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2020, année la plus chaude en France : le Covid n’a pas arrêté le désastre écologique

Une année 2020 pleine de rebondissements se clôt, à tel point qu’on en oublierait presque qu'elle fût en France l’année la plus chaude jamais enregistrée. Avec une température record moyenne de 14°C, cette année bat l’année 2018 et ses 13,8°C. Au-delà de l’épidémie de covid-19, l’année a aussi été ponctuée par les tempêtes, les vagues de chaleur et la sécheresse. Comme face au virus, ce sont les classes populaires qui sont les premières frappées par la pollution atmosphérique.

jeudi 31 décembre 2020

Crédit photo : AFP

2020 a été une année record sur bien des aspects, y compris du point de vue climatique. En effet, avec une température moyenne de 14°C, c’est l’année la plus chaude que la France ait connue, devant la précédente année record de 2018 (13,8°C). Le mois de février a été particulièrement doux et a été accompagné par deux canicules cet été dont une qui a duré 8 jours (entre le 6 et le 13 aout), marquée par des températures nocturnes importante.

Ce n’est pas moins de 12 tempêtes qui ont touché la France et l’Europe entre janvier et mars. On retiendra notamment la tempête Ciara qui a fait 7 victimes sur le continent. Dernièrement, c’est la tempête Bella qui a coupé plusieurs lignes électriques cet hiver. On a même vu une « mini-tornade » en Charente.

Ce qui frappe c’est l’augmentation significative des événements extrêmes au cours des dernières années. En effet, sept des dix dernières années les plus chaudes ont eu lieu au cours de la décennie 2011-2020. Conséquence directe du réchauffement climatique, les événements extrêmes eux aussi semblent se multiplier et continueront de le faire.

Alors que Macron enterre les propositions de la convention citoyenne sur le climat avec un referendum, on voudrait nous faire croire que toute l’humanité serait « dans le même bateau ». Ce printemps, alors que les températures élevées menaçaient les récoltes de blés, la Russie et de nombreux autres Etats avaient suspendu leurs exportations de blés. Cette suspension, à l’échelle internationale comme locale a conduit à une hausse des prix des céréales. Dans ces conditions, ces sont les classes populaires et les pays soumis à l’impérialisme - en Afrique, Asie et en Amérique latine - qui sont les plus impactés.

Cette année 2020 a aussi vu, pour la première fois, la justice britannique reconnaître le rôle de la pollution dans la mort d’une jeune fille de neuf ans en 2013. Sur le site Airparif qui donnent chaque jours l’état de l’air en région parisienne, on peut observé sur le bilan annuel de 2019 (dernier disponible à ce jour) que la concentration en oxydes d’azote ainsi qu’en microparticules est plus importantes dans le nord-est parisien, le long de l’autoroute A7 dans le sud de Paris ainsi qu’en Seine-Saint-Denis. Trois zones de l’agglomération peuplé d’avantage par les classes populaires. L’exposition aux polluants atmosphériques est donc plus importante pour les travailleurs et les travailleuses.

A partir de 2021, les microparticules de moins de 2,5 micromètres seront elles aussi suivies de façon quotidienne ; ces particules fines vont jusqu’à pénétrer le système sanguin et peuvent être à l’origine de cancers du poumon mais aussi de maladies cardiaques et d’AVC. Néanmoins, il reste un écart significatif entre les seuils d’alertes et la réalité des dangers pour la santé.

Finalement, la crise du coronavirus et son impact sur la production et l’économie en générale a conduit à une réduction des émissions de gaz à effets de serres de 7%. Pour Robert Vautard, climatologue, il faudrait maintenir cette réduction d’émissions pendant une dizaine d’année pour ne serait-ce que limiter le réchauffement climatique. L’ampleur de la crise économique, les annonces de licenciements et les crises internationales à l’image des émeutes de la faim qui ont secoué le Liban plus tôt cette année, montrent à quel point le modèle capitaliste n’est pas capable de permettre ce type de mesures sans plonger des portions énormes de la population dans la misère. Nous avons face à nous l’échec du capitalisme vert, face auquel les exploités doivent s’organiser pour permettre une sortie pour l’humanité qui ne ressemblent pas au film de 1973, Soleil vert.




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