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LGBTphobie

25 policiers pour intimider un bar LGBT : le harcèlement continue contre le Bonjour Madame

Le 28 mars, deux militant.e.s avaient été interpellées après une manifestation contre la réforme des retraites dans le bar queer parisien. Cette semaine, le lieu a été une nouvelle fois ciblé par la police qui a procédé à une nouvelle intimidation LGBTphobe au prétexte d'un contrôle URSSAF.

Matthias Lecourbe

26 mai 2023

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25 policiers pour intimider un bar LGBT : le harcèlement continue contre le Bonjour Madame

Crédits photo : capture d’écran Twitter @Morgann_Gicquel

Alors que la police avait déjà arrêté deux militant.e.s des Inverti.e.s le 28 mars dernier dans le bar parisien après avoir lancé une grenade de désencerclement et des gaz lacrymogènes sur sa terrasse, le Bonjour Madame, bar queer et féministe a été la cible d’une intimidation LGBTphobe. Dans la soirée du 24 mai, il a subi un contrôle URSSAF où les contrôleurs sont venus accompagnés de pas moins d’une vingtaine de policiers.

La scène a été filmée par les clients du bar, et diffusée sur les réseaux sociaux par la militante trans Morgann Gicquel. Contactée par Révolution Permanente, elle témoigne : « Ils sont vraiment entrés comme des cow-boys dans un saloon, tout le monde s’est retourné et a arrêté de parler. Ils ont fouillé le bar pendant vingt minutes mais ça a paru durer une heure, ils portaient des brassards ’douane’ comme si ils cherchaient des stups ! ».

Finalement, les contrôleurs trouvent un document sur lequel il manque un nom et le bar écope d’une fermeture administrative de deux semaines. Morgann poursuit : « La scène ne paraissait vraiment pas normale, je n’ai jamais entendu quelqu’un parler de contrôles URSSAF en plein milieu du service d’un bar avec vingt-cinq policiers. Je n’avais pas connaissance de la première descente du 28 mars, mais quand on m’en a parlé tout faisait sens : toute cette théâtralité ne pouvait être comprise que comme une intimidation, et je sais que ça a été très largement perçu comme cela » .

Les images de la descente postées par Morgann ont beaucoup fait réagir sur les réseaux sociaux, et beaucoup de personnes LGBTI y ont vu ressurgir un passé « pré-Stonewall » dans lequel les bars LGBT étaient les cibles de persécutions de la police. D’autant que cette offensive des forces de répression intervient dans un contexte où les attaques réactionnaires à l’encontre des personnes LGBT s’intensifient à l’international. Pour Morgann, « alors qu’on approche du mois des fiertés, cela évoque largement la répression qui pouvait exister avant Stonewall, et on voit la situation aux États-Unis et au Royaume-Uni, avec une accumulation de lois transphobes et homophobes qui visent ni plus ni moins que faire disparaître les personnes LGBTI de l’espace public ».

Des attaques qui renforcent l’impunité de l’extrême-droite, qui a multiplié des actions visant des structures et personnes LGBTI en France ces dernières semaines. A Rennes, des militants d’extrême-droite ont organisé un rassemblement contre un atelier de drag-queens, à Lyon, une exposition LGBT a été annulée à la suite de plusieurs actes de vandalisme et le centre LGBT de Tours a été attaqué avec un cocktail explosif.

Désormais, les attaques réactionnaires de la police ou de l’extrême-droite ne visent plus seulement les militant.e.s, mais aussi des lieux de sociabilité ou d’expression LGBTI, dans la continuité de ce qu’on peut observer aux États-Unis où les shows de drag-queen cristallisent la haine des réactionnaires. Des intimidations qui visent à effrayer les secteurs opprimés de la population pour leur faire baisser la tête, et qui cherchent du même à coup à opérer une division notre camp social.

Ces offensives ne s’arrêteront pas d’elles mêmes : il faut les dénoncer aussi largement que possible et faire front pour construire un mouvement qui porte l’ensemble des revendications sociales et démocratiques qui ont émergé dans la dernière séquence. À l’approche du mois des fiertés, alors que Macron et ses ministres entendent une nouvelle fois instrumentaliser nos luttes pour redorer leur blason, il est central de dénoncer ce gouvernement qui ne repose que sur les forces de répression et s’appuie sur les intimidations de l’extrême-droite pour imposer son projet anti-social, LGBTI-phobe et raciste.


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