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Jeunesse

Mobilisation lycéenne

24 janvier : les lycéens bloquent Louis Le Grand et dégagent l’UNI

Vendredi 24 janvier, les lycéens de Louis-le-Grand se sont joints à l’appel national de mobilisation et ont bloqué leur lycée avant de rejoindre la manifestation. Après le blocus du 16 janvier, les lycéens ont décidé de continuer leur combat contre la réforme des retraites et celle du bac et viré l'UNI, syndicat de droite, qui était venu pour s'opposer à leur action.

samedi 25 janvier

Alors que les blocages se multiplient dans les lycées, notamment sous l’impulsion de nombreux professeurs en grève reconductible, les lycéens de Louis-le-Grand continuent de s’inscrire dans ce combat et ont bloqué ce vendredi 24 janvier avant de rejoindre la manifestation à République.

La mobilisation dans ce lycée avait déjà débuté quelques semaines plus tôt, prenant la forme de chaînes humaines, de tractage et du blocus très réussi du jeudi 16, où professeurs et lycéens se sont massivement réunis devant le lycée, tenant le blocus jusqu’à 16h pendant que d’autres allaient à la manifestation. La rentrée s’était ainsi effectuée aux couleurs de la mobilisation avec le mot d’ordre “Pas de retrait, pas de rentrée”, s’inscrivant dans le mouvement de grève débuté le 5 décembre par la RATP et la SNCF.

Une revendication à laquelle s’ajoutait celle du refus de la destruction de l’éducation, de la réforme Blanquer et des E3C. A l’image du cortège de jeunesse très réussi du 16 janvier dernier et de l’intensification des blocages lycéens ces deux dernières semaines, une nouvelle dynamique semble être lancée dans les facs et les lycées, confirmée par la journée de vendredi.

Alors que les premières épreuves du nouveau bac sont censées se dérouler depuis une semaine, la réforme Blanquer qui les instaure est massivement contestée, que ce soit du côté des professeurs comme de celui des élèves. En effet, cette réforme, qui donne une place importante au contrôle continu dans l’obtention du baccalauréat, augmente les inégalités entre les lycées, l’examen perdant son caractère national.

De plus, le catalogue proposé aux élèves quant aux enseignements de spécialité est très peu homogène. Les élèves des lycées parisiens disposent d’une offre fournie et variée, quand les petits lycées ruraux ou de banlieue ne sont pas en capacité de proposer une telle proposition de formation. Enfin, la mise en place des E3C très mal gérée a plongé élèves et professeurs dans un flou complet, personne ne comprenant quelles seraient les attentes et les formes de ces nouvelles évaluations.

Prenant conscience des enjeux de la mobilisation en cours depuis le 5 décembre et comprenant que ce serait aux côtés des travailleurs qu’ils pourraient gagner sur leurs propres revendications, les lycéens ont exprimé leur solidarité avec la RATP et la SNCF. C’est en ce sens qu’est intervenu Samir, gréviste à la RATP et travailleur à la maintenance de la ligne 4 du métro, rappelant la nécessité de la généralisation de la grève, des liens interprofessionnels et insistant sur le rôle de la jeunesse et de l’auto-organisation.

Cette jonction plus urgente que jamais, à l’heure où la RATP et la SNCF passent le relais aux autres secteurs après plus de 50 jours de grève reconductible, a fait la démonstration à plusieurs reprises que l’alliance des travailleurs et de la jeunesse était en capacité de faire gagner des grèves et de faire plier des gouvernements, comme en mai 68.

Ce soulèvement de la jeunesse aux côtés des travailleurs ne fait pas peur qu’au gouvernement ; ainsi, l’UNI, syndicat de droite affilié au parti Les Républicains, était présente dès 7h du matin pour tenter d’empêcher le blocus. Au nom des valeurs républicaines et tout en chantant la Marseillaise, ses membres ont intimidé les lycéens en s’en prenant à eux de manière violente, multipliant les insultes homophobes et racistes. Une fois de plus, l’administration s’est placée du côté de ceux qui empêchent les mobilisations.

En 2017, lorsque l’Action Française, groupuscule royaliste d’extrême-droite, avait empêché dans la violence la tenue d’un blocus la semaine précédant le second tour des élections présidentielles, l’administration avait fait un communiqué plaçant dos à dos lycéens mobilisés et militants royalistes, condamnant les bloqueurs au nom de la liberté d’étudier. Plus grave encore, cette fois, un CPE de l’établissement a officiellement accordé son soutien à ceux qui défendent des valeurs réactionnaires, affirmant qu’ils “avaient raison”. Mais ni la droite, ni l’extrême-droite n’ont leur place dans nos lycées et nos facs, et les lycéens de Louis-le-Grand l’ont rappelé. C’est au chant de “l’UNI, ça dégage” que ces derniers ont repoussé la tentative de déblocage et ont obligé le syndicat de droite à quitter les lieux.

Contre ce gouvernement qui brise nos retraites et casse l’éducation et face à une extrême-droite qui n’a peur de rien, la riposte doit s’organiser et aller dans le sens d’une massification de la grève. Dans ce contexte, le rôle d’une jeunesse, dont le soulèvement a toujours fait peur aux différents gouvernements, pourrait faire pencher la balance.




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