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Politique

Moins nombreux, mais plus riches encore

26 milliardaires ont autant d’argent que la moitié de l’humanité

Alors que Macron reçoit ce jour même dans son château à Versailles 150 grands patrons : “Être riche pour gagner plus”, semblerait mieux traduire la pensée d’Emmanuel Macron.

lundi 21 janvier

Crédit image : Getty Images/Bloomberg/Patrick Fallon / Le PDG d’Amazon, Jeff Bezos

Le rapport d’Oxfam sur l’état des inégalités est tombé lundi. Sans surprise, les chiffres sont édifiants. Si en 2017, 43 personnes seulement possédaient autant d’argent que la moitié la plus pauvre de l’humanité, ils ne sont désormais plus que 26 en 2018. Dès lors, dire que “le fossé qui s’agrandit entre les riches et les pauvres pénalise la lutte contre la pauvreté, fait du tort à l’économie et alimente la colère dans le monde" semble presque une litote. Les Giilets Jaunes avaient vu juste, le « travailler plus pour gagner plus » était une phrase creuse, une de plus. La fortune des plus riches augmente au rythme de 2,5 milliards de dollars chaque jour. “Être riche pour gagner plus”, semblerait mieux traduire la pensée d’Emmanuel Macron.

Si les grands médias n’ont fait que rééditer à leur sauce un billet de l’AFP sur ce rapport accablant d’Oxfam, la plupart se sont bien gardés d’en faire une analyse plus poussée qui les risquerait à effleurer les raisons de cet écart entre riches et pauvres sans précédent depuis la crise de 2008. Tout comme leurs patrons, beaucoup préfèrent passer à côté du lien de causalité évident entre la fortune des uns et la misère des autres. Il n’y a que le journal “La Tribune” pour titrer un beau matin “Appauvrir les riches n’enrichit pas les pauvres.” Rousseau s’en est sans doutes retourné dans sa tombe, ce jour-là. Lui qui expliquait si bien que “s’il n’y avait point de luxe, il n’y aurait point de pauvres (…) L’argent qui circule entre les mains des riches et des artistes pour fournir à leurs superfluités est perdu pour la subsistance du laboureur.” 

Dans cette période politique où la question du rétablissement de l’ISF et des inégalités est reposée sur la table par les gilets jaunes, Macron devra de nouveau faire preuve d’une “pensée complexe” pour ne pas rendre contagieuse sa frayeur devant ces grands patrons qu’il réunit lundi dans le château de Versailles.




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