuxième vague et un plan préventif qui arrive après la guerre

Campagne de tests, lits supplémentaires, commande de médicaments... Des mesures contenues dans un plan gouvernemental pour faire face à une possible deuxième vague du virus qui vont à contre-courant de tout ce qu'a fait et annoncé le gouvernement durant la crise de mars.

jeudi 2 juillet

Crédit photos : POOL/AFP - GEOFFROY VAN DER HASSELT

Alors que tous les secteurs terminent de reprendre leurs activités, le risque de deuxième vague se fait de plus en plus présent. Au moment des reconfinements partout dans le monde, de la Californie à l’Australie, de Lisbonne à la Rhénanie, en France on dénombre près de 200 clusters de coronavirus. Le gouvernement propose un plan pour anticiper une possible rechute alors que la Guyane pourrait encore avoir recours au confinement. L’objectif de l’exécutif : éviter à tout prix le un reconfinement national qui ferait baisser encore une fois la production et les profits patronaux.

On peut s’étonner de voir que ce plan comporte, par exemple, une campagne de tests massive, notamment en Ile de France, l’un des principaux foyers épidémiques depuis le temps fort de la crise, alors que le gouvernement se refusait obstinément de la mettre en place lorsque la pandémie était à son stade le plus haut prétextant que ce n’était pas utile pour contrôler l’évolution et la propagation de la maladie. Au sujet des lits de réanimations, dont la pénurie a coûté de nombreuses vies entre mars et mai, le trouble demeure. Véran propose d’augmenter les capacités d’accueil pour l’automne tout en affirmant au journal le Monde : « Aujourd’hui, il n’y a plus que 12 % des lits occupés par des malades du Covid-19 et il y a une mise au repos des équipes et une réduction du nombre de lits ». Plus loin, le ministre affirme la précommande de 400 millions de vaccins et l’importation de médicaments de réanimation qui ont fait défaut pendant la crise en insistant sur le fait de favoriser la production française afin de ne plus être dépendant de la situation internationale. Quid des respirateurs, de l’entreprise Luxfer par exemple, seule en Europe à produire des bouteille d’oxygène pour respirateur, mise à l’arrêt au début de l’année et dont les salariés licenciés réclamaient la nationalisation, auxquel le gouvernement fait la sourde oreille ?

Que dire enfin de la volonté de l’exécutif de décentraliser les stocks de masques en faisant en sorte que les entreprises aient 10 semaines de masques en stock ? Refusons de mettre notre santé dans les mains des patrons ! Sur cette question, la gratuité et le libre accès aux masques, mesure de protection nécessaire, est la seule manière de préserver au mieux la population. L’état s’y est refusé et s’y refuse encore, permettant l’ouverture à la concurrence de ce produit de première nécessité. Ainsi, l’on trouve aujourd’hui dans le commerce des masques à 9euros alors qu’il est encore obligatoire dans les transports et que la deuxième vague est une possibilité de plus en plus importante.

Dans cette sombre perspective d’une deuxième vague du virus, le gouvernement est donc bien décidé à prendre beaucoup plus de précaution qu’en mars dernier pour s’assurer la continuité de l’économie du pays et surtout des profits de son patronat. Cette campagne de test qui arrive bien trop tard, tout comme la question des lits de réanimation à augmenter d’urgence face au déficit de place qui a donné lieu à tous ces morts, sont autant de mesures qui viennent à contre-sens de toutes les affirmations de l’exécutif durant le temps fort de la crise.




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