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RATP complice !

27 heures de GAV pour un gréviste RATP : la répression des piquets s’intensifie

Bernard, agent RATP ayant plus de 15 ans dans l'entreprise a été arrêté sur le piquet de grève de Pleyel avec une personne venue en soutien. Tous deux ont passé 27 heures en garde à vue sur la base de fausses accusations : une volonté claire de réprimer et d’intimider les grévistes et leurs soutiens.

mercredi 18 décembre 2019

Crédit photo : Capture d’écran attaque policière à Pleyel

Mardi 17 septembre au matin, plus d’une centaine de personnes s’étaient retrouvées sur le piquet de grève du dépôt de bus de Pleyel, dans une ambiance combative et festive, rythmée par la Fanfare Invisible présente sur place.

La police, décidée à augmenter le niveau de répression, n’a pas hésité à gazer les soutiens, et à tenter de les déloger à deux reprises de l’entrée du dépôt de bus, en lien avec la direction de l’entreprise qui leur a même permis de se déplacer à l’intérieur du dépôt pour contourner les manifestants. Ceux-ci ont résisté à ces assauts, contraignant les forces de l’ordre à se replier.

Excédées, celles-ci sont revenues avec des renforts et la ferme intention de faire payer aux manifestants leur détermination. À coups de matraque, les policiers ont cassé le nez d’un soutien et d’un gréviste, représentant syndical, et interpellé deux personnes, dont Bernard, militant syndical Solidaires au dépôt de bus.

Si la semaine dernière un gréviste avait été envoyé aux urgences et un professeur interpellé puis déféré au Tribunal de Bobigny, cette interpellation s’inscrit dans la volonté du gouvernement de briser les piquets de grève, qui sont une arme centrale des salariés dans le rapport de force engagé avec l’État. En effet, démanteler les piquets leur permettrait de faire rouler en toute tranquillité des briseurs de grève pour remplacer les grévistes. Ce que cherchent donc très clairement les autorités, c’est à intimider les travailleurs et leurs soutiens, ce à quoi ils ont répondu sans hésité par la poursuite des piquets, dès le lendemain matin des arrestations.

Dans ce cadre, les épisodes de répression se multiplient sur les piquets. La semaine dernière à Pavillons-sous-Bois, Ivry-sur-Seine, Malakoff, Flandres, les policiers sont intervenus utilisant la violence pour tenter de déloger les bloqueurs. A Aubervilliers, un enseignant a été arrêté et déféré au Tribunal de Bobigny où il sera jugé en janvier 2020 pour « entrave à la liberté du travail » et « violences contre personnes dépositaires de l’autorité publique ».

Dans le cas de Pleyel, Bernard, le syndicaliste arrêté, est accusé d’avoir porté un coup à un policier, ce que contestent toutes les images prises de la scène par les nombreux téléphones qui l’ont filmée. Il s’agit en réalité d’une attaque en bonne et due forme contre le droit de grève, visant un salarié parmi les plus combattifs du dépôt, présent chaque matin sur le piquet de grève pour mobiliser ses collègues. Nous l’avions interviewé il y a quelques jours :

Suite à sa GAV, Bernard sera cependant convoqué le 28 avril 2020 à la maison de la Justice en vue d’un rappel à la loi pour "violence sur personne dépositaire de l’autorité publique"...

Face à cette escalade répressive, toutes les organisations syndicales et politiques se revendiquant de gauche et du mouvement social doivent prendre très clairement position contre la répression du droit de grève et les attaques à l’encontre des salariés. Le gouvernement ne doit pas parvenir à banaliser ces méthodes. Les piquets de grève sont une arme essentielle du mouvement ouvrier, non seulement ils doivent se maintenir, mais aussi pouvoir se radicaliser et se coordonner entre eux, pour être en mesure de paralyser tout le trafic et d’assurer collectivement leur défense face au harcèlement policier.




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